Monologue of Chronos

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(3.7 sur 5) / Autoproduction
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Rock Progressif Rock Symphonique

D’origine finlandaise, Khatsaturjan voit le jour à l’aube du 21ème siècle dans une proche banlieue d’Helsinki. Le nom du groupe fait directement référence à Aram Khatchaturian (1903–1978), un compositeur soviétique reconnu pour des œuvres inspirées par le folklore arménien. Car oui , la musique classique compte beaucoup pour ces quatre Helsinkiens. A tel point qu’à la création du combo, ils se destinaient à jouer des adaptations rock de pièces classiques ( Moussorgski, Dvořák, Prokofiev). Progressivement, ils vont s’orienter vers des compositions personnelles en affirmant un style particulièrement symphonique. Ces musiciens-là ont un solide bagage classique et cela va s’entendre !

11 ans après la publication de « Beast, Machine & Man », les Finlandais refont surface avec « Monologue of Chronos », une nouvelle réalisation qui ne dissimule pas son ambition et semble placer la barre encore un peu plus haut dans son registre Rock Prog Symphonique qui fait allégeance à plusieurs monstres sacrés des années 70 comme Yes, Genesis, King Crimson, Gentle Giant ou Queen.

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Ils proposent ici une œuvre conceptuelle sur la notion du Temps :

Le titre mentionne la figure  de Chronos, dieu du temps, souvent associé à la destruction et à la renaissance.
L’album explore le temps sous différentes formes :

– L’obsolescence humaine (Lessons) avec la technologie qui remplace l’homme.

– La perte des vérités (What Was True) avec une dénonciation du relativisme moderne.

– La décadence sociale (The Dystopian Spirit of Club Energy) et la quête de sens dans le chaos.

– La cyclicité du temps (Song of Days), quand l’histoire se répète.

– La fragmentation de l’identité (DID Memoir) à l’ère du numérique et de la dissociation.

– La quête alchimique (The Keepers of Philosopher’s Stone) pour la recherche de sens.

– L’acceptation de la finitude (Mundus Meus) pour entrevoir la beauté de l’impermanence.

Après la première écoute du disque, il m’a été difficile de cerner mon sentiment instinctif et ce genre d’impression ambivalente a plutôt tendance à me mettre mal à l’aise. Il est toujours plus facile (ou gratifiant?) d’aimer immédiatement ou de détester directement ! J’ai donc dû écouter plusieurs fois l’album pour m’en forger progressivement une vision. Il a fallu d’abord que je fasse un effort relatif pour ne pas me crisper lorsque j’entendais Atte Kurri (?) chanter dans les graves avec son interprétation pseudo-théâtrale que je considére pour ma part assez irritante. En revanche, je trouve excellent le travail sur les choeurs et les polyphonies vocales qui apportent à la fois fraîcheur et originalité à l’ensemble. Ces voix chorales créent également un fil d’Ariane qui aide l’auditeur à ne pas trop se perdre dans ce labyrinthe musical. Car si la globalité des compositions partage un même souffle progressif et symphonique, je ne peux m’empêcher de ressentir que chacune d’entre elles constitue une univers fermé sur lui-même, chaque morceau représentant une étape distincte et singulière d’un voyage globale.

La première piste Lessons (On Human Obsolescence) m’a finalement amusé, et je la qualifierais de sympathique, je pourrais la qualifier de rigolote mais cela serait compris de façon péjorative, ce qui serait injuste. Je perçois ce morceau un peu comme un mashup qui associerait Queen à Yes. On y trouve ainsi des polyphonies vocales façon Yes ou façon Queen, une basse avec un esprit ‘ Chris Squire ‘, un jeu de batterie qui rappelle celui de Roger Taylor et un solo de guitare très Brian Mayesque. Pourtant  Khatsaturjan réussit le tour de force d’en faire une chanson solide qui possède son originalité… Le titre suivant What Was True avec son approche Néo-Prog (IQ, Pendragon)offre une ambiance mélancolique avec un très beau refrain, probablement le plus réussi de l’album. On y trouve un équilibre subtil entre lyrisme et technicité. Dans  The Dystopian Spirit of Club Energy, on notera la fin très Vangelis du morceau où se déploient de belles et épaisses couches de synthés analogiques comme on les aime. Song of Days, se veut extrêmement ambitieux dans sa construction symphonique mais j’y perçois une grandiloquence qui me touche moins. Je termine cette chronique sur Mundus Meus (This World of Mine), le titre de clôture qui est aussi le morceau le plus long (8:03). Il donne à l’album une conclusion en mode épique, une apothéose émotionnelle entre acceptation et résignation dans une ambiance cinématographique.

Ce quatrième album studio de Khatsaturjan tantôt sombre tantôt énergique, met en lumière la progression artistique du groupe, qui sans s’affranchir de ses influences matricielles, creuse un sillon qui lui est de plus en plus personnel. La complexité orchestrale reste au service de de la mélodie et de l’émotion, les Finlandais montrent que le rock progressif symphonique moderne a encore de beaux jours devant lui.

Formation du groupe

Atte Kurri : chant, guitares, basse, synthétiseurs, paroles - Ilkka Piispala : chant, batterie, synthétiseurs, basse, guitares additionnelles, mixage, mastering - Ilkka Saarikivi : chant, synthétiseurs, basse, violoncelle

🌍 Visiter le site de Khatsaturjan →

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