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Genre musical
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1 ‐ 10 sur 204 critiques
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Royal Time Machine

Par Royal Time Machine

3 sur 3

Attention, voici un groupe qui envoie du bois. Et pas de la petite bûchette! Découvert un peu par hasard, ce trio Grec composé de Yiannis Papadopoulos à la guitare, Michael Evdemon à la basse et George Kollias à la batterie, œuvre dans un style de musique instrumentale progressive qui penche largement du côté Jazz-Fusion avec une touche Métal. Le niveau technique des trois compères est très impressionnant, jouant souvent les thèmes à l’unisson guitare-basse supporté par une batterie qui n’est pas en reste. On trouve au hasard du disque : du Boogie endiablé (“Light The Fuse”), du Métal Prog à la Tool (“Looking for Circe”), des touches de Van Halen (“Ghost Inside”), de la Fusion groovy (“Robo Mode”), de la ballade veloutée sur son lit de basse fretless (“Sirens”), du groove funky gras à la Extreme (“Hunting Grounds”), du Classic Rock Hendrixien avec cet accord caractéristique de neuvième augmentée (“The Red Mirror”). Outre l’excellent niveau des trois musiciens (mention spéciale au jeu de basse jubilatoire de Michael Evdemon), les compositions tiennent bien la route et font de cet album de Royal Time Machine une œuvre tout à fait recommandable.

https://www.youtube.com/watch?v=ZXwLdnJAkro

Neige en décembre

Par Magnesis

3 sur 3

Une fois n’est pas coutume, vous n’entendrez pas ici la voix théâtrale d’Eric Tillerot. Cet album au titre « météorologique » est une longue suite instrumentale scindée en 2 parties. Le côté terroir que l’on retrouve dans une bonne partie de la production de Magnesis a ici un côté rassurant et un peu mélancolique. Les influences évidentes, parfois en forme de clin d’œil, vont de Mike Oldfield, Steve Hackett, Pendragon, Pink Floyd et d’autres encore, au folklore français, dans un mélange symphonique somptueux et sans cesse renouvelé. A une première partie assez bucolique et souvent rêveuse succède la deuxième partie, plus contrastée. Le passage en mode jazz-rock / funk vers la 7ème minute est superbe, d’autant plus que des accords floydiens viennent en rajouter. Et puis une petite surprise, l’apparition d’un court développement sur le thème un peu naïf de Vive le vent / Jingle Bells, qui nous la fait ambiance de Noël, avec de la neige donc. La fin, très poétique et apaisée, vient clore ce beau moment musical.

Neige en décembre (*), c’était courant dans ma jeunesse, plus aléatoire aujourd’hui. Cet album est là aussi pour nous rappeler cette évidente nécessité de garder les choses à la bonne place et au bon timing (et les vaches dont on entend les cloches dans l’album seront bien gardées !)

(*) A découvrir sur Youtube :

https://youtu.be/IXmgwYiQ0UA

The Distance

Par Universe Effects

3 sur 3

Musicalement d’un niveau technique très élevé, ‘The Distance’ est le nouvel EP du groupe québécois Universe Effects. Clairement inscrit dans une mouvance Métal Progressif, cet opus se permet quelques incursions dans un Rock Progressif plus “traditionnel”, ainsi que dans le Djent ou le Jazz-Fusion. J’ai été particulièrement sensible à quelques éléments remarquables du disque : L’approche symphonique (fruit du travail de Francis Grégoire) ainsi que l’effort mélodique du dernier titre (le plus long) “Release”; le travail de guitare de Gabriel Cyr tout au long de l’album, en particulier sur les soli; la thématique de l’eau et de l’océan qui imprime les textes et le chant (élément central du disque) de Gabriel Antoine Vallée; l’entrée en matière de la basse de Dominic Tapin-Brousseau sur le titre d’introduction “Layers”, et plus globalement tout le travail rythmique complexe et fluide à la fois porté par la batterie d’Alexandre Hudon. En termes d’influences on peut citer quelques grands noms comme Dream Theater, Haken ou Porcupine Tree, même si cela est un peu réducteur. L’écoute de l’EP nécessitera tout de même une pleine concentration, et sans doute plusieurs écoutes, pour en apprécier les nombreuses subtilités. Alors, si vous vous sentez dans les conditions requises, plongez!

