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All Hail Hypocrisy

Par The Cruel Intentions

3 sur 3

Certains groupes et albums nous rappellent qu’il n’y a rien de neuf sous le soleil et dans une boucle sans fin le bon vieux hard rock (tendance glam rock/metal) typé années 70 revient squatté nos platines. Ce retour plusieurs décades en arrière c’est avec ‘All Hail Hypocrisy’ du groupe norvégien The Cruel Intentions que nous le faisons. Avec ses onze titres il nous offre un véritable bain de jouvence un brin excentrique et pompeux, certes, mais c’est sa marque de fabrique.

All Hail Hypocrisy’ est une véritable machine à tubes (notamment le titre éponyme) avec des compositions qui auraient sans doute, dans une autre époque, bénéficiées d’un succès important, et se seraient parfaitement intégrées dans un album d’Angel (je pense à ‘Sinful’ de 1979).

https://youtu.be/cGO6mTKv6y4?si=sy4-qScElao3AEt7

Composé de Lizzy DeVine (chant, guitare), Kristian Solhaug (guitare), Mats Wernerson (basse) et Robin Nilsson (batterie), The Cruel Intentions nous assène un hard rock mélodique aux refrains qui accrochent, donnant à l’album une cohérence et une lisibilité redoutables. On sent un groupe qui ne cherche jamais à en faire trop, chaque morceau tourne autour de trois minutes, sans fioritures inutiles, et un mot d’ordre : l’efficacité plutôt que la virtuosité, et ça marche !

https://open.spotify.com/intl-fr/album/5lmqzIDAQwWRwWDfO8zs9O

SPLAT!

Par Deep Purple

3 sur 3

Ecouter un nouvel album de Deep Purple en 2026, c’est un peu comme aller en vacances chez les grand-parents : on sait ce qu’on va manger, on fait toujours les mêmes activités, on a droit aux mêmes histoires, mais on fait tout de même mine d’être surpris pour préserver ce lien affectif, en agissant comme si ces rendez vous réguliers allaient durer pour toujours, même si chacun sait que ce ne sera pas le cas. Deux ans à peine après =1, les plus actifs de nos retraités (ou les plus retraités de nos actifs, c’est selon), sont de retour avec SPLAT!. Le groupe a définitivement renoncé à se triturer les méninges pour trouver des titres d’albums, et affiche une excellente forme au travers d’un disque riche de 13 morceaux directs et efficaces, alignés avec l’héritage historique du groupe. Pour sa seconde participation, le guitariste Simon McBride (venu prendre le relais de Steve Morse) confirme sa parfaite intégration, via notamment une belle complémentarité avec les claviers de Don Airey.

https://www.youtube.com/watch?v=_G_OQYvuXzs

Deep Purple distille tout au long du disque ses ingrédients et son savoir-faire acquis au fil des années dans une ambiance qui respire la camaraderie sincère plutôt que l’obligation contractuelle. Du groove Heavy Jazz à la “Lazy” de “Diablo”, au pont Beatles-ien de “Splat!”, en passant par le ‘Classic Deep Purple Riff’ guitare et clavier de “The Lunatic”, la lourdeur Metal aux airs de cornemuse de “Sacred Land”, le Bluesy “The Beating of Wings”, ou le Proggy (si, si) “Guilt Trippin’”. A ce rythme, le groupe semble capable de continuer à faire vivre leur héritage pour des années encore, d’autant plus que les musiciens continuent de parcourir la planète de concerts en concerts. Auraient-ils découvert en secret une fontaine de jouvence ou une quelconque potion magique ? On préférera se rassurer en se disant que c’est simplement la passion de la musique qui les maintient en forme… en espérant en récupérer quelques gouttes au passage.

https://open.spotify.com/album/4vRdiUShnNZj9eBQ65sDny

The Wow! Signal

Par MUSE

3 sur 3

Soyons clair : je n’attends plus grand chose de Muse. Leur dernier album en date Will Of The People (2022) pouvant être qualifié au mieux de moyen, c’est sans conviction et par conscience professionnelle que j’ai lancé The Wow! Signal. C’est évidemment lorsque l’on n’attend rien que l’on risque le plus d’être favorablement surpris, et ce fut le cas avec cet opus. Car, si le trio britannique reste cette gigantesque machine programmée pour remplir les stades à coups de refrains fédérateurs, il glisse dans cette nouvelle livraison quelques éléments capables de faire vibrer la corde progressive. On y trouve par exemple du symphonique, comme sur le morceau d’ouverture “The Dark Forest” où le London Metropolitan Orchestra apporte une colorisation orientale rappelant le “Lawrence d’Arabie” de Maurice Jarre, avant que celui ci ne fusionne avec un Rock à la Queen, évoluant vers un son Metal épique et outrancier à grands renforts de chœurs orchestraux (Crouch End Festival Chorus).

