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1 ‐ 10 sur 282 critiques
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Underwater

Par BankSwallow

3 sur 3

Je découvre ce groupe de Toronto, BankSwallow, au son de ce qui semble être son 4ème album studio. Underwater nous invite à nous promener sous la surface des eaux sinon des choses. Comment qualifier la musique un peu inhabituelle du quatuor canadien ? Une sorte de cross-over prog à forte composante psychédélique, et qui n’a peur d’étirer ses morceaux en longueur pour nous offrir nombre de passages instrumentaux façon musique répétitive un rien hypnotique. 1er temps fort dès l’entame avec l’énergique « In The Soup » dont le style me rappelle un Sweet Smoke égaré au 21ème siècle. Les deux parties de « Waterfall » prolongent cette ambiance mêlant jazz-rock et psychédélisme. « Atlantis Redoubt » et « Bankrupt Ocean » explorent quant à eux les tempi lents et instaurent une fausse monotonie, le premier dans un style très crimsonien et le deuxième dans une musique planante, mais sous l’eau ! Deux morceaux plus courts, « Underwater Pt. 1 » et « Bottom Dwellers », sont d’intéressantes curiosités instrumentales pour le moins originales sinon expérimentales. Pour conclure, « The Flood Pt. 2 » reprend largement l’ambiance électrique du premier morceau. D’Underwater on appréciera les sonorités inhabituelles, les superbes solos de guitare (le groupe dispose de 2 guitaristes), les claviers (en particulier le piano) et la rythmique très dense et souvent puissante.

World of Danger

Par PsychoYogi

3 sur 3

PsychoYogi livre un World of Danger qui s’inscrit parfaitement dans le monde d’aujourd’hui : instable, nerveux, foisonnant d’idées et volontairement dérangeant. PsychoYogi ne cherche jamais la facilité. Au contraire, il semble prendre un malin plaisir à bousculer l’auditeur, à l’entraîner dans un univers où le rock se frotte au jazz, au progressif et à une forme de théâtre musical baroque, mais profondément personnel.

Pour ce faire l’album impose son caractère dès les premières minutes du titre éponyme (les neuf autres compositions suivront) avec des climats musicaux évoluant comme des organismes vivants, changeant de rythme et de couleur sans prévenir. Guitares anguleuses, cuivres expressifs, lignes de basse mobiles et batterie joueuse se répondent dans un désordre savamment maîtrisé. Rien n’est figé ; chaque morceau semble pouvoir bifurquer à tout instant vers des structures éclatées et des ruptures rythmiques rappelant le rock progressif, le style Canterbury, tandis que certaines improvisations et harmonies flirtent avec le jazz-rock.

Chris Ramsing (Guitare, Chant), le maître d’œuvre du groupe nous offre dans ses compositions une densité qui peut désorienter la première fois, mais chaque nouvelle écoute de World of Danger révèle un détail caché, une intention dissimulée derrière une excentricité qui refuse un format standard. A découvrir !

https://open.spotify.com/intl-fr/album/53XOywCQM2hi4Ur4FhG2kq

The Illusion Of Choice

Par Retreat From Moscow

3 sur 3

Il avait fallu une quarantaine d’années pour que le groupe gallois décide de sortir en 2022 le très surprenant The World As We Knew It. Le temps a repris un cours plus habituel en ce qui concerne les sorties d’album puisque Dreams, Myths and Machines sortira l’année suivante. Et nous voici donc en cette fin 2025 avec un joli cadeau intitulé The Illusion Of Choice doté de sept morceaux. Le premier, qui donne son titre à l’album, démarre en trombe et dans une énergie communicative. Invité pour la circonstance, Les Penning au moyen de ses inimitables flûtes, nous offre un joli moment bucolique sur « Earth-Stepper ». « Bones Will Sing », une épopée de 11’, donne à entendre un duo harpe / voix très poétique, avant un développement plus musclé, puis un retour au calme avec la harpe et la voix céleste de Christina Booth. La Trym River, dans la région de Bristol, longue d’environ 7 km ( !), nous vaut un « Navigators Of The Trym » : un neo prog plutôt alerte et lumineux, après une intro sur fond de Mellotron. « Polina » s’intéresse à l’absurde tragédie ukrainienne. La musique se fait triste et résignée, et donne à entendre la voix de Jilian Slade. « Snowfall Road » revient à un discours plus concis sur un motif évoquant quelque danse populaire. Fidèle à son titre, « Black Mist » déploie une ballade lente et mélancolique, portée par une ligne de basse insistante et hypnotique. La coda gagne un peu en lumière, tout en se réservant une conclusion énigmatique. Entre neo-prog et prog symphonique, The Illusion Of Choice (*) se révèle un très bon choix !

