A Dark Poem, Part III: The Messiah Complex

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(4.2 sur 5) / Season of Mist
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Métal Progressif

Et de trois! Green Carnation boucle sa trilogie A Dark Poem avec A Dark Poem, Part III: The Messiah Complex. Ce troisième et dernier chapitre débarque à peine un an après The Shores of Melancholia et quelques mois après Sanguis, et constitue peut-être le volet le plus progressif de la saga. En effet, c’est d’abord par le format que ce disque se différencie des deux précédents : quatre titres seulement, dont une suite orchestrale de près de dix-sept minutes qui met un point final à ce poème obscur. A noter que “Lunar Tale”, qui refermait Sanguis sur la flûte d’Ingrid Ose et un piano classique, ouvrait déjà vers ce dernier chapitre. Green Carnation s’y engouffre en tentant de faire converger l’observation du monde extérieur du premier volet et la plongée intime du second.

“Unconditional Artificial Chemistry” ouvre l’album de manière très efficace : riffs puissants, mélodie impactante, lourdeur Metal. On est en terrain connu, dans la continuité des albums précédents, et cela fonctionne bien.

Vient ensuite le morceau-titre, “The Messiah Complex” qui calme un peu le jeu. Plus complexe qu’il n’y paraît, il réussit à faire tenir ensemble mélodie immédiate et écriture retorse, et fait même songer à Muse par endroits. Plus épique encore, “Broken Souls, Common Enemies” est le morceau le plus long avant la conclusion orchestrale, et probablement le plus habité de l’album. Indéniablement réussi dans son approche mélodique et porté par une interprétation d’une grande justesse, il est marqué par un double solo de guitare (d’abord clair et subtil, puis enragé et rugueux) qui compte sans doute parmi les meilleurs moments instrumentaux de toute la trilogie. Reste “A Dark Poem – Orchestral Suite”, presque dix-sept minutes de musique de type classique (sans le groupe et ses instruments “Rock”) pour clore la trilogie, avec le retour de la flûtiste Ingrid Ose et le renfort de l’Orchestre Symphonique et du Chœur de l’Opéra de Kristiansand. Le pari est risqué (on pense aux grandes formations Prog de la fin des années 60, référence assumée par le groupe lui-même). La suite reprend quelques thèmes des deux premiers volets, essuyant quelques longueurs sur la partie centrale. Cette conclusion n’en demeure pas moins impressionnante par la qualité des arrangements et l’interprétation de l’orchestre, sans jamais faire de concession à son esprit symphonique.

Avec seulement quatre titres pour un peu plus de trente-huit minutes, A Dark Poem, Part III: The Messiah Complex par Green Carnation assume un format bien différent de ses deux prédécesseurs, et le pari fonctionne globalement bien : moins de morceaux, mais plus ambitieux, refermant la boucle ouverte l’an dernier sans jamais donner l’impression de tourner en rond. C’est donc l’heure du bilan : la trilogie A Dark Poem aura réussi à surprendre l’auditeur à chacun de ses chapitres et constitue une solide réussite pour Green Carnation, confirmant en quelque sorte leur statut de colosse aux pieds d’argile. A titre personnel, je conserve une préférence pour le second volet Sanguis (le plus sombre, évidemment), mais l’ensemble se tient parfaitement à l’écoute en une seule traite.

Formation du groupe

Kjetil Nordhus : Voix - Stein Roger Sordal : Basse, Guitares, Claviers - Bjørn Harstad : Guitares - Endre Kirkesola : Claviers Jonathan Alejandro Perez : Batterie - Musiciens additionnels : Ingrid Ose : Flûte (4) - Orchestre Symphonique et Chœur de l’Opéra de Kristiansand (4)

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