https://www.youtube.com/watch?v=_sHHwz0duzY

On peut aussi noter la contribution d’un orgue et la prestation habitée de Matthew Bellamy sur “Shimmering Scars”, la guitare fuzzée sur une ambiance industrielle froide de “Cryogen”, l’intro et le final instrumental en tapping de l’électro “Hexagons”, le mariage réussi entre Pop, Dance et Metal lourd sur “The Sickness in You & I”, le Prog Metal “Unravelling”, ou le final sous forme de Space opera mélancolique de “Space Debris”.

Sur The Wow! Signal, Muse semble encore une fois tiraillé entre son statut de groupe pourvoyeur d’hymnes grand public et ambitions progressives. Cependant, ici la sauce prend bien, et le disque, servi par une production XXL, (sans aller jusqu’à s’exclamer “Wow!”) est une franche réussite.

https://open.spotify.com/intl-fr/album/6TObgE5QDLYzA3Exu5vGhS

electricity

Par If Not If

3 sur 3

Dernière production d’If Not If, nom d’artiste du multi-instrumentiste et producteur Graeme Ginsberg, ‘electricity‘ est un recueil de 10 titres qui explore des genres variés tels que le rock, le rock progressif, le rock classique, le jazz-rock fusion, le rock électronique et bien plus encore. On y retrouve une musique puisant ses influences dans des groupes tels que Pink Floyd, King Crimson, Jeff Beck, Frank Zappa, Steely Dan, Phish, Porcupine Tree, Brand X, Yes, Pat Metheny et Al Di Meola (Ouf !).

Graeme confirme sa maturité artistique sans frontière et l’on retrouve naturellement au fil de l’écoute des compositions imprégnées d’ambiances musicales qui varient radicalement d’un morceau à l’autre et parmi ceux-ci :

Inspiré de la musique Jazz-rock des années 70, « Tales of Power », qui ouvre l’album, hérite d’un climat à la ‘Black Market‘ de Weather Report. Avec « Once Upon A Time » nous plongeons dans des atmosphères à la floyd, les notes sont délicates et aériennes.

Cette vision pluri-genres qui parcourt le disque s’affirme avec éclat dans la suite « Performance Part 1Nostalgia / Part 2The Wisdom Of The Fool / Part 3Storm », animée par des échos post rock, de la musique ethnique et du jazz fusion. Inventif, Graeme Ginsberg explore avec brio la relation entre le son et l’espace-temps.

electricity est un disque qui s’apprécie dans son contraste, ce processus créatif et éclectique fait de cet album une réussite !

https://open.spotify.com/intl-fr/album/0JJ2h5vdYtvFMB68X9SkUn

From The Vault

Par Andrew Latimer

3 sur 3

Après un brillant retour avec ‘War Stories’ fin 2025, Andrew Latimer (guitariste et chanteur de Camel) poursuit la publication d’albums sur bandcamp. Le petit dernier ‘From The Vault’ est une suite de huit morceaux écrits par Latimer et ses anciens compagnons de Camel : Colin Bass et le claviériste Peter Jones, (Tiger Moth Tales).

De toute évidence, l’écoute de ‘From The Vault’ confirme que Latimer a retrouvé son meilleur niveau avec un excellent album assez proche des anciennes productions de Camel. La virtuosité des musiciens est, comme toujours, remarquable, la musique est magnifiquement composée et l’ensemble est d’une grande cohérence, la plupart des morceaux s’enchaînant parfaitement. Les ingrédients musicaux de ‘From The Vault’ ne sont peut-être pas nouveaux, mais ils font mouche et il est difficile d’en extraire une partie préférée plus qu’une autre.  

Isolation’ se distingue peut-être légèrement des autres titres, nous y retrouvons le chant feutré d’Andrew et sa fabuleuse guitare sur une mélodie absolument impeccable. Seul bémol, la durée de ‘From The Vault’, 35 :59 minutes, c’est court !

From The Vault’ n’est pas un album révolutionnaire, mais il mérite amplement le détour, surtout pour les amateurs de prog mélodique. Les fans de Camel, en particulier ceux qui attendent avec impatience un nouvel album studio du groupe, devraient l’apprécier.

