Titres
- Pseudo Silk Kimono
- Kayleigh
- Lavender
- Bitter Suite
- Heart Of Lothian
- Waterhole (Expresso Bongo)
- Lords Of The Backstage
- Blind Curve
- Childhood End?
- White Feather
Avant de démarrer ma chronique, je tiens à rappeler une chose : la drogue, c’est mauvais. Dis-leur merde aux dealers. Je dis ça , parce que quand on sait que l’idée de ce disque est venue à Fish lors d’un bad trip de 10 heures, devant un cadre chez Steve Rothery, on pourrait se dire que les substances hallucinogènes peuvent avoir des effets positifs. Sauf que tout le monde n’est pas Derek Dick pour transformer un voyage sous acide en un chef d’œuvre.
Ce troisième opus va être assez différent des précédents disques, à plus d’un titre.
Tout d’abord, c’est le premier concept-album de Marillion, les titres formant un tout cohérent, traitant le thème unique de l’enfance perdue sous multiples facettes.
Ensuite, s’il contient bien différentes ambiances, il est clairement moins sombre que Script et Fugazi. Et ce qu’il perd en rage, il le gagne en spleen et en nostalgie.
Si Pseudo Silk Kimono entame l’album sur une atmosphère dérangeante à souhait, le deuxième titre, lui, joue beaucoup plus sur le registre de l’émotion : il s’agit de Kayleigh. Fish y raconte l’histoire de sa séparation avec sa petite amie de l’équipe (Kay Lee), de manière particulièrement poignante. Le groupe ne s’y trompera pas en utilisant ce morceau comme single, puisqu’il se classera 2e dans les charts et reste encore aujourd’hui le « tube » le plus connu du groupe. Mais Lavender, sorti aussi en 45t, aurait mérité de suivre le même chemin, puisque dans le même registre et avec une mélodie et un refrain tout aussi magnifiques.
Le groupe , avec Bitter Suite, propose une pièce plus longue à l’atmosphère bien différente : la batterie majestueuse, alliée aux synthés à la guitare de Steve, donne un aspect particulièrement angoissant au morceau, renforcé par le passage où Fish parle plus qu’il ne chante, en arrière-plan. Un morceau qui explose au milieu, avec un riff de guitare fabuleux , et se termine sur un passage au synthés et au piano particulièrement émouvant.
Sur Heart of Lothian, dans un registre plus rock et beaucoup plus positif, Fish évoque sa région natale, le Lothian, et sa fierté d’être écossais . Un titre pêchu, enjoué, au refrain imparable, que le groupe a évidemment choisi pour faire office de 3e 45t.
Waterhole (Expresso Bongo), démarre la 2e face d’une tout autre manière : le riff de guitare inquiétant du début laisse rapidement place à une batterie explosive, et le titre défile à 100 à l’heure, porté par la voix agressive de Fish.
A côté, la ritournelle sympathique de Lords of the Backstage peut sembler gentillette, mais reste un chouette titre. Arrive ensuite Blind Curve, la 2e longue pièce de l’album, qui se révèle aussi grandiose que la précédente. La partie Passing strangers est d’une beauté déconcertante ; la voix de Fish dégage une émotion unique, et le solo de Steve Rothery est à tomber. Il est d’ailleurs, je trouve, celui qui se révèle le plus dans cet album. Son style s’affirme, tendant de plus en plus vers des ambiances moins torturées, plus aériennes à la David Gilmour, ce qui fera partie intégrante du son du groupe jusqu’à aujourd’hui. Il le prouve également sur le final renversant de ce morceau.
Les deux derniers titres, Childhood’s End et White Feather eux aussi très bons, achèvent l’album sur une note plus positive. Après 41 minutes d’un tel bonheur, on n’a qu’une seule envie : ré-appuyer sur start ou replacer le diamant sur le sillon. Cet album, qui restera le plus gros succès commercial du groupe, reste mon album préféré de l’ère Fish et se classe facilement dans mon top 3 des meilleurs albums du groupe.
Formation du groupe
Fish : chant - Mark Kelly : claviers - Ian Mosley : batterie - Steve Rothery : guitare - Pete Trewavas : basse
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