The Absence Of Presence

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(3.8 sur 5) / InsideOut Music
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Rock Progressif

Si on vous parle de « Kansas »,  en quelques chiffres, c’est juste 30 Millions d’albums vendus dans le monde, 50 ans de carrière et le dernier album « The Prelude Implicit », publié en 2016, s’est hissé à la 14ème place du Billboard 200, lors de sa première semaine de parution. Sans trop forcer notre talent de devin confirmé, nous pouvons dire que nous sommes face à un Géant du progressif américain.

D’autre part, je me suis auto proclamé depuis fort longtemps ceinture noire 8eme DAN de Kansas et fort de ces éléments, je me dois d’être à la hauteur d’un groupe mythique qui nous présente leur tout dernier rejeton « The Absence Of Presence », qui démarre sur le titre éponyme. Les premières secondes sont cruciales et je suis très vite rassuré, le SON Kansas est bien présent, sans ambiguïté et sans équivoque. Avec 8 minutes au compteur, un titre d’une force majestueuse.

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On enchaîne sur «Throwing Mountains» autre thème, autre style, plus rock agressif, maniant les ponts (bridge pour les puristes) syncopés pour déboucher sur du solo bien crémeux et la voix de Ronnie qui adoucit les angles bruts d’une composition bien aboutie. « Jets Overhead » une intro violon de Ragsdale digne de Steinhardt, l’accent prononcé du style Kansas toujours bien présent et le duo avec Ronnie Platt fait merveille.

«Propulsion 1», un instrumental palpitant et percutant, avec un Phil Ehart au sommet de son art, jouant des divers Toms et de la double pédale comme un ado en rut. C’est jubilatoire. Remettons nous de nos émotions et penchons nous sur « Memories Down the Line », une intro clavier du petit nouveau Tom Brislin qui épaule Ronnie, c’est le titre qui vous porte, c’est soyeux et d’une exquise finesse. Un petit bijou digne des grands tubes de Kansas. Même s’il reste seulement deux membres d’origine en la personne de Rich Williams et Phil Ehart, la magie et les nuances sont toujours là. Pourtant à l’écoute de «Circus of Illusion» nous nous retrouvons en présence d’un style cocotte guitare proche de Marillion assez surprenant. Cependant, la ligne des guitares Williams / Rizvi est rythmée par les banderilles d’un Ehart dans un contretemps habilement accompagné de Brislin, Ragsdale et Greer. L’énergie continue avec « Animals on the Roof », une bascule rythmée dans le temps que l’on pouvait retrouver dans un « Leftoverture », la maîtrise du clavier de Brislin est parfaite et nous aide à plonger avec délectation dans cet époque. Ehart et Greer fournissent les ponctuations brillantes et le sieur Ragsdale apporte la musicalité par ses touches subtiles de violon, pour une compo énergique.

Retrouvons notre calme avec « Never», une séduisante ballade piano et voix, au léger parfum country à la mode Kansas. La qualité du refrain et le jeu magnifique de Tom se traduit ici par une musicalité irréprochable. Le deuxième verset, chanté avec une mélancolie à couper le souffle, dit tout: « Chaque instant perdu ne reviendra jamais ». Quelles que soient les circonstances, chers lecteurs, vous êtes prévenus.

Le dernier titre «The Song The River Sang», composé par Tom Brislin, propose par la même occasion sa première performance vocale principale avec Kansas. On s’éloigne pas mal de la couleur musicale du groupe et on peut même vous indiquer que ça lorgne vers du ToTo avec un final angoissant digne d’un Crimson. Un titre super entraînant et bien ficelé, mais franchement, c’est pas du Kansas. C’est du moins ce que penseront les puristes.  

Dans la conclusion, il me semble important  de relever quelques petits détails sur The Absence of Presence. En effet, ce dernier a été écrit et enregistré bien avant la Pandémie mondiale déclarée en mars 2020, et pourtant, les paroles et les thèmes semblent étrangement prémonitoires. En tout cas, le timing est tout simplement surréaliste et troublant. D’une manière plus légère, l’arrivée de Tom Brislin, le claviériste, au sein de la confrérie Kansas, apporte un joli spectre de couleurs musicales, qui leur redonnent ‘les lettres de noblesses’ tant son jeu est proche des origines.

Je vais finir sur la petite note tatillonne d’un modeste Fan, avec une légère impression de « je reste sur ma faim », si on le compare à l’avant dernier album du groupe, ce dernier opus semble un chouïa en dessous. Mais ne perdez pas pied sur mes propos, il y a une fois encore un gros potentiel avec cet album et toujours une technicité éblouissante et de belles œuvres qui raviront les aficionados. L’album démontre aussi, que ce n’est pas par hasard que ce groupe est un « Mastodonte » intemporel du Progressif.

Formation du groupe

Ronnie Platt / chant principal, clavier - - David Ragsdale / violon, guitares - - Tom Brislin / claviers - - Richard Williams / guitares - - Zak Rizvi / guitares - - Billy Greer / basse, chant - - Phil Ehart / batterie, percussion

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