Fantasia

Par Slift

3 sur 3

Les toulousains de Slift sont de retour pour un quatrième album studio, Fantasia, toujours sur le prestigieux label américain Sub Pop (excusez du peu…). Le trio, adepte d’un Space Rock / Psyché / Heavy Prog hyper puissant, adopte ici une approche et un son plus direct. En effet, après deux albums (Ummon en 2020 et Ilion en 2024) qui leur ont valu une reconnaissance mondiale prenant la forme de pavés Space Rock aux longs développements progressifs, le groupe semble revenir sur notre bonne vieille planète avec l’envie d’en découdre et des compositions plus resserrées, plus punks dans l’esprit. Connus pour leurs prestations lives énergiques, Slift donne l’impression de vouloir retranscrire cette énergie en disque en 8 titres et 50 minutes, tout en poursuivant leur exploration et leurs expérimentations sonores.

https://www.youtube.com/watch?v=SXMQCvqphKM

Ce qui frappe d’entrée sur Fantasia, c’est la voix de Jean Fossat, largement mise en avant et dont la rage criée, viscérale, transpire sur chaque titre, là où elle était précédemment noyée dans un océan de réverb. C’est aussi ce qui pourrait éloigner certains auditeurs, peu habitués à un caractère vocal si énervé. Chaque titre porte sa marque avec des spécificités qui se révèlent à chaque nouvelle écoute. A commencer par le premier, “Fantasia”, plus long développement du disque, faisant le pont avec les précédents albums, lourd et aérien à la fois à la rythmique peu conventionnelle et aux claviers luxuriants. “Corrupted Sky” propose un époustouflant solo Hendrixien sur une rythmique basse / batterie en feu, “The Village” s’ouvre sur une intro progressive sous la forme d’une longue montée en puissance, “Waiting Man” est une inattendue balade au caractère Floydien. Ce ne sont là que quelques exemples des surprises réservées par Fantasia que je recommande plus que chaudement (c’est de saison) aux amateurs de Stoner, Psyché, Prog énervé.

Travel Light – Twenty Years Of Starfish64

Par Starfish64

3 sur 3

Pour célébrer le vingtième anniversaire de STARFISH64, le compositeur, chanteur et musicien Dieter Hofmann nous propose une compilation de titres entièrement réenregistrés où simplement légèrement modifiés qui ont jalonné la production du groupe depuis son origine en 2006, mais aussi quelques nouveautés.

Travel LightTwenty Years Of Starfish64, c’est onze plages entre trois et neuf minutes d’un progressif au côté pop prononcé. Des morceaux très accessibles baignant dans une atmosphère mélancolique et nostalgique, d’où émerge parfois de brefs élans de dynamisme.

https://youtu.be/l_3z-P8tep4?si=o0uL7UT3ZqWrwICt

Parmi les morceaux phares, on retrouve en ouverture l’éponyme « Travel Light », un remix de 2023, dont la mélodie entraînante au clavier est particulièrement accrocheuse. « The Black Dot », (An Altered State Of Joy – 2016) est le plus long de l’album en approchant les neuf minutes, on y perçoit avec les interventions de la flute des échos de Camel, ainsi qu’une touche jazzy par l’apport discret de la trompette. Assez proche de Supertramp, « Yesterday’s Favourite smile » (The Future In Reverse – 2018) met en avant la densité émotionnelle du chant clair et mélodieux de Dieter Hofmann. Cerise sur le gâteau, il y a aussi le nouvel enregistrement de « Suite Borrowed Ground » (A Matter Of Gravity – 2011) explorant un éventail de styles plus large que d’habitude, il offre un jeu de guitare délicieux, de savoureux solos de clavier, des orchestrations aux ambiances célestes et un final floydien.

Dieter Hofmann nous offre un prog délicat et soyeux. Son chant, d’une douceur veloutée, guide l’auditeur à travers des paysages sonores colorés, mais paisibles. Travel LightTwenty Years Of Starfish64 forme une belle introduction à l’univers de STARFISH64.

https://open.spotify.com/intl-fr/album/6tF9IER0hZ5VcYcYKquUlY

Down The Beach

Par The Dredge

3 sur 3

The Dredge a fait ses débuts avec un premier album ‘Torches’ (2024), qui s’est rapidement fait remarquer grâce à son originalité. Jouant sur plusieurs registres musicaux leur petit dernier, ‘Down The Beach’ et ses huit nouvelles compositions, continue d’élargir leur mosaïque d’influences. Le groupe puise son inspiration dans un large éventail de genres, on y trouve des touches de Drum and Bass et de Jazz Lounge un peu de Art Rock, mais aussi quelques pincées de Rock Progressif.

