The Endless Winter

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(4.3 sur 5) / Autoproduction
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Rock Progressif Rock Symphonique

Formé à Rome en 1992, Wish revient aux affaires avec un deuxième album studio, ‘The Endless Winter‘ sept ans après « Stay Here My Friends ». Si la trame conceptuelle du premier opus puisait son inspiration dans le thème de l’amitié comme rempart contre les difficultés de la vie, le concept qui sous-tend le nouvel album est nettement plus sombre puisqu’il évoque d’une part le drame et l’inhumanité des guerres et d’autre part l’isolement, le passage du temps et la résilience humaine. L’album utilise la métaphore d’un « hiver éternel » pour symboliser les périodes sombres de l’humanité (guerres, crises, solitude).

On y retrouve les quatre mêmes musiciens que sur le disque précédent, ce qui indique que la formation semble s’être enfin stabilisée autour d’un noyau dur et fidèle. Wish a connu effectivement d’innombrables changements de line-up depuis sa création, ce qui a expliqué en grande partie que ses débuts discographiques ne datent que de 2019. Ajoutons à cela que Piergiorgio Franceschelli (voix lead) et sa bande sont de grands perfectionnistes et vous pouvez facilement imaginer que le processus d’enregistrement du groupe est un processus long. Si leur musique s’inscrit dans un courant assez traditionnel hérité directement du RPI (le Rock Progressif Italien des années 70), il faut remarquer encore une fois que Wish choisit de s’exprimer en Anglais comme les grands cousins britanniques (ELP, Genesis ou Van der Graaf Generator) plutôt qu’en italien comme le faisait Premiata Fornieri Marconi (PFM) ou Banco del Mutuo Soccorso et bien d’autres groupes transalpins de prog. On peut éventuellement déceler dans cette ouverture linguistique la volonté ou l’espoir d’atteindre un public plus large. Car on ne peu nier que le groupe en dépit de son talent et de son ambition ne bénéficie pour le moment. que d’une exposition médiatique cruellement modeste et n’est reconnu que dans les cercles de fans de prog italien.

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« Pointe du Hoc » le titre d’ouverture instrumental prépare avec cohérence les conditions d’une immersion de l’auditeur dans un paysage de guerre. Clapotis des vagues lorsqu’un navire fend les flots, grondement des avions qui tourbillonnent avec insistance dans le ciel, détonations en tous genres qui fusent de tous côtés avant qu’un arrangement orchestral néo-classique à la façon d’une musique de film ne vienne conclure cette introduction prometteuse. Le titre du morceau fait référence à l’un des sites du débarquement en Normandie, le 6 juin 1944. Le deuxième morceau « Comandante Nino » poursuit sur des sonorités néo-classiques avant de transiter vers une atmosphère lourde où la rythmique fait la part belle à une basse mélodique et inventive. C’est sur une partie plus épique que se termine la chanson la plus longue du disque, plus de 11 minutes et 30 secondes, une section qui n’est pas sans évoquer le Pendragon de l’album « The World » de 1991.

Dans « Collapsing » on remarquera l’interprétation vocale de Franceschelli qui oscille entre  la théâtralité d’un Roger Waters, et la fragilité d’un Robert Wyatt. La structure toute en ruptures et en changements de rythmes tient solidement debout contrairement à l’effondrement qu’évoque le titre. Il faut également signaler que pour la première fois de l’album, la guitare occupe une place centrale, variant les sons et les techniques permettant à Giorgio Simonetti de faire entendre l’étendue de ses compétences à la six cordes. « The Four Rooms » est peut-être musicalement la piste la plus dispensable du disque, en dépit de l’émotion qui passe par la voix de Franceschelli qui fait de son mieux pour faire vivre les 8 minutes et 56 secondes de la chanson, l’ensemble tire en longueur et manque de ce relief qu’on trouvait et appréciait dans les morceaux précédents.

« I Watch You From Afar » avec son rythme rampant et son climat étrange et malsain offre un pur moment d’originalité qui prouve si cela était nécessaire que Wish possède une musicalité qui lui est propre. C’est ensuite l’intermède acoustique « This Land » proposant une instrumentation plus sobre qui marque une pause bienvenue dans l’enchaînement des riches et complexes pièces musicales qui forment ce bel album conceptuel. Les deux derniers titres « On The Trail » et « This Life » ne consistent en réalité qu’en une seule longue piste, la première partie est instrumentale et agit comme un rappel de l’ouverture de l’album. La seconde partie, chantée, impose une ambiance plus ouverte et positive teintée d’une mélancolie moins plombante. Les passages en spoken word créent un effet de surprise agréable. Le morceau contient tous les éléments qui font la force de Wish comme la touche mélodique néo-classique, les interventions solos inspirées de claviers et de guitare et la voix sur la retenue qui rappelle beaucoup celle de Peter Hammill.

The Endless Winter‘ est un album engagé, sombre mais porteur d’espoir, qui utilise la métaphore de l’hiver éternel pour parler des guerres, de la résilience, et de la condition humaine. Wish creuse son sillon en construisant une œuvre mélodique et conceptuelle exigeante qui s’inscrit pleinement  dans la lignée de celles de Roger Waters ou de Steven Wilson.
À l’avenir, on peut toutefois souhaiter que la production, déjà soignée, gagne encore en largeur sans pour autant renoncer à son approche vintage qui séduit les nostalgiques du genre !

Formation du groupe

Piergiorgio Franceschelli : chant principal et chœurs -Massimo Mercurio : batterie -Salvatore Patti : claviers, chœurs -Giorgio Simonetti : guitares, basse, chant principal et chœurs

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