The Ringmaster (Part 1)

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(5 sur 5) / Tigermoth Records
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Celtique Rock Progressif

Multi-instrumentiste, Robert Reed fait partie de ces musiciens prolixes accumulant les projets solos, les travaux de groupe (Cyan, Magenta, Kompendium), sans parler de multiples collaborations. Il y a quelques semaines je découvrais d’ailleurs l’excellent For King And Country, reprise modernisée d’un travail de Cyan des années 90. C’est donc sous nom que Robert nous propose The Ringmaster – Part1. Il me semble avoir lu quelque part que la deuxième partie pourrait sortir en janvier 2022, du coup inutile de trainer pour sortir cette chronique, d’autant que l’album est en tous points superbe ! D’ailleurs si vous aimez le prog britannique dans sa dimension pastorale et l’inimitable musique celtique, vous ne pourrez qu’être d’accord avec moi.

Sur cet album Robert Reed collabore avec le batteur Simon Philips, les multi-instrumentistes Troy Donockley et Les Penning, ainsi que Tom Newman crédité au bodhrán, instrument à percussion bien connu dans la musique irlandaise.

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Robert Reed

La longue suite inaugurale de plus de 16’ débute par un bref narratif, d’abord accompagné au piano avec un joli motif descendant de 7 notes. Sur ce même motif répétitif, chorale et guitare acoustique prennent le relai. On démarre dans les hauteurs ! On enchaine (3’30) avec un thème grandiose et une chorale affirmée se lance dans une danse à 3 temps ample et volontaire. Vers 5’45 la guitare acoustique lance un court motif (*) pour un intermède instrumental d’abord calme et pastoral, et qui prend soudainement une belle ampleur. Les sonorités celtiques sont bien présentes. A 7’40, le piano lance une danse folklorique à 8 temps où flûtes, violons et autres se renvoient la mélodie. Un court climax et un passage très contemplatif débouche sur un nouveau chant. Vers 12’40, c’est une nouvelle envolée lumineuse qui apparait avec ses cloches et une irrésistible pulsion à 6 temps et un excellent solo de guitare électrique. J’adore ce passage ! Tout s’interrompt pour laisser place à un tambour échevelé et très roulant qui accompagne un nouveau thème celtique qui se termine lui-même sur un brutal coup de gong pour laisser un decrescendo déstructuré et évanescent où l’âme se libère de la pesanteur. On ne voit pas le temps passer dans cette somptueuse suite essentiellement instrumentale. On ne peut qu’admirer le très beau travail d’écriture musical et d’orchestration.

Quant au thème du très martial « The Defeated Army » il est de ceux qu’on a l’impression d’avoir toujours connu. Thème traditionnel librement adapté ? Thème original de Robert Reed ? Il faudra que je me renseigne. En tous cas, il y a une « force tranquille » qui se dégage de ce morceau très martelé. La courte mais intense vocalise de « Sign of the Song » laisse place à l’intro à l’orgue d’église de « Storytown » pour une nouvelle danse folklorique à nouveau très bien orchestrée.

« The Gatekeeper – First Large Water » enchaine une tendre ballade acoustique traditionnelle et une deuxième partie plus rythmée avec un autre thème traditionnel particulièrement enjoué. Nouvelle promenade avec guitare acoustique et flûte, « Mr. Penning Standing Blue » nous invite à l’introspection, tout autant que la courte vocalise de « Signs Of Seldlinger ».

Nous arrivons au terme de cette première partie et « A Dream of Home – Arcadia in Ruin » poursuit le festival de couleurs celtiques dans cet intense mélange mi-traditionnel mi-moderne. On démarre sur un 3 temps avec des sonorités cristallines de xylophone avant que guitare électrique, violon et flûte ne viennent dialoguer. La puissance se libère peu à peu, culmine avant de laisser place à la guitare acoustique qui nous emmène vers la longue coda toute en contrastes sonores.

Difficile de résister à l’intense poésie de cette musique et de ses magnifiques tournures traditionnelles celtiques, proche de la série des albums Sanctuary ou du Return to Penrhos avec Les Penning. La démarche est à rapprocher de ce que fait Mike Oldfield par exemple. A mille lieues du néo-prog de Cyan ou Magenta, Rober Reed se montre à nouveau un véritable alchimiste des sons et nous livre avec « The Ringmaster » une perle musicale !

(*) Motif qu’on retrouve aussi dans les notes du Carillon de Westminster.

Formation du groupe

Rob Reed : divers instruments - Avec : Simon Phillips : batterie - Troy Donockley : divers instruments - Les Penning : flûte à bec - Tom Newman : bodhrán - Angharad Brinn : chant

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