(*) https://retreatfrommoscowband.bandcamp.com/album/the-illusion-of-choice-2

https://www.youtube.com/watch?v=E2-EZ2N-20c

Anagnorisis

Par Dwiki Dharmawan

3 sur 3

Dwiki Dharmawan, pianiste et compositeur indonésien, nous invite à vivre à travers Anagnorisis (mot venant du grec et signifiant littéralement « reconnaissance ») une épopée instrumentale ambitieuse et profondément lumineuse qui tisse un lien entre des traditions musicales aux origines variées et une filiation vers un jazz fusion fortement métissé où les sensibilités de l’Asie du Sud-Est rencontrent celles du Moyen-Orient et d’Europe. Aux côtés de Dwiki, on trouve des musiciens inspirés comme Gilad Atzmon (saxophone, clarinette) et un quintette d’instrumentistes grecs qui dynamisent chaque morceau par une complicité évidente.

Les dix titres de l’album nous transportent dans de vastes paysages où la diversité des instruments crée une palette de timbres riches et sans cesse surprenante, voire insolite. L’ouverture de l’album, « Gambang Ney » donne le ton, une pièce contemplative où les lignes mélodiques s’entrechoquent en douceur et se répondent dans une ambiance méditative, presque liturgique. D’autres pistes (« Jazz for Freeport », « Toledo Trane ») font une place à un zeste d’improvisation jazzistique, tandis que certaines (« Kereta Keren », « Timun Mas ») taquinent avec brio la musique traditionnelle indonésienne.

Anagnorisis offre une musique différente, difficilement comparable tant l’approche est singulière. En bref, une exploration sans frontières aux influences jazz, rock, folk et musiques du monde, si vous recherchez une réalisation musicale qui sort des sentiers battus, alors n’hésitez pas, cet album mérite vraiment le détour.

Tangram

Par Smalltape

3 sur 3

Référence directe au célèbre puzzle chinois composé de sept pièces, ‘Tangram’ le nouvel opus de smalltape évoque d’emblée ‘The Harmony Codex’ de Steven Wilson, tant par son concept que par son esthétique. Derrière ce projet ambitieux se cache le multi-instrumentiste et producteur allemand Philipp Nespital. Il nous livre ici sept titres (dont la suite « No Time » en trois mouvements) naviguant entre Rock Progressif, Jazz Fusion, Pop sophistiquée, Indus et Art Rock. Au-delà de l’influence évidente de Steven Wilson et Porcupine Tree, l’album distille des échos de Radiohead, Richard Wright, Genesis, The Flower Kings, Leprous, Jacob Collier, Snarky Puppy

Parmi les moments forts, on retient : la suite “No Time” en 3 parties de durées et de styles différents (claviers/voix jazzy, Lounge symphonique, Jazz Rock 70s); “Goodbye” marqué par une vibe sombre indus surprenante (à la manière d’Esthesis sur ‘Out of step’), un décalage rythmique déroutant, et une seconde partie en guitare acoustique (sans aucun doute le titre le plus ambitieux du disque); “Second Chance” relevé par le solo de guitare de Bruce Soord (The Pineapple Thief); le voyage acoustique quasi Canterburyen “Selene”; ou encore le titre de clôture de presque 10 minutes “Tesselate” qui vient synthétiser le tout avec brio. Seules quelques longueurs dans le développement d’idées un peu trop lisses à tendances lounge empêchent l’album d’atteindre la promesse initiale. Malgré cela, ‘Tangram’ est un disque brillant qui témoigne du talent de smalltape et inscrit le Prog dans une modernité de mélange de styles et de sons qui ne demande qu’à se développer.

https://www.youtube.com/watch?v=e-M52WM2GkM

https://open.spotify.com/intl-fr/album/3ifaJEsla6GQWLUYhEI3lQ

Desert Electric

Par Rubi Ate the Fig

3 sur 3

Le nouvel album ‘Desert Electric’ du projet musical américain Rubi Ate the Fig, illustre un voyage sonore inhabituel fusionnant le rock classique avec des touches progressives et quelques incursions dans la musique du Moyen-Orient, le tout orchestré par la chanteuse et compositrice Sharon Eliashar.

