Titres
- How Dreams Do Creep (for Souls Asleep) (9:11) i) The Fruit to Grow Up ii) Into the Blushing Pear or Plum iii) To Cakes of Ice, or Flakes of Snow
- Late States, Eden's Gates (4:24)
- Enitharmon's Dream (2:51)
- Cretan Angel (12:51) i) Parousia ii) Diaphania iii) Quiescence iv) The Marian Veil
- Fresco (5:01)
- Of Aether, Rose and Spangling Dew (5:06)
- Leonardo (11:14) i) Uomo Barbuto ii) Il Diluvio iii) The Prism Flares iv) Misterioso in 11/8 v) To Burn Always, with this Hard Gemlike Flame
Le prog symphonique anglais a connu ses heures de gloire au travers de grands groupes. Mais c’est aussi l’arbre qui cache la forêt. Pour peu que l’on s’avance sous les frondaisons, on y découvre de talentueux compositeurs / multi-instrumentistes, auteurs de réalisations pour le moins remarquables. Ian Neal est de ceux-là, qui poursuivent sans relâche et souvent dans l’ombre, un travail de composition qui n’a rien à envier aux pionniers des années 70. Grand admirateur, entre autres, de la musique symphonique de William Walton, on retrouve chez Ian Neal une vision véritablement orchestrale de la musique. Dès son premier album All In The Golden Afternoon, sorti en 2005 et remis au goût du jour depuis, le musicien anglais déploie sa science de l’écriture et de l’orchestration pour décrire des paysages sonores féériques, avec une musique puissante ou pastorale, c’est selon, parfois teintée d’une touche de psychédélisme.
Quatre albums plus tard, nous voici avec This Gemlike Flame, qui succède au somptueux Barkston Ash. Première fresque sonore, « How Dreams Do Creep (For Souls Asleep) » en forme de suite tripartite, est lancée avec détermination par un puissant thème et une rythmique obsédante. Quelques riffs plus tard, un moment très poétique à la Anthony Philips, avec guitare acoustique (à 12 cordes si je ne m’abuse) et voix, annonce une musique nettement inspirée des premiers Genesis. De nombreux contrastes dynamiques donnent pleine vie à cette belle introduction.
« Late States, Eden’s Gates », au contraire, s’affirme dans un registre plus haut en couleurs, avec force de claviers vintage. A noter quelques traits en 9/8 qui rappelleront une certaine Apocalypse dans la même signature rythmique.

« Enitharmon’s Dream », un morceau plus court composé en 1995, nous arrive ici dans une version orchestrale portée essentiellement par les claviers. Il en résulte un tempo lent et de belles progressions harmoniques, inspirés à la fois par Tony Banks et Benjamin Britten.
Nouvelle grande fresque sonore, en 4 parties cette fois, « Cretan Angel » nous plonge d’abord dans une atmosphère superbe et apaisante, genesienne, bercée par la guitare à 12 cordes et l’indépassable Mellotron. Peu à peu la dynamique sonore s’amplifie pour conclure sur une note véritablement grandiose.
« Fresco » s’épanouit lentement sous d’amples accords au synthé et le chant de la guitare électrique. Un morceau plus Floyd que Genesis. De nouveau sur un tempo lent « Of Aether, Rose And Spangling Dew » est un pur moment de poésie musicale, apaisant et mélancolique, véritable cantique profane.
Epopée musicale en cinq actes, « Leonardo » conclut l’album avec grandeur. Mais avant le grandiose, nous est donnée une première partie un peu inquiétante, qui évolue avec lenteur sous une tonalité mineure lancinante. Quelques traits de piano apportent un peu de lumière avant une franche accélération de la rythmique et le grandiose qui pointe son nez. : accords puissants, chant élégiaque. Le quatrième acte, le bien nommé « Misterioso » égrène sa mélodie hypnotique dans un 11/8 peu commun. Un long et grand crescendo nous emmène à la conclusion sous la puissance des chœurs. Le morceau se termine par un grand accord en mode majeur, dans la grande tradition symphonique.
Nous voilà au terme de This Gemlike Flame (*), qui vient étoffer la magnifique discographie d’Ian Neal. Si les textes s’inspirent des poètes anglais tels Robert Herrick ou William Blake, la musique s’ancre directement dans la musique anglaise du 20ème siècle, qui se caractérise par un incroyable renouveau, s’appropriant avec bonheur une tradition folklorique et pastorale dans un cadre au modernisme affirmé et audacieux. Mais revenons au rock progressif et au style d’Ian Neal. De belles mélodies, certes sa musique n’en manque pas, mais c’est plutôt dans le tissu harmonique et les enchainements d’accords qu’il faut trouver la quintessence de son style, reprenant en quelque sorte à son compte et avec ses propres armes l’héritage de Genesis.
(*) https://ianneal.bandcamp.com/album/this-gemlike-flame
Formation du groupe
Ian Neal : tout Avec : - Kyle P. Nish : batterie (2) - Evgenia Papamikrouli : chœurs (1,2,6,7)
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