Ceiba

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(4.5 sur 5) / Season of Mist
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Métal Progressif

Le deuxième album est souvent un exercice casse-gueule. Quand le premier a fait mouche, il est forcément attendu au tournant avec son lot d’espoirs. Pour ce qui est de TEMIC, le groupe s’en sort haut la main avec Ceiba. Petit rappel : TEMIC est né de la rencontre entre le guitariste américain Eric Gillette (Neal Morse Band, Mike Portnoy’s Shattered Fortress…) et le claviériste mexicain Diego Tejeida (ex-Haken, Devin Townsend, Mike Portnoy’s Shattered Fortress également). Autour d’eux, deux Norvégiens : le batteur Simen Sandnes (Shining et plus récemment Evergrey) et le chanteur Fredrik Klemp (Maraton, 22). Là où le premier album Terror Management Theory se “contentait” d’un bassiste de studio, le groupe s’est cette fois augmenté d’un membre à part entière avec le portuguais Miguel Pereira (Withem, Big City). Autant dire que le casting est de très haut niveau. Ceiba se présente comme un genre d’album concept sur la perte sous toutes ses formes : la mort d’un proche, la rupture, la perte de soi, le deuil… Le ceiba est l’arbre sacré de la mythologie Maya (que l’on voit frappé par la foudre sur la pochette), celui qui relie la terre, le ciel et le monde souterrain.

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Le voyage démarre avec “Asunder”, un prélude où un coup de tonnerre précède quelques lignes murmurées sur un fond inquiétant. “Ashes” débarque ensuite comme une locomotive lancée à pleine vitesse : double grosse caisse, guitares et claviers au millimètre, refrain taillé pour être chanté à pleins poumons, et solos de Gillette et Tejeida pour faire bonne mesure. Ça commence fort. Le démarrage de “Beyond the Voice” calme un peu le jeu avec sa guitare atmosphérique, avant de retrouver la lourdeur mélodique et la complexité rythmique caractéristiques du groupe. Avec “Ceased to Be”, on touche un peu plus à l’émotion. Le texte est écrit du point de vue d’une personne qui vit ses derniers instants entourée des siens, et la mort y est vue comme un passage plutôt que comme une fin. La mélodie est limpide et le refrain reste en tête. “Broken” change complètement d’ambiance. Cette ballade fragile à l’instrumentation dépouillée met en avant l’incroyable talent vocal de Fredrik Klemp. Celui-ci appartient clairement à la famille d’Einar Solberg : même douceur apparente, même capacité à passer d’un murmure à une envolée sans prévenir, même sens de l’émotion. Cette voix contraste avec la dureté des parties instrumentales et fait mouche dans les refrains, qui sont encore plus accrocheurs que sur le premier album. Quant à Eric Gillette, il confirme ici tout le bien que je pense de lui. Son jeu de guitare, fluide, précis et d’une rare musicalité, fait toujours autant de bien aux oreilles, tout en assurant des chœurs de qualité.

Place ensuite au gros morceau de 9 minutes, “Casting Stone”. Djent, Heavy Rock et Electro s’y affrontent, pour un résultat de haute tenue. “See Myself” possède une énergie presque Punk (la technique en plus) et agit comme un rouleau compresseur, tandis que “Parting the Waves Inside” s’inscrit dans un mid tempo modulé de quelques variations, incluant d’époustouflant solos de guitare et claviers, mais un peu long à mon goût. “Night of Veils”, quant à lui, retourne sur le terrain de l’émotion et de l’interprétation toute en nuance. Vient ensuite “Alone”, sans doute un des sommets de l’album. Le morceau construit très habilement une intensité dramatique qui ne peut laisser indifférent. Et c’est “As Long as We Last” qui referme le disque. Avec ses 10 minutes, il se déploie tout en retenue avant de s’achever sur un solo de guitare grandiose, dans la plus pure tradition de final épique.

L’impressionnante maîtrise technique qui habite ce Ceiba par TEMIC n’est pas gratuite, elle est toujours au service de la mélodie. C’est ce qui en fait un album de chansons, avec ce que ça implique de refrains accrocheurs et d’émotions. Les amateurs de Haken, de Leprous, d’Evergrey ou de Pain of Salvation retrouveront des sensations familières, et on sent également planer l’ombre tutélaire d‘un Dream Theater. Ceiba a tout pour s’imposer comme l’un des albums marquants de l’année en métal progressif. Après le coup d’essai de 2023, TEMIC entre sans conteste dans le cercle des groupes majeurs du genre.

Formation du groupe

Fredrik Klemp : Voix - Eric Gillette : Guitares et Voix - Simen Sandnes : Batterie - Diego Tejeida : Claviers et sound design - Miguel Pereira : Basse

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