Titres
- Guided by the Moon (7:08)
- The Valley of Diamonds (6:15)
- Mark the Stars (5:55)
- End of the Day (9:01)
- Trapped by Old Age (10:27) 6
- The Isle of Wonder (10:26)
- Sinbad the Sailor (6:31)
Sans doute le plus cosmopolite des groupes de musique que je connaisse, The Samurai Of Prog, alias TSOP, porte haut les couleurs du rock progressif symphonique depuis plus de 25 ans ! Leur modèle, assez unique en son genre, fédère autour d’un noyau dur une galaxie de musiciens sinon d’amis, qui composent et interprètent les multiples pages d’une riche collection d’albums-concepts. Un temps inhabituellement long sépare le tout nouveau The 7 Voyages Of Sinbad du précédent The Time Machine. Il faut dire aussi qu’entre temps le collectif a également travaillé sur l’idée de Kimmo Pörsti, à savoir produire le groupe sur scène, une gageure assurément. Voilà qui sera réalité en 2026 ! Album live à venir ?
En attendant, pour aborder les fabuleuses pérégrinations du célèbre marin de Bagdad une petite révision des Contes des Milles et Une Nuits s’impose. Huit morceaux composés par autant de musiciens dont certains sont des habitués, d’autres des nouveaux venus. Mais comme toujours nos deux Samurai, Marco Bernard et Kimmo Pörsti se chargent d’assumer cette diversité et d’assurer la cohérence globale du projet musical.
Le premier voyage de Sinbad à travers l’océan indien mène les marins à accoster sur une petite île … qui se révèle en fait être le dos d’une baleine. Comme bien l’on pense l’affaire tourne mal et notre valeureux héros, accroché à un morceau de bois, se retrouve bientôt sur une île, véritable cette fois. C’est ce que nous met en musique « Guided By The Moon » de l’italien Beppe Crovella qui nous régale pour l’occasion de quelques claviers vintage, dont l’inimitable Mellotron. Un thème noble et ample anime ce morceau qui fait la part belle au chant et au violon de Steve Unruh. Le pont instrumental en milieu de morceau avec ses accords aux claviers est superbe.

Dans « The Valley Of Diamonds », Sinbad reprend la mer pour arriver sur une nouvelle île peuplée de serpents et d’oiseaux géants, et chose sans doute plus intéressante, couverte de diamants. Stefano Vicarelli, aux claviers, nous offre un instrumental nerveux et inventif, porté par la rythmique efficace de Marco Bernard et de Kimmo Pörsti. Troisième voyage et nouvelle île : celle-ci se trouve sous la coupe d’un cyclope géant du genre Polyphème. « Mark The Stars » donne l’occasion à Octavio Stampalìa de nous offrir un neo-prog puissant avec Steph Honde aux vocaux. Le retour à Bagdad ne sera pas de tout repos …

Pour le quatrième échouage de l’aventure, « End Of The Day » d’Alessandro di benedetti met en scène les improbables trépidations de l’histoire, entre cannibales, herbes empoisonnées, un mariage, un enfermement dans une tombe, une évasion et un nouveau retour vers la capitale de la Perse. Côté musique, il s’agit d’une grande pièce symphonique, un des domaines d’excellence du claviériste romain, en forme de suite aux passages très contrastés et d’allure très descriptive et théâtrale. Côté chant on retrouve Michael Trew. Un solo très expressif de Roine Stolt nous amène sur une coda très poétique. Sans doute le morceau le plus genesien de l’album.
Au cours du cinquième voyage, se promenant sur une île, Sinbad rencontre le cruel Vieillard de la Mer. « Trapped by Old Age » nous est proposé par Rafael Pacha. On retrouve dans cette autre grande suite musicale nombre d’ingrédients qui caractérisent le style du musicien cordouan : instruments anciens (cordes, bois et percussions), motifs d’inspiration folklorique, danses anciennes. Superbe !
« The Isle Of Wonder » nous conte les aventures du héros sur la riche île de Sarandîb (Sri Lanka), après les désagréments désormais habituels : désastre, échouage, etc. Mimmo Perri nous concocte une pièce dans le style haut en couleurs du Rock Progressivo Italiano. Daniel Fäldt officie au chant. Il y a de nombreuses curiosités dans cette pièce dont un passage débutant au piano vers 2’30, d’allure gothique, sans parler des étranges motifs jazzy au piano dans un style improvisé. Vers la fin un trio percussions, darbouka et orgue sonne encore plus étrangement. Etonnant morceau !
Je vous laisse deviner comment débute le septième et dernier voyage de notre Bagdadien favori. Selon les textes et les époques il existe plusieurs versions de cet ultime voyage. Au registre des éminents claviéristes italiens qui animent régulièrement les albums de TSOP et celui-ci en particulier, il manquait Marco Grieco. Celui-ci nous offre avec « The Last Shore » une fresque puissante, empreinte de mélancolie, qui signe le retour de Steve Unruh au violon et aux vocaux.

En guise de conclusion, il revient à l’ami Chris Engels (Cen-ProjekT), un des nouveaux dans le gigantesque orchestre TSOP, de proposer un ultime morceau, dans lequel Sinbad se souvient … La musique évolue dans les clairs-obscurs chers au multi-instrumentiste allemand. Il ne s’agit plus ici de mettre en musique les incessants rebondissements de l’histoire avec ce qu’il faut de lyrisme et de théâtralité, mais d’offrir un moment plus introspectif. La voix de Chris, souvent simplement accompagnée d’une simple guitare acoustique, fait mouche !
Que dire de cette nouvelle aventure contée par les musiciens de TSOP, sinon qu’à l’image des habituelles et magnifiques illustrations d’Ed Unitsky, la musique fourmille d’idées et de détails propres à titiller l’imagination de l’auditeur. Musique à programme oblige, celle-ci est par construction très descriptive et met en œuvre toutes les « ficelles » du rock progressif symphonique. Finalement nous avons avec The 7 Voyages Of Sinbad un magnifique nouvel exemple de l’opéra rock (progressif) !
Formation du groupe
Marco Bernard : Basses Shuker - Kimmo Pörsti : Batterie et percussions - Toni Jokinen : Guitare électrique - Avec : Beppe Crovella : Claviers vintage - Steve Unruh : Chant, violon - Stefano Vicarelli : Claviers vintage - Octavio Stampalìa : Claviers - Steph Honde : Chant - Alessandro Di Benedetti : Claviers - Michael Trew : Chant - Roine Stolt : Guitare électrique - Rafael Pacha : Claviers, guitares, percussions, saxophones, rehtiz, viole de gambe, cithare, flûtes, chant - Mimmo Ferri : Claviers, guitare acoustique 12 cordes, guitare électrique, chœurs - Beatrice Birardi : Darbuka - Daniel Fäldt : Chant - Marco Grieco : Claviers, guitare acoustique, chœurs - Giovanni Mazzotti : Flûte - Chris Engels : Claviers, chant - Massimo Sposaro : Guitare acoustique - Risto Salmi : Saxophone
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