Un patchwork qui nous transporte dans des univers variés, où la qualité des mélodies est primordiale. Sans jamais tomber dans une complexité excessive, ‘Down The Beach’ glisse avec fluidité entre les passages rythmés, ceux acoustiques et des climax presque cinématographiques, c’est là son vrai tour de force : il est à la fois paisible et urgent.

https://youtu.be/gcjjNed8hWg?si=sYF48NOMMYk2-bQs

Down The Beach’ est propulsé par deux titres phares, « Nature » aux superbes interventions jazzy du sax de Kjetil Møster et « Event » qui n’est pas sans rappeler agréablement l’Unitopia de Mark Trueack, mais le reste est tout aussi abouti. Une nouvelle réussite pour The Dredge !

Interprètes :

Kjetil Vikene : Chant, Guitare, Basse, Claviers, divers –

Frode Røsjø : Batterie, Chœurs, divers –

Invité : Kjetil Møster : Saxophone.

https://open.spotify.com/album/35Pq0eHOF7bsKeowyhkala

The Lords Of Wisdom 1: Reconquista, Pt. 1

Par Last Knight

3 sur 3

Toujours réalisé par le producteur et compositeur espagnol José Manuel Medina, le dernier opus de Last Knight réunit comme à son habitude un panel important de musiciens talentueux et notamment : Marc Atkinson (chant), Mariano Gardella (chant), Deibys Artigas (chant) et Rafael Pacha (guitares ect..).

Last Knight signe avec ‘The Lords Of Wisdom 1 — Reconquista, Pt. 1’ un album-concept puissant (premier chapitre de la trilogie) où metal symphonique et rock progressif se rencontrent, dans des arrangements orchestraux soignés et refrains hymniques, pour une dresser une fresque musicale aux accents médiévaux.

https://youtu.be/xqCw5sCjyqU?si=Al-fT30g5hkUgO4-

Les temps forts : « In The Middle Ages », dans la lignée des meilleurs Alan Parsons, attire immédiatement l’attention. Avec une mélodie accrocheuse, il condense à lui seul la tension dramatique du disque. Une ballade mélancolique pleine de sensibilité « A Green Field of Memories » et dans le final de l’album un épique de plus de seize minutes « The Kingdom Of Galicia ».

Avec des compositions ambitieuses qui ne cessent de surprendre, Last Knight livre un ‘The Lords Of Wisdom 1 — Reconquista, Pt. 1’ très agréable. J’attends avec impatience la partie 2 de cette trilogie.


THE LORDS OF WISDOM 1 – RECONQUISTA I de Last Knight

https://open.spotify.com/intl-fr/album/60cnolA9XeJbwU8axHeZYL

Crossroads

Par Lone Cairn

3 sur 3

Découvert en 2024 avec l’album Music Of The Spheres, le groupe Lone Cairn est de retour avec ce nouvel EP, Crossroads. Le duo composé de Leonardo (chant/paroles) et Guillaume (guitare/composition) avait suscité un véritable coup de cœur avec Music Of The Spheres : album instrumental progressif inspiré par une œuvre de science fiction, il faisait la démonstration d’une étonnante maturité. Ici, Crossroads renoue avec ce qui semble être plus proche de l’ADN du groupe, à savoir un Hard Rock / Classic Rock chanté, un poil vintage (années 70 et 80), relevé de-ci de-là de touches progressives. Ainsi, le titre “Crossroads” ravive les arpèges de guitare avec juste ce qu’il faut d’effet chorus, et les riffs directs et efficaces d’un Hard Rock classieux. La voix de Leonardo s’impose d’emblée : elle sied parfaitement au genre, capable de moduler avec nuance tout en envoyant la puissance quand nécessaire.

Le riff de “The Secret Song” est plus funkysant, un peu à la manière d’Extreme. “The Search” est une ballade classique mais très réussie, comme seules les formations de Hair Metal savaient en pondre jadis. Le Metal se teinte de progressif sur “Rise of Gods” qui peut faire songer à des groupes pionniers du genre comme Queensrÿche. L’EP poursuit son exploration progressive sur le dernier titre instrumental “The Gift of Desperation” venant rappeler avec bonheur Music Of The Spheres. Même si – vous l’aurez compris – ma préférence personnelle va logiquement à la facette la plus progressive de Lone Cairn, force est de constater que Crossroads est une franche réussite. Porté par un travail de guitare d’une grande finesse et des lignes de chant remarquables, cet EP confirme tout le bien que l’on pensait de ce talentueux duo grenoblois.

https://www.youtube.com/watch?v=yaUXklYY1Ns