https://www.youtube.com/watch?v=frkVikiqHW0

Le Passage

Par Thierry Zaboitzeff

3 sur 3

Thierry Zaboitzeff l’un des cofondateur et multi-instrumentiste du groupe Art Zoyd (free jazz, rock progressif et avant-garde électronique) nous propose avec son nouvel album ‘Le Passage’ un projet musical qui mélange des sonorités électroniques, acoustiques, classiques et bien d’autres pour créer des atmosphères originales et envoûtantes. Traitant d’un thème actuel (‘un monde en pleine tourmente. La folie humaine oblige la Terre à se défendre avec de violentes répliques, comme autant de signaux de détresse’), les cinq compositions de l’opus sont d’une nature plutôt froide, ambiante et offrent un voyage auditif unique, conviant l’auditeur à s’évader dans un univers captivant. Je vous invite à découvrir en priorité : « à la poursuite du zoyd » un titre plutôt glacial, où les interventions stridentes de la trompette de Jean Pierre Soarez nous plongent dans des territoires sombres et organiques. « La Forêt » le plus long (14’36″) est poignant, créant des paysages sonores et des textures musicales qui s’accordent parfaitement entre elles, il déroule son atmosphère dans des styles parfois dissonants où bruitages, musique classique et électronique se mêlent offrant une expérience immersive qui capture l’imagination. Plus accessible, « Poster Boy » offre un son dynamique, et nous fait profiter des lumineuses interventions teintées jazzy du sax de Jean Pierre Soarez. ‘Le Passage’ un album singulier et enrichissant qui s’avère être une illustration parfaite de l’univers musical de Thierry Zaboitzeff, et enfonce le clou de son particularisme.

Child of Bliss

Par Nick Johnston

3 sur 3

Vous commencez à me connaître, je fais une petite fixette sur les albums instrumentaux de guitaristes qui gravitent autour du Rock Progressif ou du Jazz-Fusion. Vous verrez, vous finirez par y prendre goût… Aujourd’hui au programme, pas d’œuvre destinée aux spécialistes du genre, emplie de démonstrations techniques ébouriffantes dépourvues de sensibilité, mais bien un disque parfaitement accessible et centré sur les aspects mélodiques. ‘Child of Bliss’ est le septième album solo du canadien Nick Johnston qui a déjà derrière lui un solide parcours jonché de participations à des albums d’autres artistes (Polyphia, Periphery, Intervals,…). Le disque s’inscrit dans la lignée des guitaristes à la fois techniques et populaires comme Joe Satriani ou Steve Vai, avec des composantes blues à la Jeff Beck ou Robert Cray et des touches de Shred plus contemporaines dignes de John Petrucci. Cet album est également marqué par l’utilisation de la guitare acoustique (“Child of Bliss”, “Voice on the Wind”) et des partitions orchestrales riches (“Momento Vivere”, “Little Thorn”, “Moonflower”). Album inspiré et dédié à son épouse, ‘Child of Bliss’ est un joli témoignage de la douceur et de la sensibilité de Nick Johnston et sa guitare.

https://www.youtube.com/watch?v=BNNIDwvT4xQ

Torches

Par The Dredge

3 sur 3

The Dredge de Bergen, en Norvège, fait ses débuts avec ‘Torches’ (sortie prévue le 5 avril 2024), un album rock post-apocalyptique avec un soupçon de rock progressif. Les Dredge sont : Kjetil Vikene (chant, guitares, claviers), Mats Andersen (basse) et Frode Røsjø (batterie). Le groupe s’est formé dans les années 90 et a finalement réussi à laisser un album s’échapper de leur vaste coffre de matériel original. Et il était temps !

