Titres
- The Lovers (9:03)
- Etude 1 (0:24)
- The Magician (8:20)
- Etude 2 (0:21)
- The World (9:27)
- Etude 3 (0:24)
- Strength (10:03)
- Etude 4 (0:22)
- The Empress (10:07)
- Tarot (4:39)
Robert Reed et son Magenta nous avaient laissés sur The Witch, avec une impressionnante musique symphonique orchestrale. Le dernier né du trio magique Reed / Cristina Booth / Chis Fry revient à un style plus habituel, dirions-nous. Le musicien gallois y revendique un retour aux sources et cite même le mythique groupe Renaissance ! Côté thème, les cartes du tarot divinatoire sont de sorties, et côté format, l’album offre cinq morceaux résolument symphoniques entre lesquels viennent s’intercaler de courts interludes instrumentaux, dénommés « Etude », faisant la part belle à la guitare acoustique. Un dernier morceau vient récapituler l’ensemble.
Première carte et premiers protagonistes, « The Lovers » débute sur un court moment aux cordes. Cristina Booth entre alors en scène avec talent et autorité. Le rythme entrainant, et même dansant, est une belle réussite. Au deuxième tiers j’ai carrément l’impression d’entendre du YES. Un riff puissant à la guitare ouvre « The Magician » en forme de danse populaire un peu gauche, et puis le trio voix /piano / guitare nous régale d’une belle balade mélancolique. Les passages contrastés s’enchainent, tantôt lumineux en mode majeur, ou plus sombres dans les tons mineurs. Pour conclure le piano seul et puis tous les instruments reprennent le thème d’introduction.
« The World » évolue résolument dans les tons majeurs, avec un souffle digne de Kansas. Au centre du morceau, la musique et le chant prennent une tournure plus nostalgique, avant le retour à la verve initiale.

« Strength » reprend nombre des éléments précédemment entendus mais en y ajoutant le supplément d’âme et d’émotion qu’induit le magnifique chant de Cristina Booth. Les passages où prédominent voix et guitare acoustique sont magiques, tandis que d’autres affichent une puissance et une détermination que rien ne semble vouloir arrêter. « The Empress », la dernière carte de ce jeu, en est aussi le point culminant. Compte-tenu du style du morceau on peut vraiment parler d’épopée. Après une première partie grandiose, on pénètre dans des eaux plus calmes, bercées par le piano de Reed et la guitare de Fry. La machine reprend soudain des tours et ne s’arrêtera plus, enchainant notamment quelques solos de guitare particulièrement expressifs. Après cette apothéose, le morceau-titre, tout en retenue offre une conclusion apaisée, contemplative, à la fois simple dans sa structure, et très développée quant à son aspect mélodique. Beau et élégant !
Les cartes ont parlé : Tarot (*) se révèle sans conteste un album très abouti, avec une musique aux thèmes très incisifs, mêlant habilement visions grandioses et moments poétiques et intimistes. Pour peu qu’on suive l’histoire qui se cache derrière cette musique opulente, on y découvrira des personnages aussi disparates que Guenièvre, Harry Houdini, Jeanne d’Arc ou encore Marie, la mère de Jésus. L’ensemble me fait penser aux célèbres Tableaux d’une exposition, les quatre courtes « Etudes » jouant le rôle des Promenades, assurant une respiration bienvenue entre les intenses envolées théâtrales mettant en scène les personnages de l’histoire. Ajoutez à tout cela le jeu de batterie d’un Nick D’Virgilio et les superbes chœurs (Peter Jones, Steve Balsamo), et vous obtenez un magnifique album de prog symphonique. Pour marquer les 25 ans de Magenta, il n’en fallait pas moins !
(*) https://magenta.bandcamp.com/album/tarot
Formation du groupe
Christina Booth : chant principal - Robert Reed : claviers, basse, piano, guitares rythmiques, flûtes à bec - Chris Fry : guitares solo et nylon - Avec : Nick D'Virgilio : batterie - Peter Jones : chœurs - Steve Balsamo :chœurs - Katie Axelsen : flûte traversière - Sam Baxter : hautbois
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