Les atmosphères, à la fois enthousiastes et profondes s’offrent à nous dans de nombreux titres, à l’image de : « Caress the Moon » qui nous immerge dans une ambiance saharienne. On s’imagine dans un paysage désertique, alternant dunes, vestiges du passé et couleurs chatoyantes qui ondoient sous une bienveillance lunaire. « The Tent » n’est pas en reste non plus, morceau long et progressif exposant un décor lent et hypnotique, parfois symphonique, le chant de Sharon Eliashar grave et aérien nous enveloppant dans ses volutes ouatées.

Le méditatif « In The Garden » s’enfonce musicalement davantage dans une atmosphère orientale, pour un voyage imaginatif et auditif dans les pays chauds où se produisent bien souvent des illusions à l’horizon.

Desert Electric’ se distingue par son originalité, la fusion entre rock occidental, prog et sons orientaux est une belle réussite. Rubi Ate the Fig devrait séduire les amateurs de rock audacieux qui aiment les incursions dans mix musical mêlant traditions et modernité.

https://youtu.be/Tiyyy_iiRW4

https://open.spotify.com/intl-fr/album/7kW2vVKqJ7CTCwq6c9Voqf

The Two-Edged Sword

Par Apogee

3 sur 3

Le dernier album ‘The Two-Edged Sword’ du groupe Apogee (projet de Arne Schäfer) nous propose six morceaux d’une durée allant de 7 à près de 14 minutes, articulés autour d’un rock progressif classique, mais revisité avec finesse. Schäfer assure la majorité des parties chantées et instrumentales, tandis que Eberhard Gräf est à la batterie et aux percussions.

Toujours dans des styles et sous l’influence de grands noms tels que Genesis, Yes, Jethro Tull, ELP ou encore Gentle Giant, l’album affiche d’emblée ses ambitions avec de longues compositions déroulant avec justesse une musique progressive entre renouveau et tradition, complexité et émotion. Les morceaux marquants : “In Silence” (13:06), une ouverture qui installe l’univers sonore d’Apogee alternant passages flamboyants et moments plus introspectifs parsemés de quelques interventions à la flute rappelant Jethro Tull. La piste titre “The Two-Edged Sword” (12:38) un mélange de rock symphonique atmosphérique méditatif et la clôture “Forsaken Paradise” (13:54) aux accents folk-rock.

Au final, un album de rock progressif captivant et exigeant, mais profondément gratifiant, loin de la facilité Apogee s’inscrit dans un style prog vintage tout en proposant sa propre vision.

https://youtu.be/o6FhiPtbUtI

Magic 8-Ball

Par Gazpacho

3 sur 3

Le groupe norvégien Gazpacho revient après plusieurs années de silence avec un nouvel opus, ‘ Magic 8-Ball ‘, sorti le 31 octobre 2025. Cette nouvelle œuvre explore des thèmes évoquant : le destin, le hasard, et la façon dont nos choix nous façonnent ou nous défont.

Musicalement, on retrouve ce qui fait l’ADN de Gazpacho : un rock progressif atmosphérique, une palette sonore cinématique, un chant lyrique et aérien. Mais ici, l’ensemble est resserré avec huit morceaux seulement (« Starling », « We Are Strangers », « Sky King », « Ceres », « Gingerbread Men », « 8-Ball », « Immerwahr », « Unrisen »), qui avoisinent les 46 minutes. Après plusieurs écoutes l’album atteint son but en prouvant que Gazpacho n’a pas perdu de sa magie. ‘ Magic 8-Ball ‘ regorge de compositions élégantes, à la fois intenses et mélodieuses, avec des des moments forts et récurrents qui restent gravés dans la mémoire longtemps après la fin de l’album.