On peut entendre dans ‘Torches’ l’influence de nombreux groupes, des noms comme Queens of The Stone Age, XTC, Mogwai côté new wave et post rock en font partie, mais nous y trouvons aussi quelques ingrédients rock progressif principalement animés par des ambiances proches de King Crimson, le chant de Kjetil Vikene (au timbre similaire à celui de Greg Lake) favorisant le rapprochement.

L’album démarre avec ‘Boredom’ où la guitare acoustique et le chant de Kjetil Vikene se mêlent dans une mélodie sombre et intimiste nous transportant vers un final explosif aux accents d’un rock progressif teinté de symphonisme à l’ancienne. Le ton est donné, et la majorité des autres morceaux s’avère tout aussi intéressante, le voyage se poursuivant avec l’énergique « Whales » et le funky « Brake » où l’on retrouve quelques similitudes musicales avec le groupe ELbow. The Dredge sait aussi calmer le jeu, le titre éponyme en deux parties « Torches » et « Torches  IIThe Future Is Burning », simple et direct, se développe avec un côté cinématographique et vous fera profiter d’un mix harmonieux de post rock et de rock progressif vintage.

Ce fusionnement de plusieurs styles tout au long de l’album fonctionne parfaitement, et bien que tout ne soit en aucun cas parfait, il est prometteur. The Dredge nous propose avec ‘Torches’ un album solide, qui vaut le coup !

UNINTENTIONAL

Par Randy McStine

3 sur 3

C’est après l’avoir vu œuvrer seul en scène en première partie du groupe The Pineapple Thief lors du concert du 05 Mars 2024 à Toulouse que j’ai décidé d’aller creuser la dernière publication en date de Randy McStine. Randy McStine est un nom bien connu de la sphère Prog, que ce soit via son groupe Lo-Fi Resistance, son travail en solo, sa collaboration avec le batteur Marco Minnemann pour le projet McStine & Minnemann, sa participation en tant que guitariste sur la tournée 2022/2023 de Porcupine Tree, et bien d’autres projets… Sur cet album non-intentionnel (‘UNINTENTIONAL’) on retrouve une série de titres composés pour une prestation live dans le cadre d’un festival axé Blues, mais qui n’était pas destinée à être gravée sur disque, du moins au départ. Désireux de conserver tout de même une trace après le festival, Randy est allé enregistrer les parties de guitare, basse et chant en studio et a envoyé le tout à… devinez qui? Marco Minnemann, son vieux complice pour qu’il y ajoute quelques coups de baguettes (magiques?). Le résultat est un retour extrêmement réjouissant à un Blues-Rock teinté 60s, 70s, influence majeure du musicien, sous la forme du traditionnel Power Trio. Trois titres instrumentaux qui racontent les aventures d’un certain “The Mink” (?), et trois titres chantés qui évoquent pêle-mêle Led Zeppelin, Cream, Vanilla Fudge, Jeff Beck, ZZ Top, The Meters,… Bien entendu, ça joue très très bien, ça groove, ça sonne, c’est idéal pour passer un apéro en mode “Chill” tout en dégustant la boisson de son choix.

Welcome To The Machine

Par Monkey3

3 sur 3

Direction le cosmos à bord du vaisseau Monkey3. Les musiciens helvétiques nous embarquent pour un périple 100% instrumental aux confins du Stoner, du Rock Psychédélique et du Prog : ‘Welcome To The Machine’. Dès le titre, on comprend qu’il est fort probable que les Monkey3 suivent quelques voies tracées en leur temps par Pink Floyd. Le groupe a également reconnu s’être inspiré d’œuvres cinématographiques de science-fiction du type “2001 : L’odyssée de l’espace”, “Matrix” ou “1984”, et plus globalement des relations Hommes-Machines pour élaborer ce disque. La mise en route s’opère via le premier titre “Ignition” sur lequel, après une longue introduction laissant le temps de prendre place à bord, déboule un tourbillon grandiose de guitares cosmiques évoluant sur un tapis de rythmiques vrombissant comme des moteurs d’engins spatiaux. La production est absolument spectaculaire tout au long de l’album, permettant d’apprécier notamment les sons “fuzzés” ou “wah-wah” des guitares, comme sur “Kali Yuga”. Les ambiances et les tempos varient d’un titre à l’autre ou à l’intérieur d’un même titre, mais le résultat reste toujours grandiose, comme sur “Rackman“ où un beat mécanique, quasi robotique semble évoquer la puissance des machines. C’est sur “Collapse” que le clin d’œil à l’équipe de David Gilmour est le plus marqué, le titre gagnant en intensité sur presque 13 minutes avant d’atteindre l’effondrement final. L’expérience s’achève après 5 titres et 46 minutes, laissant l’auditeur abasourdi mais certainement désireux d’y retourner.

