Titres
- We Claim the Moon (6:35)
- The Elder (11:10)
- How Can You Leave Us Now!? (5:56)
- World Spinning (2:10)
- Burning Both Edges (7:50)
- The Rubble (4:23)
- Kaiser Razor (2:32)
- The Phoenix (3:40)
- The Promise (3:59)
- Love Is (6:06)
- Walls of Shame (7:00)
- Considerations (10:15)
Lors de la sortie du 16ème album de TFK, Look At You Now, j’avais constaté un retour aux sources de ce groupe phare du rock progressif symphonique, né en Suède il y a plus de trente ans. Disons-le tout de suite, Love va encore plus loin dans cette direction, et tout bien considéré, ça n’est pas pour me déplaire ! Le titre d’abord est évidemment à rapprocher d’un certain Flower Power, quant au contenu musical, il se tourne nettement vers « Back In The World Of Adventures » (1995). Par rapport aux grandes envolées instrumentales des doubles albums récents, notons ici la concision, un contenu musical privilégiant sensibilité et émotion, ce qui donne au bout du compte un album plein à ras bord de feel good music. Le choix très majoritaire de tonalités majeures affirme encore un peu plus le côté solaire et lumineux de la musique.
Ceci étant dit, voyons de plus près de quoi il retourne. Côté musicien, pas de grands changements si ce n’est l’arrivée aux claviers de Lalle Larsson. C’est clairement l’enthousiasme qui prévaut dans l’ouverture « We Claim The Moon » : un rock entrainant mené par une infatigable batterie et des vocaux entrainants. Vers la fin, un break jazzy vient rompre la linéarité du morceau. « The Elder » laisse place à un (long) moment plus calme et poétique, avec en fil rouge les notes délicates du piano de Lalle Larson. Voilà une magnifique pièce essentiellement contemplative, avec quelques éléments new age tirant du côté YES. Un des sommets de l’album sans l’ombre d’un doute. « How Can You Leave Us Now!? » ajoute une première touche mélancolique à un album plutôt solaire jusque là. Une ligne de basse calme et chantante sert d’assise à cette très belle chanson qui rappelle parfois Genesis. « World Spinning » est un court instrumental centré sur les claviers. Court mais fort bien écrit !
Beaucoup plus conséquent, « Burning Both Edge » remet en avant le chant inimitable d’Hasse Fröberg et la guitare de Roine Stolt toute aussi caractéristique. La musique est à nouveau solaire, mais le morceau demeure un peu en retrait sur le plan de l’originalité. On enchaine sur « The Rubble » dans un style blues rock, puis sur un triptyque de morceaux courts. Le premier, « Kaiser Razor », est un nouvel interlude instrumental plutôt entrainant et raisonnablement musclé. Je lui préfère nettement « The Phoenix » avec un beau duo guitare acoustique / voix. Le troisième, « The Promise », reprend les éléments sonores du précédent mais en version ballade folk.
Après ces moments musicaux plus brefs, « Love Is » revient à un développement plus ambitieux. Chanson dédiée à l’amour donc, avec en son milieu une ambiance de fête au village. « Walls Of Shame » débute sur quelques notes cristallines, le temps de lancer voix et guitare, et puis de prendre de l’ampleur. La guitare façon Gilmour et les passages de piano alternent avec la chanson à proprement parler tout au long de ce morceau à nouveau emblématique des Flower Kings. Pour terminer sur une note résolument symphonique, « Considerations » offre bien des similitudes avec Awaken, maniant avec bonheur moments lyriques et passages élégiaques, comme seuls YES et nos suédois savent si bien le faire !
Si l’on songe que trois des musiciens historiques du groupe sont toujours de la partie, à savoir Roine Stolt, Hasse Fröberg, et Michael Stolt, on ne sera pas étonné d’entendre dans Love (*), une fois de plus, les tournures musicales si caractéristiques et uniques des Flower Kings. D’autant plus que ce 17ème album se tourne très nettement vers la musique de leurs débuts. On y retrouve bien sûr la complexité du rock progressif symphonique, mais aussi cette spontanéité, fraicheur ou même naïveté (rien de péjoratif ici !) dans un étonnant mélange dont TFK a le secret. Je vais ici me considérer comme un romantique impénitent qui se délecte de cette musique en mode majeur !
(*) https://insideoutmusic.bandcamp.com/album/love-24-bit-hd-audio
Formation du groupe
Roine Stolt : chant, guitares électriques, acoustiques, 6 et 12 cordes, ukulélé - Hans Fröberg : chant - Lalle Larsson : piano à queue, piano Rhodes, Hammond B3, synthétiseurs - Michael Stolt : basse, moogbass, chant - Mirko DeMaio : batterie et percussions - Avec : Hasse Bruniusson : percussions - Jannica Lund : chant - Aliaksandr Yasinski : accordéon - Jacob Collier : "world choirs"
🌍 Visiter le site de The Flower Kings →

Merci pour cette appréciation sensible, cultivée, visiblement sincère, et dont je partage l’enthousiasme, je viens d’écouter cet album et suis du même avis, fan du travail de R.Stolt depuis le tout début, je pense n’avoir rien loupé de son œuvre au sein de TFK et de Transatlantic, toujours aussi rafraîchissant et tellement spécifique, pour moi il préserve l’esprit originel du prog de fort belle façon (en ce moment je me replonge dans YES avec bonheur) , bravo à Progcritique, Gilles, jeune homme de 65 ans qui baigne dans cette musique salvatrice pour l’âme et le cœur depuis plus de 40 ans
Ce disque, en soi, aurait pu s’en sortir vaillamment il y a plus de cinquante piges. Seulement, nous sommes en 2025 et ce n’est qu’une énième redite défraichie d’un style de musique devenu sans pertinence et qu’on a déjà réentendu moult fois depuis.