Les amateurs d’un rock progressif introspectif, d’une myriade de paysages sonores chatoyants et d’un excellent travail d’écriture conceptuel, trouveront en « Magic 8-Ball » un album d’une grande richesse.

https://youtu.be/veN_OVvNm3s?si=m1HwWi6o4p8dXjpI

The Light For Days

Par Jacob Collier

3 sur 3

Envie de prolonger l’été ? ‘The Light For Days’ est une petite pépite, regroupement d’un ensemble de reprises et de compositions originales à la sauce Folk intimiste. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, Jacob Collier est un musicien britannique multi-instrumentiste, chanteur, compositeur, arrangeur, etc… doté d’un impressionnant talent musical. Touche à tout, il navigue entre les styles musicaux avec une aisance désarmante. Dernièrement, le musicien nous avait habitués aux arrangements orchestraux riches et complexes, conviant de nombreux invités, comme pour la série d’albums en 4 volumes intitulée ‘Djesse’.

Sur ‘The Light For Days’, changement de cap, Jacob Collier s’impose une contrainte forte : enregistrer en 4 jours seulement un album complet seul, accompagné d’une guitare acoustique 5 cordes à l’accordage en Ré. On trouve tout de même sur l’album des empilements de voix, plusieurs pistes de guitares ou d’autres instruments comme le piano sur le dernier titre “Something Heavy”. La liste des reprises à elle seule témoigne du bon goût du garçon : “You Can Close Your Eyes” de James Taylor, “Fairytale Lullaby” de John Martyn (musicien de Folk Rock britannique), “Norwegian Wood” des Beatles, “Keep An Eye On Summer” des Beach Boys (de l’album ‘Shut Down Volume 2’), “Icarus” du groupe de Folk contemporain féminin “The Staves”. Au milieu se glissent 6 compositions originales s’intégrant parfaitement à l’ensemble, les plus marquantes étant : “Heaven (Butterflies)”, “I Know (A Little)” et “Something Heavy”.

Prise de risque payante pour Jacob Collier qui semble être capable de tout, ‘The Light For Days’ est le témoignage d’une sensibilité musicale habillée du strict minimum. C’est parfois dans la simplicité que se niche la beauté.

https://www.youtube.com/watch?v=u4kQjJPAkJo

https://open.spotify.com/intl-fr/album/6QFCcGo5qotgcHmizXKTta

Where My Heart Lies

Par The Sunday Goose

3 sur 3

Ce ‘Where My Heart Lies’ a failli rester dans les oubliettes, cet album enregistré entre 2010 et 2014 par le groupe The Sunday Goose a été remisé au placard pendant plus de onze ans avant que la formation ne décide de sortir l’album en juillet de cette année. The Sunday Goose est composé de la chanteuse et bassiste Ly, de Hans Gerritse (guitare, claviers, chœurs), Marc Lamp (batterie, percussions, chœurs) et Bram van Risp (claviers, guitare, chœurs).  

L’écoute de ‘Where My Heart Lies’ m’a très agréablement surpris, et il aurait été vraiment regrettable que celui-ci reste dans les cartons. Les treize titres présents sur l’album nous plongent dans un rock progressif aux accents symphoniques sublimé par le chant cristallin de Ly. La première plage et piste titre de l’album, nous donne tout de suite un éclairage parfait de la musique que The Sunday Goose nous proposera tout du long des treize titres de celui-ci, ce sera un rock progressif sans concession à tendance vintage. Les compositions à retenir et qui valent à elles seules l’acquisition de ‘Where My Heart Lies’ sont nombreuses, mais j’ai particulièrement apprécié : la douceur veloutée de « Keep The Memories », le groove jazzy de « Out Of Focus », la guitare dans le style de Steve Hackett sur « Riverflow », l’ambiance symphonique détendue de « Two Hearts » et la pièce épique de plus de 10 minutes « Forever Young ».

Where My Heart Lies’ est un disque équilibré alternant morceaux élaborés se découvrant peu à peu, et titres plus accessibles. La qualité de cet album nous fait espérer qu’il ne restera pas lettre morte.