The Quest

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(4.1 sur 5) / Inside Out Music
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Rock Progressif

Nous ne sommes évidemment pas les premiers à chroniquer le nouvel album de YES, et nombre d’entre vous l’on déjà écouté. Qu’à cela ne tienne « The Quest » mérite évidemment qu’on en parle, ne serait-ce qu’en raison d’un line-up un peu remanié à la suite de la disparation en 2015 du légendaire Chris Squire qui officiait déjà il y a plus 1/2 siècle. Au cours de ces longues décennies on a connu toutes sortes de YES, avec ou sans tel ou tel autre, mais toujours avec Chris à la basse, le point commun, mais aussi le socle qui a permis à la marque YES d’arriver jusqu’à nous. Il n’y a donc plus dans cette nouvelle mouture un seul participant de la première heure. Une autre raison pour parler de cet album est tout simplement son intérêt musical. Nos critères sont fort simples, nous parlons des albums que nous aimons.

Pour « The Quest » les décors sont de Roger Dean, la musique est d’un YES piloté par les grands anciens que sont Steve Howe et Alan White. Une première écoute m’étonne par l’enthousiasme musical qui ressort de l’album, et par cette feel good music qui a été une des grandes marques de fabrique du groupe via le mysticisme lumineux porté par Jon Anderson, dont Jon Davison imite ici le style vocal et les intonations. Les excellents Bill Sherwood, adoubé par Squire lui-même, et Geoff Downes complètent le dispositif. Les 8 pistes sont plutôt courtes, concision plutôt que longs développements complexes, peut-être plus dans l’esprit du YES des tous débuts ?

Une dynamique vigoureuse s’installe dès « The Ice Bridge ». Steve Howe n’a rien perdu de son jeu caractéristique. Rien de sophistiqué ici mais une belle énergie au service d’une musique ample et volontaire, un peu dans le style de « Going For The One ». L’illusion andersonienne des vocaux est totale. On connaissait déjà le travail de Davison sur certains albums de Glass Hammer.

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« Dare To Know » est une enthousiasmante musique orchestrale, en mode majeur, un rien cinématographique et qui recèle de très beaux moments harmoniques, sans parler des mélodies vocales et guitaristiques très réussies, et une belle coda acoustique. « Minus The Man » me semble moins inspiré, rien de désagréable, mais un peu mièvre. Plus intéressant et développé, « Leave Well Alone » présente un thème à la guitare bien charpenté et volubile qu’on entendra de manière répétée. Excellente guitare de Steve Howe et la basse de Bill Sherwood s’émancipe. La très longue coda instrumentale est parfaite, un début très acoustique puis la guitare monte dans les hauteurs. Sans doute ma piste préférée.

« The Western Edge » reste dans le style classique du groupe, assez solaire, façon « Tales From Topographic Oceans ». « Future Memories » c’est avant tout le duo Jon Davison, à la voix plus « naturelle » ici, et Steve Howe à la guitare acoustique, proche de son jeu dans « Wonderous Stories ». Par contre « Music To My Ears » est on ne peut plus simple sur le plan mélodique et harmonique, du moins lors des passages chantés. Un peu monotone à mon goût.

Si on veut bien se laisser porter par la lumière du cantique final, alors « A Living Island » vous laissera sur une bonne impression. Ite missa est, enfin pas tout à fait car 3 bonus tracks supplémentaires sont proposés sur un CD séparé, que je qualifierais de dispensables : Le gentillet « Sister Sleeping Soul », un « Mystery Tour » moins magique que celui des Beatles – du moins dans son titre, un « Damage Road » plus consistant avec semble-t-il Steve Howe aux vocaux.

Dans cet album qu’il a produit, Steve Howe s’amuse beaucoup à la guitare et démontre une fois de plus la maîtrise de son arsenal musical. Geoff Downes propose un jeu de clavier plus discret que lors de son entrée dans le YES de « Drama ». Les idées musicales sont là, dans un format de morceaux assez concis. On aurait aimé une rythmique plus inventive et des harmonies plus audacieuses. Si l’esprit de YES est bien présent, on n’atteint pas ici le souffle et les innovations d’un « Fragile ». Au global même si on constate un certain manque de surprises et de ruptures dans le discours musical (à part en ce qui concerne l’excellent « Leave Well Alone »), « The Quest » se révèle très plaisant à écouter, grâce à son charme et son optimisme, et disons-le, à la qualité des musiciens.

En conclusion, premier disque prometteur pour ce nouveau supergroupe. Gageons que la quête ne fait que débuter !

Formation du groupe

Steve Howe : Guitares - Billy Sherwood : Basse - Alan White : Batterie, Percussions - Geoff Downes : Claviers - Jon Davison : Chant - Avec: Jay Schellen - Percussions supplémentaires

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