Titres
- Going Far (4:13)
- Hip Skip (8:03)
- Hittin' on 6 (6:18)
- Open Fire (6:15)
- Tony (6:50)
- Eris (3:33)
- Coming Back Home (6:06)
- Morgan's Motion (8:18)
Le 2 Juillet 1979 paraissait chez CBS, l’album ‘’The Joy Of Flying’’.
Si l’on évoque les musiciens les plus emblématiques dans l’émergence du jazz fusion à la fin des années 60, Tony Williams occupe indéniablement une place de choix. En 1963, alors âgé d’à peine 18 ans, ce batteur surdoué, ancien élève d’Alan Dawson au Berklee College et grand fan de Buddy Rich, rejoignait Miles Davis au sein de son légendaire second quintet autour de Ron Carter, Herbie Hancock et Wayne Shorter. Parallèlement à cette collaboration avec le trompettiste qui se traduisit par 15 albums sur 6 ans (Live inclus), il publia de son côté deux albums solos orientés vers un jazz d’avant-garde dans la mouvance free d’Ornette Coleman ou encore Eric Dolphy avec lequel il participa au célèbre ‘’Out To Lunch’’ (1964). En 1969, après la sortie de ’’In A Silent Way’’, dernier album avec Miles Davis, et premier pas vers le jazz électrique, il décida à son tour de se lancer dans l’exploration de ces nouveaux territoires musicaux, en créant ‘’Tony Willams Lifetime’’ avec le guitariste John McLaughlin et l’organiste Larry Young (devenu ensuite ‘’The New Lifetime’’). Ce groupe auquel Tony Williams, influencé (notamment par Jimi Hendrix), souhaitait donner une orientation plus rock, connut à la fois plusieurs changements au fil de ses six albums, et très peu de succès malgré de belles réussites comme ‘’ Believe It’’ en 1975 avec le guitariste Allan Holdsworth et le pianiste & claviériste Allan Pasqua. En Mars 1979, Tony Williams réunissait l’éphémère Trio Of Doom avec Jaco Pastorius et John McLaughlin (un unique album éponyme sortira en 2007 mêlant des titres en live et studio), et quelques mois plus tard, au cours de cette même année, était publié ‘’The Joy Of Flying’’.
Enregistré aux studios Red Gate et CBS de New York, ainsi que The Automatt à San Francisco, à l’exception de ‘’Open Fire’’ (Live à Tokyo / été 1978), ce disque a souvent été qualifié de ‘’fourre-tout’’. Tout dépend évidemment de la manière dont on l’appréhende. Nous pouvons à contrario découvrir ici une riche variété de paysages sonores et d’ambiances. En effet, à la formation d’un nouveau groupe, Tony Williams préféra inviter ici seize musiciens proches ou non de la mouvance jazz-rock, laissant également aux soins d’une partie d’entre eux, la composition des huit titres de ce répertoire. Le claviériste Jan Hammer (Mahavishnu Orchestra) en avait signé trois, dont le premier morceau‘’Going Far’’, en duo avec le batteur, et aux accents de rock californien sur lequel son solo de claviers sonnait étonnamment comme celui d’une guitare électrique. ‘’Coming Back Home’’, une autre de ses compositions, proposait un thème délicat dans une texture smooth jazz où la section rythmique Jackson/Williams portait avec agilité deux solos respectifs du guitariste George Benson puis aux claviers électriques de Jan Hammer. L’album comprenait trois magnifiques pièces de jazz funk. ‘’Hip Skip’’ (George Benson) était enrichie d’une section de cuivres réunissant Michael Brecker, David Sanborn, Ronnie Cuber, John Faddis et Barry Rogers.
‘’Hitting On Six’’ était signée par le saxophoniste Tom Scott (The L.A Express, et soliste du célèbre thème de ‘’Taxi Driver’’) utilisant ici un Lyricon (instrument à vent électronique) autour des sonorités spatiales du synthétiseur de Herbie Hancock, toujours emmenés par une puissante rythmique avec cette fois, aux côtés de Tony Williams, le non moins impressionnant Stanley Clarke. Le bassiste avait composé pour sa part, le cinquième morceau ‘’Tony’ accueillant encore Herbie Hancock aux claviers et Tom Scott où peu à peu, son fameux slapping de basse et la puissance de Tony Williams installaient un puissant groove autour d’une interaction céleste entre piano et Lyricon. Dans un tout autre univers, le batteur avait fait appel au guitariste Ronnie Montrose, du groupe éponyme de hard rock, naturellement compositeur du quatrième titre ‘’Open Fire’’, enregistré en public au Japon, un morceau aux fortes sonorités métalliques, emmené par ses imposants riffs de guitare électrique, et accueillant dans cet étonnant casting, un autre brillant musicien en la personne du claviériste Brian Auger. Citons enfin le duo entre Tony Williams et le pianiste de free jazz Cecil Taylor, auteur de la huitième plage ‘’Morgan’s Motion’’, une figure libre de huit minutes qui refermait l’album.
Formation du groupe
Tony Williams : batterie, percussions - Avec : - Jan Hammer : claviers, synthétiseur (1-2, 6-7) - Herbie Hancock : claviers, synthétiseur (3, 5) - Brian Auger : claviers, synthétiseur (4) - George Benson : guitare électrique (2, 7) - Ronnie Montrose : guitare électrique (4) - Tom Scott : Lyricon (3, 5) - Cecil Taylor : piano acoustique (8) - Ralph MacDonald : percussions (2) - Paul Jackson : basse électrique (2, 7) - Stanley Clarke : basse électrique (3, 5) - Mario Cipollina :: basse électrique (4) - David Sanborn : saxophone alto (2) - Michael Brecker : saxophone ténor (2) - Ronnie Cuber : saxophone baryton (2) - Jon Faddis : trompette (2) - Randy Brecker : trompette (2) - Barry Rogers : trombone (2)
