Titres
- The Heart of Life 13:35
- Time to Fly 06:53
- I Won't Make It 03:55
- Walking in Daylight 08:55
- Deep Water Suite I: Introduction 03:02
- Deep Water Suite II: Launch Out, Pt. One 04:37
- Deep Water Suite III: Fires Of The Sunrise 04:04
- Deep Water Suite IV: Storm Surface 02:40
- Deep Water Suite V: Nightmare In Paradise 06:57
- Deep Water Suite VI: Launch Out, Pt. Two 01:50
- Deep Water Suite VII: New Revelation 05:14
- Deep Water Suite VIII: Launch Out, Pt. Three 01:48
- Deep Water Suite IX: The Door To Heaven 07:50
Le patron est de retour. Déjà. Oui, car on retrouve à la création de ce nouveau groupe, Cosmic Cathedral, Monsieur Neal Morse en personne. Petit récapitulatif des épisodes précédents, car on s’y perd un peu. Depuis la mise en pause de Transatlantic pour cause de retour de Mike Portnoy chez Dream Theater, le musicien, en bon stakhanoviste du Prog, n’a cessé d’enchaîner les disques : ‘Troika’ puis ‘Sophomore’ avec D’Virgilio, Morse & Jennings, l’opéra Rock en 2 parties ‘The Dreamer: Joseph, Part One’ et ‘The Restoration: Joseph, Part Two’ en solo, un petit projet Singer-Songwriter en passant – ‘Late Bloomer’, ou encore ‘No Hill for a Climber’ avec Neal Morse & The Resonance. Tout cela en à peine plus de 2 ans. Place aujourd’hui à Cosmic Cathedral, ou comment faire du neuf avec de l’ancien. En effet, autant The Resonance était le fruit de la réunion de jeunes musiciens en mode transmission par le professeur Morse, autant Cosmic Cathedral est une association de malfaiteurs que nous pouvons qualifier au minimum “d’expérimentés”. Le projet trouve sa source lors de la rencontre entre Neal Morse et Chester Thompson (batteur de légende ayant œuvré chez Frank Zappa, Weather Report, ou Genesis, entre autres) et l’idée d’explorer un Rock Progressif largement teinté de Jazz-Rock. Le groupe est complété par deux autres musiciens solides : Phil Keaggy (The Squires, Glass Harp, solo,…) à la guitare et Byron House (Robert Plant, Emmylou Harris, Dolly Parton,…) à la basse. ‘Deep Water’ est un joli pavé de 1h11 de démonstration de maîtrise musicale, mais est-ce suffisant?
Premier long développement du disque, “The Heart of Life” s’ouvre sur 4 minutes de pur Prog instrumental en mode “c’est qui les patrons?” Il n’y a rien à dire, ça joue. Ça joue même de manière décontractée et groovy malgré la complexité des compositions, c’est le principal point fort du groupe qui s’appuie sur la sagesse et la maîtrise de ses membres. Dès que les parties chantées arrivent (au cas où on aurait eu un doute) c’est du 100% Neal Morse. De grande qualité, mais si reconnaissable. Le titre enchaîne les breaks, les solos, les variations d’intensité dans la veine d’un Transatlantic par exemple.
Suivent 3 titres de “courte” durée avant de terminer sur le long Epic qui donne son titre au disque. Et on commence par “Time to Fly” au groove redoutablement contagieux marqué par la batterie bien ancrée de Chester Thompson et la basse en croches métronomiques de Byron House. Le morceau est malheureusement plombé par un refrain un peu trop Pouêt-Pouêt à mon goût avec sa section de cuivre si prévisible. Par chance, derrière on a droit à des solos de guitare, saxophone et une basse jazzy à souhait.

“I Won’t Make It” verse ensuite dans la ballade émotionnelle avec renforts de cordes. Même si celle-ci n’est pas d’une grande originalité, elle est tout de même très efficace.
Retour au groove Jazz-Rock avec “Walking in Daylight” dont le chant lead est assuré par Phil Keaggy qui produit en même temps de remarquables parties de guitares. C’est dans les passages jazzy ternaires que le groupe peut parfois faire songer à Steely Dan. Mais alors que le Dan envoie des paroles 2nd degré sarcastiques, ici on est dans le total 1er degré sur les thématiques des chansons. En effet, je n’y ai pas pensé immédiatement en voyant le nom du groupe (alors que c’est assez évident), mais celui-ci s’inscrit volontairement dans la catégorie “Christian Music”, à grand renforts de références religieuses. Ce n’est guère étonnant connaissant Neal Morse qui a à de maintes reprises abordé les sujets bibliques. Il semble donc que ses partenaire de Cosmic Cathedral lui aient bien volontiers emboîté le pas.
Le reste du disque est constitué de la longue suite en 9 parties “Deep Water” qui justifie à elle seule l’acquisition de l’album. Celle-ci est particulièrement bien construite avec ses rappels réguliers au motif “Launch out into the deep water” en faisant varier les tonalités, le mode (majeur ou mineur), les rythmes ou les voix. Sans donner plus de détails, sachez qu’on trouve dans cette suite tout ce qu’on peut attendre de ces musiciens d’exception.
Bien qu’essentiellement issue de “jams sessions”, l’intégralité de l’album ‘Deep Water’ est une œuvre de Jazz-Prog-Rock sacrément bien élaborée. Même si la richesse des compositions et des arrangements font que mon cerveau au processeur de faible capacité a parfois du mal à tout intégrer (même après de multiples écoutes), le résultat n’en demeure pas moins époustouflant.
Formation du groupe
Neal Morse : Claviers, Guitares, Voix - Phil Keaggy : Guitares, Voix - Byron House : Basse - Chester Thompson : Batterie, Percussions
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