Shemer Dreamer

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(4 sur 5) / Kirshner
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Lors d’une de nos chroniques rétro traitant de Kerry Livgren et son premier album solo «Seeds of change», j’avais évoqué par la même occasion le premier album solo de Steve Walsh, qui était à l’époque la deuxième tête de pont de Kansas.

Et bien les amis, je vous lance en pâture le premier album solo de Steve, «Shemer Dreamer». Un album qui réunit la quasi-totalité des musiciens de Kansas, hormis Dave Hope (basse) et Robby Steinhardt (violon, chant), mais nous trouvons aussi une foultitude de musiciens venant prêter main forte au «front man» de Kansas. Attention l’album n’est pas un prolongement de Kansas mais bel et bien une œuvre solo où l’artiste et sa jeunesse fougueuse (29 ans à l’époque), écorché vif part en goguette vers un rock blues assez traditionnel laissant une place assez limité au rock progressif.

L’écoute de la première piste de l’album «Schemer Dreamer/That’s All Right» plante le décor du rock qui sera délivré, et sur ce titre l’artiste nous propose des petites touches de blues, de gospel et une pincée de rockabilly année 50. Il y a dans le final un petit clin d’œil à Elvis…Vient ensuite « Get too Far » qui là franchement sonne comme les bons rocks sudistes, tel du « Lynyrd skynyrd » et autre « 38 special » accentué par les jeux de guitare et le son de l’orgue. Avec une petite fantaisie brève, d’une flûte, qui nous égrène quelques notes au milieu du morceau sur un pont.

Après ces deux titres bien tendus sur la ficelle, Steve Walsh nous embarque sur un morceau plus calme. « So many Nights », joli travail des chœurs sur le refrain pour un « Christian Rock » naïf, abstrait, mais vachement touchant.

Viens ensuite «You Think You Got It Made», enfin un titre qui sonne Kansas. Anecdote oblige, ce titre devait figurer à l’origine sur l’album de Kansas «Audio Vision», mais les aléas de la production et divers autres détails dans la vie du groupe ont fait bifurquer cette composition sur l’album solo de Steve. En tout cas, pour avoir écouté les diverses raretés qui traîne de-ci de-là, j’ai eu l’occasion d’écouter une démo / rareté de Kansas et franchement l’arrangement est très proche de cette version studio.

« Every Step of the Way » sur fond d’un rock bien balancé, nous entraîne dans une petite autobiographie narrant sa vie sur les routes US, de concerts en concerts. Des claviers qui sentent bon le Kansas (et pour cause) et de très bons passages guitares qui déboulent fort à propos, et que dire du saxophone qui nous apporte la touche blues. Au final, c’est vraiment une superbe composition qui fait mouche dans son apparente simplicité.

Après tous ces titres jouant du bon gros rock bien rythmé, nous poursuivons sur «Just How It Feels». Sincèrement nous sommes sur l’une des plus belles chansons qu’il ait jamais écrite ! De prime abord, je pensais, à une certaine époque, que cette chanson était un anachronisme sur cet album, tellement la poésie sentimentale est à fleur de peau. Malgré son jeune âge, le bougre démontre une expérience de la vie et se montre contemplatif. Musicalement cette ballade est un sucre d’orge où dans cette pièce, nous avons pour seul meuble, un piano, un violon, et une voix. Le petit solo de violon vous emporte sur son archet avec émotion et se montre d’un calme olympien, jouant pizzicato, pour nous ramener à bon port de nos émotions.

Pour la dernière chanson «Wait Until Tomorrow», on peut se dire, sans trop se tromper, que c’est véritablement la seule piste progressive sur Schemer Dreamer. Cette composition pourrait facilement tenir sur un album de Kansas, malgré ses paroles sombres, ces guitares tueuses et une bonne nuance vocale, mais tout se termine trop tôt, dans une fin qui donne l’impression qu’il y a eu une coupe franche pour ne pas dépasser une certaine longueur!

Pour terminer le tour d’horizon de ce premier tir de Steve Walsh, je voudrais évoquer le manque de goût de la pochette qui s’inscrit dans le plus pur style des années 80. Voir des dessins de Steve en tenue de combat sur scène (en short), ou faire son demi poirier sur le clavier on pouvait s’attendre à mieux. Reste la montagne, propre à la région, bref ce n’est pas une pochette de dingue. Ensuite l’enregistrement : Ce dernier est tout juste passable on sent beaucoup de sons « étouffés ». Là on tient un album qui, si il devait passer dans un « remastering » sonnerait comme une bête.

En conclusion, l’homme était jeune, c’est son premier album solo avec tout ce que cela véhicule de bon et de moins bon. Penchez vous donc sur la suite de sa carrière, et surtout ses albums solo, pour vous rendre compte du potentiel naissant qui se trouvait sur cette galette

Formation du groupe

Steve Walsh / chant, clavier, batterie - David Bryson, Steve Morse, Kerry Livgren, Rich William / guitare - Duane Buckler, Turner Gaugh, Merle Mc Lain / basse - Phil Ehart, Tim Gehrt / Batterie - Skip Lane / saxophone - Jeff Lux / flute, guitare, Chœur - Allen Sloan / violon - Cecil Welch / trumpette

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