Brave

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(5 sur 5) / EMI
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Rock Progressif

Le 7 Février 1994 paraissait chez EMI, l’album ‘’Brave’’.

Deux ans après l’album de transition ‘’Seasons End’’ dont la période d’enregistrement avait chevauché celle de la venue du nouveau chanteur Steve Hogarth, ‘’Holidays In Eden’’, au grand dam des fans de la première heure, sembla tirer un trait définitif sur les premières ambitions de l’ère Fish au profit d’aspirations commerciales clairement affichées sur ce sixième opus par Marillion et plus encore leur maison de disques. Trois ans plus tard, néanmoins, le double album suivant allait à point nommé, et de fort belle manière, remettre les pendules à l’heure. Enregistré en France entre Novembre 1992 et Août 1993 dans un cadre enchanteur du Périgord, au château de Marouatte où le groupe avait installé son studio mobile, puis aux Parr Street Studios de Liverpool, ‘’Brave’’ marquait le retour de Marillion vers un registre néo-progressif, et pour la troisième fois (après les excellents ‘’Misplaced Childhood’’ et ‘’Clutching At Straws’’), vers le choix d’un album concept. Basé ici sur un fait divers découvert par Steve Hogarth dans une émission de GWR radio relatant la découverte par la Police d’une adolescente amnésique errant sur un pont autoroutier surplombant le fleuve Severn entre l’Angleterre et le Pays de Galles, il inspira le chanteur & parolier pour une narration mêlant réalité et conjectures.

Onze plages de 3 à 12 minutes formaient ce généreux répertoire de 71 minutes, à la fois cohésif et relativement compact. Dès les premières textures du court et introductif ‘’Bridge’, majoritairement instrumental, la noirceur et la mélancolie déjà récurrentes dans la discographie du groupe prenaient une dimension particulière dans cette histoire (abus sexuels par un ascendant, drogue, …) qu’allait d’ailleurs mettre en forme au cours de cette même année, le réalisateur Richard Stanley dans son film musical. Nous retrouvions sur ‘’Living With The BIg Lie’’ et ‘’Alone Again Into The Lap Of Luxury’’, une pop accrocheuse mettant en exergue le chant de Steve Hogarth, de la même manière que les trois somptueuses ballades ‘’Run Away’’ enluminée de surcroît, par un magnifique solo de Steve Rothery, le dernier morceau ‘’Made Again’’ où ce dernier passait à la guitare acoustique, et surtout ‘’The Hollow Man’’ et ses onctueuses textures de piano et mellotron (Mark Kelly/Steve Hogarth).

Si le rock FM de ‘’Hard As Love’’ et ‘’Paper Lies’’ pouvait sensiblement se décaler de l’esprit d’ensemble de ‘’Brave’’, la recommandation mentionnée sur la pochette de ‘’monter le volume et d’éteindre les lumières’’ trouvait particulièrement son explication et son sens au fil des cinq parties de la quatrième plage ‘’Goodbye To All That’’, première pièce majeure de l’album, autour de ces climats atmosphériques montant en crescendo dans une forme de réminiscence aux premiers chefs d’œuvre de la période Fish. Comme pour le premier disque, le meilleur du second était sans doute encore à chercher dans sa dernière partie avec le morceau titre, autre pic d’émotion de l’album, auquel la cornemuse irlandaise (Uilleann Pipes) de Tony Halligan ajoutait une touche celtique, sans oublier les deux parties de ‘’The Great Escape’’ sur des textes particulièrement signifiants. Notons enfin que certaines séquences étaient accompagnées d’une orchestration dont les arrangements étaient signés par le violoniste de Curved Air, Darryl Way.

A l’approche des 20 ans de l’album, le groupe enregistra ‘’Brave Live’’ le 9 Mars 2013 aux Pays Bas (éditions en double CD, double DVD ou Blu-Ray). Après avoir été déjà remasterisé et étendu une première fois en 1998, ‘Brave’’ fut, un an après ‘’Misplaced Childhood’’, le second album studio de Marillion bénéficiant en 2018, du remixage de Steven Wilson en Stereo 96/24 et DTS Master Audio 5.1. Cette réédition en double CD + Blu-Ray (Parlophone/UK & Europe) incluait de nombreux bonus dont 27 plages Live (à La Cigale/Paris 1994), un documentaire et trois films promotionnels.

Formation du groupe

Steve Hogarth : chant, claviers, percussions - Steve Rothery : guitares - Mark Kelly : claviers, chœurs - Pete Trewavas : basses, chœurs - Ian Mosley : batterie & percussions

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