Sapiens - Chapitre 2/3 - Deus Ex Machina

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(4.6 sur 5) / Quadrifonic
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Rock Progressif

Un peu moins d’un an après le précédent album Jean-Pierre Louveton, dit JPL, nous sort le deuxième chapitre de la saga « Sapiens ». Fidèle au latin (du moins pour son titre), « Deus Ex Machina » succède donc à l’excellent « Exordium ». Le premier voyage nous avait amené de l’aube de l’humanité à l’exode vers alpha-Centari A (Rigil Kentaurus pour les astronomes). Une fois de plus nous sommes alléchés par une pochette superbe, où les teintes bleutées ont succédé aux couleurs marrons sombres de son ainée. Sans entrer dans les détails de l’aventure, la découverte des titres des 5 pistes nous plonge immédiatement dans un monde SF dystopique cher à JPL.

Comme dans le précédent album, le résident de Némo et de Wolfspring nous livre une vision puissante et lyrique de son monde imaginaire. « Le Flambeur », en mode heavy prog, ne ménage ni le rythme ni les riffs de guitare pour faire avancer inéluctablement le protagoniste, qui ne sait pas où il va mais qui y va vite, le bougre ! Comme souvent chez JPL, la musique et le propos sont sombres, mais rien d’irrémédiable ou de larmoyant, on avance ! Nous faisons à présent connaissance avec « La Machine », première partie de « Deus ex Machina ». Rythme rapide et puissants riffs de guitare reprennent du service, jusqu’à un superbe passage central avec piano et voix, qui dispense une musique plus apaisée, voire optimiste. Le motif répétitif au piano est superbe. La deuxième partie, « Une Pièce pour les Gouverner Tous », rappellera à certains les mots d’une autre saga, purement littéraire cette fois, due à Tolkien et où il est question d’Anneau Unique. Moins puissante, plus lyrique, la musique donne à entendre quelques moments plus intimistes et atmosphériques, bien soulignés par le piano. Une de mes pistes préférées à coup sûr !

« Terre Brûlée » … On ne s’attend à rien de bucolique ici … Un chant assez désabusé alternant moments rapides quasi parlés et vocalises aériennes. La fin avec sa ligne rythmique implacable et ses chœurs (au synthé) est particulièrement poignante. La dernière piste, avec ses quasi 13’, est sans doute un des sommets de l’art de JPL. A la question existentielle « Encore Humains ? », la réponse musicale se veut plutôt intimiste sur fond de synthés et de guitare acoustique, avec solos de flûte et de guitare plaintive. Un long développement instrumental nous amène aux ultimes questions Qui sommes-nous ? où allons-nous ? qui resteront sans réponse. Provisoirement sans doute car n’oublions pas le futur Chapitre 3 !

Toujours aussi inspiré, Jean-Pierre Louveton poursuit son chemin dans cet univers sombre, mais jamais agressif ou larmoyant.. nulle théâtralité excessive, bref le bon équilibre. Bien secondé par ses compères Guillaume Fontaine et Jean-Baptiste Itier, son rock progressif est toujours aussi volontaire, mélodique et bien orchestré, avec de superbes effets de guitare, et un bien bel usage de la langue française. Le Chapitre 2 se révèle aussi spectaculaire que le précédent « Exordium », et l’expérience musicale est toujours aussi intense. En attendant le final de Sapiens, Carpe JPL/Deus ex machina !

Formation du groupe

Jean-Pierre Louveton ; guitaers, basse, chant - Avec : Guillaume Fontaine : Claviers - Jean-Baptiste Itier : Batterie

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