Somewhere Not Far From Here

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(4.7 sur 5) / Seacrest Oy
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Jazz-Rock Rock Progressif Rock Symphonique

Si l’on songe un instant au nombre de projets musicaux dans lesquels Kimmo Pörsti est pleinement investi, on ne peut qu’être admiratif sur sa capacité de travail, son art subtil de fédérer un groupe de musiciens internationaux qui s’étoffe année après année, et surtout d’avoir été un pionnier dans développement d’un concept unique dans les annales de la musique. Je parle là du collectif des Samurai Of Prog, mais aussi des spin-offs tels The Guildmaster et nombre de participation à des albums solo ou duo, accompagnant ainsi Marco Bernard ou Rafael Pacha, notamment. Craignant sans doute de s’ennuyer, il décide récemment de monter sur scène pour une tournée avec les TSOP !

Je retiens aussi de lui qu’il met le plus souvent ses talents musicaux ou d’organisateur au service des autres, c’est pourquoi ses albums sous son nom propre nous donnent une chance de mieux percevoir sa personnalité propre, sinon ses goûts musicaux. Et bien ce n’est pas si simple, car même sur ses propres albums il continue de brouiller les pistes, proposant un kaléidoscope d’ambiances et de styles musicaux souvent très contrastés, avec nombre d’éléments folk finlandais ou parfois jazz-fusion. Somewhere Not Far From Here, 4ème album solo du finlandais, avec ses 11 morceaux, ne déroge pas à la règle tant sa diversité musicale est grande.

« Circle Of Wagons » composé par Kimmo, n’est pas d’inspiration finlandaise puisqu’on y évoque une caravane de diligences au far west. La musique est entrainante et bien rythmée, parfois solennelle, décrivant la volonté et l’optimisme de la caravane.

Il m’a fallu un petit moment pour identifier le « Carrousel » qui suit. L’air m’était bien connu mais je ne m’attendais pas du tout à retrouver ici un des morceaux des plus enjoué et emblématique du Jean-Pascal Boffo première manière. Apparemment Kimmo connait aussi l’album Carillons de 1987. Merveilleux tourbillon sonore d’une musicalité et fluidité exceptionnelles, et d’une élégance toute française, destiné avant tout à la guitare. Voilà un début d’album très enjoué !

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Egalement bien charpenté, « Nightmares Come To Consume » installe une atmosphère plus sérieuse, dont on admirera les belles envolées du sax de Risto Ralmi auxquelles répond un superbe solo de guitare électrique. Le mélange rock classique / jazz rock que semble affectionner Kimmo fonctionne très bien ici.

Sur « Chasing Echoes », le finlandais laisse la plume à Dan Schamber (chant) et Rafael Pacha (guitares). Le résultat nous vaut un morceau complexe dans ses passages instrumentaux, plus classique dans les passages chantés. De nombreux changements de tempo donnent un supplément de vie à cette pièces assez théâtrale.

« Things Not Seen » est un morceau instrumental qui superpose une nouvelle fois un rock traditionnel et des éléments jazz rock, parcouru par un beau thème d’essence traditionnelle donnant vie à une danse populaire à 8 temps. Après celle de Boffo, une nouvelle reprise nous est donnée à entendre : « In My Life » du groupe californien Ambrosia, une belle chanson mélancolique et poignante, portée par le duo vocal Michael Trew / Steph Honde.

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« Light Of Other Days », c’est le moment poétique de l’album avec les sonorités tendres et douces de la flûte d’Hanna Pörsti et de la guitare de Rafael Pacha. « You And The Sun » fait plutôt dans la chanson blues rock, composée et chantée sans fioritures par Dan Schamber.

« Over The Sleeping Stars », un instrumental lumineux, met en valeur sax et guitare, qui alternent ou se rejoignent pour jouer de concert. On y retrouve la verve du précédent « Carrousel » et bien sûr la guitare très expressive de Toni Jokinen, d’ailleurs très présent sur cet album. Place à « Only One In The Crowd », chanté avec lyrisme par John Wilkinson, et parcouru de riffs jazz-rock dus à la superbe basse de Jan-Olof Strandberg qui propulse le morceau dans un mouvement irrésistible. Rajoutez-y une section cuivre et vous n’êtes pas loin du R&B teinté de blues à la mode Steely Dan.

« With a Breath, I Linger » conclut l’album dans un autre style musical que semble également affectionner notre ami finlandais : une calme ballade mélancolique aux allures pastorales. Il laisse ici sa fille Hanna et son ami Rafael nous gratifier d’une ultime et belle mélodie.

Ce que j’apprécie le plus chez Kimmo Pörsti c’est son éclectisme, toujours mis en avant dans ses albums dits solos, et Somewhere Not Far From Here en constitue un nouveau vibrant exemple. Ne cherchez pas ici l’album d’un batteur, mais bien celui d’un musicien complet, qui aime à s’entourer de nombreux amis que l’on retrouve évidemment dans la mouvance des Samurai. Impossible de les citer tous ! Mentionnons le travail graphique d’Ed Unitsky d’une incroyable richesse qui vient compléter ce tableau familial. Il résulte de Somewhere Not Far From Here, et c’était déjà le cas du précédent Past And Present, une force tranquille et bienveillante, mais aussi enthousiaste, qui me paraît bien caractériser Kimmo Pörsti. Magna cum laude !

(*) https://www.seacrestoy.com/

Formation du groupe

Kimmo Pörsti : batterie, basse, claviers - Avec : Keijo Hakala : basse, contrebasse - Toni Jokinen : guitares, basse, claviers - Risto Salmi : saxophone, EWI - Mario De Siena : claviers - Dan Schamber : chant - Michael Trew : chant - Steph Honde : chant - John Wilkinson : chant - Rafael Pacha : guitares, claviers - Hanna Pörsti : flûte - Jan-Olof Strandberg : basse

🌍 Visiter le site de Kimmo Pörsti →

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