Titres
- Sanguis 09:05
- Loneliness Untold, Loneliness Unfold 04:04
- Sweet to the Point of Bitter 05:58
- I Am Time 05:39
- Fire in Ice 07:03
- Lunar Tale 05:25
Sanguis constitue le deuxième volet d’une trilogie ambitieuse initiée par les norvégiens de Green Carnation intitulée A Dark Poem, inspirée à l’origine par le personnage d’Ophélie chez Shakespeare. Alors que la première partie, The Shores of Melancholia, était une entrée en matière directe et frontale, ce deuxième chapitre plonge dans des eaux plus sombres et personnelles. Le groupe délaisse l’observation extérieure de la mélancolie pour une exploration des traumatismes familiaux et des luttes internes. L’album est marqué par l’écriture de Stein Roger Sordal, le bassiste, qui signe ici des textes très personnels.
Pièce maîtresse et porte d’entrée de ce nouvel opus, “Sanguis” pose le décor : celui d’une maison d’enfance où l’air est devenu irrespirable. L’introduction à l’orgue d’Endre Kirkesola installe une solennité presque religieuse, avant que la voix de Kjetil Nordhus ne vienne conter le souvenir d’un conflit parental traumatique. Le morceau évolue d’un Metal progressif lyrique vers un Doom écrasant, illustrant la spirale de ce souvenir fortement ancré.
“Loneliness Untold, Loneliness Unfold” est la magnifique surprise de cet album. Le bassiste et parolier Stein Roger Sordal y prend le micro. Sa voix, plus fragile et moins habitée que celle de Nordhus, sied parfaitement à cette ballade dépouillée.
On retrouve sur “Sweet to the Point of Bitter” le Green Carnation plus classique, celui des riffs tranchants et des forts contrastes. Le titre joue sur une dualité d’une mélodie de refrain accrocheuse, contre-balancée par des textes exprimant un fort ressentiment. La section rythmique de Jonathan Alejandro Perez et Stein Roger Sordal y est impressionnante de puissance et de solidité.
“I Am Time” fait le pont entre Hard Rock des années 70 et Metal Prog moderne. La guitare de Bjørn Harstad s’exprime dans des solos sinueux qui évoquent le passage inexorable du temps.

Titre le plus intense techniquement parlant, “Fire in Ice” déploie la double pédale de batterie et les riffs de guitare acérés dans une atmosphère glaciale qui rappelle que le groupe vient des pays nordiques.
L’album se referme sur l’ambiance à la fois onirique et inquiétante de “Lunar Tale”. La flûte d’Ingrid Ose apporte une douceur trompeuse à cette ballade portée par un piano à l’étonnant classicisme qui marque une ouverture vers l’ultime chapitre de la trilogie.
Moins immédiat que son prédécesseur mais bien plus viscéral, A Dark Poem – Part II: Sanguis témoigne de l’accession par Green Carnation à une dimension humaine inédite. C’est un disque qui demande du temps, de l’empathie, où le groupe réussit à transformer des souvenirs douloureux en une œuvre universelle. Porté par une production organique et des arrangements parfois audacieux utilisant orgue, flûte, ou piano, cette seconde partie réalise le subtil équilibre entre puissance et douceur.
Formation du groupe
Kjetil Nordhus : Voix - Stein Roger Sordal : Basse, Guitares, Claviers - Bjørn Harstad : Guitares - Endre Kirkesola : Claviers - Jonathan Alejandro Perez : Batterie - Musiciens additionnels : Ingrid Ose : Flûte (6)
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