Titres
- Stella Mortua (feat. The Norwegian Radio Orchestra) 05:26
- Medulla 05:31
- Vox Occulta (feat. The Norwegian Radio Orchestra) 07:58
- Liberatio 04:40
- Serenitas 06:45
- Vita Fragilis (feat. The Norwegian Radio Orchestra) 05:27
- Grex 11:48
- Anima Lucis (feat. The Norwegian Radio Orchestra) 07:05
Einar Solberg possède certainement une des voix les plus caractéristique de la scène Metal Progressif. Son premier album solo 16 (sorti en 2023) explorait les fêlures de l’adolescence dans un registre introspectif, et dans la foulée d’un retour aux sources plus brut avec Leprous sur Melodies of Atonement, le musicien norvégien revient avec une œuvre d’une envergure radicalement différente. Pour Vox Occulta, Einar Solberg a vu grand : convier le prestigieux Orchestre de la Radio norvégienne à participer à la moitié de ses compositions. L’album bâtit un lien entre la passion d’Einar pour la musique classique et les musiques de film (Hans Zimmer ou Danny Elfman) et la scène Metal moderne. Pour contrebalancer la face classique de l’orchestre, Solberg s’est entouré d’une équipe de musiciens virtuoses issus de la scène actuelle : Pierre Danel (Novelists), John Browne (Monuments) et Ben Levin (ex-Bent Knee) aux guitares, Keli Guðjónsson (Agent Fresco) à la batterie ou Chris Baum (Bent Knee) au violon.

L’album s’ouvre sur “Stella Mortua” qui pose immédiatement le décor : une entame cinématographique, avec renforts de cordes. L’atmosphère est lourde, la voix d’Einar Solberg habitée faisant le grand écart entre émotion contenue et rage libératrice. Sur l’explosion finale, le mélange groupe métal / instrumentation classique fonctionne particulièrement bien.
Retour au Metal prog sur l’infectieux “Medulla” qui propose un groove puissant de la section rythmique basse / batterie. Les guitares précises et tranchantes sont parfaitement complétées par le travail de violon. Excellent titre au refrain puissant.
Le début de “Vox Occulta” fait songer à une musique de film d’Alfred Hitchcock, entre tension et suspense. A nouveau, l’orchestre complet déploie toute sa dimension pour proposer des changements de dynamique au milieu des guitares Djent pour un résultat quasi opératique.
“Liberatio” fait la part belle au chant énervé, aux arrangements anxiogènes et rythmiquement complexes qui trouvent leur résolution en un refrain lumineux.
Comme son nom l’indique, “Serenitas” propose une pause intimiste au milieu de la tempête, centrée sur un piano et un océan de cordes. La performance vocale est à nouveau impressionnante, naviguant entre les octaves, relevée par un solo de guitare d’une inattendue délicatesse.
“Vita Fragilis” oublie les formats traditionnels de chanson pour un développement richement orchestré où percussions djent cohabitent avec envolées orchestrales et chant de grande amplitude, entre ténor et growl.
Titre le plus long du disque, flirtant avec les 12 minutes, “Grex” est un bon représentant de l’ambition d’Einar Solberg pour ce disque. Privilégiant l’espace et l’ambiance, les mélodies y sont très réussies parfaitement intégrées aux aspects techniques instrumentaux, jusqu’au final épique à l’énergie débordante.
“Anima Lucis” propose une conclusion aérienne et lumineuse qui referme le rideau sur un sentiment d’apaisement.
Plus qu’un simple album solo, Vox Occulta est la réalisation de l’ambition hors norme de son auteur. Oeuvre complexe et personnelle à la fois, d’une étonnante maturité, elle confirme qu’artistique rime bien avec prise de risque. L’intégration de l’Orchestre de la Radio norvégienne évite le piège du cliché symphonique pompeux pour fusionner naturellement avec les polyrythmes et les riffs incisifs des musiciens issus du Metal. La voix d’Einar Solberg y occupe une place centrale, affirmant son statut de vocaliste hors norme dans le paysage progressif actuel. Alors que le chanteur s’apprête à entamer une tournée européenne à l’automne, une question se pose : comment cette ambition sonore sera-t-elle retranscrite sur scène ? Le rendez-vous est pris.
Formation du groupe
Einar Solberg : Voix, Claviers, Piano - Jed Lingat : Basse - Ben Levin (ex-Bent Knee) : Guitare - Pierre Danel (Novelists) : Guitare - John Browne (Monuments) : Guitare - Keli Gudjonsson (Agent Fresco) : Batterie - Chris Baum (Bent Knee) : Violon - The Norwegian Radio Orchestra
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