https://www.youtube.com/watch?v=U8GOMDfAclc

A Surfacing Life

Par Intimate Plan

3 sur 3

Cinq musiciens qui se réunissent régulièrement au cœur de Stuttgart pour concrétiser leur vision personnelle de la musique forment Intimate Plan, mené par la compositeur et guitariste Philipp Schleicher. Attiré par sa pochette intrigante, je suis parti pour une exploration des sept titres de « A Surfacing Life ». Il démarre avec « Drifts », longue pièce de plus de 7 minutes, l’introduction est atmosphérique évoquant une sensation de mystère qui incite à poursuivre le cheminement des thèmes qui s’inscrivent dans un rock progressif classique mais, de bonne facture. Des ambiances créant des paysages sonores évocateurs qui transportent l’auditeur dans des trames mélodiques à la fois complexes et accessibles. Belle entrée en matière ! La confirmation de la qualité de l’album se poursuit à l’écoute des autres pistes, avec plus particulièrement des titres qui sortent du lot comme « Blinded » et « Roses and Vines ». Les mélodies sont accrocheuses et les arrangements sont soigneusement équilibrés, créant une harmonie parfaite entre les différents éléments musicaux. De nombreuses influences passant de IQ, Genesis à Marillion et des textures sonores riches créant un univers musical captivant parsèment « A Surfacing Life », faisant de cet album une véritable invitation à l’évasion qui ne manquera pas de captiver les amateurs de rock progressif. A découvrir sur bandcamp.

https://youtu.be/cGEC-CHUXas?si=r8y7Hkt8ax9rdKDJ

Fiction

Par Syncatto

3 sur 3

Vous me connaissez, j’ai une attirance pour la musique instrumentale, plutôt technique et faisant la part belle à la guitare. Il s’avère que cette niche musicale est particulièrement active. Aujourd’hui nous nous intéressons à l’artiste Syncatto (derrière lequel se cache le guitariste Charlie Robbins membre du groupe Artificial Language). Celui-ci s’inscrit dans la lignée des guitaristes techniques talentueux ayant adopté un son et des éléments rythmiques contemporains dans la lignée de Plini, Polyphia, Intervals, etc… Mais ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant sur cet album, outre la qualité des compositions et la virtuosité de l’interprète, est le mélange guitare électrique / guitare classique qui intervient à plusieurs reprises, à commencer par le premier titre “Fiction”. “Nightfall” nous offre un étourdissant épisode en palm-muting à 100 à l’heure qui rappelle Nuno Bettencourt et s’enchaîne sur une ambiance flamenco-acoustique qui renvoie vers le “Playing God” de Polyphia. A noter, plusieurs “featuring” sur le disque, avec notamment le groupe Arch Echo (“Prestige”) qui partage la même famille musicale que Syncatto, un inattendu solo de violon signé Coen Strouken sur un genre de Tango nommé “Black Velvet”, où l’inévitable Jordan Rudess qui vient poser quelques notes de claviers sur “Midnight Mass”. Des titres courts, des compositions de qualité, de la virtuosité en veux-tu en voilà, il serait dommage de se priver…

https://www.youtube.com/watch?v=JNu7AN2Dqac