Au début du printemps 1978, paraissait ce joyau du supergroupe éponyme britannique UK.
Pour parvenir à un tel alignement des planètes, le chemin avait été pour le moins long et ardu. A l’issue de ses tournées aux côtés de Genesis, Bill Bruford s’était rapproché de John Wetton, son ancien partenaire de King Crimson (mis ‘en sommeil’ par Robert Fripp après la sortie de « Red« ). Après un premier projet de trio (avec Rick Wakeman) qui avorta, mettant néanmoins la composition « Thirty Years » de côté, le binôme se tourna vers le violoniste et claviériste Eddie Jobson que John Wetton avait accompagné sur une tournée de Roxy Music, et qui quitta le groupe de Frank Zappa, pensant à tort intégrer une extension de King Crimson. Pour finaliser ce supergroupe, Bill Bruford sollicita le guitariste Allan Holdsworth qui l’avait accompagné sur « Feels Good To Me« , mais encore très peu connu à cette période, et donc sous la vigilance des autres musiciens.
Le quartet UK était formé, comme l’expliquait le batteur & compositeur dans une interview, afin d’aller explorer de nouvelles sonorités au fil de deux ou trois albums. Malheureusement, les deux binômes ne s’entendant pas (Bruford et Holdsworth cherchaient une musique plus tournée vers le jazz et davantage de complexité), ce line up n’exista que le temps de cet improbable et providentiel premier opus. Pour autant, ce fut bien ce mariage entre jazz-rock et rock progressif qui fit de « UK » l’un des plus grands albums de cette fin des années 70. Ce quartet virtuose était en état de grâce, tant sur un plan mélodique qu’harmonique, avec une formidable section rythmique, le chant si particulier de John Wetton, et de grands et magiques moments instrumentaux. Dès la pièce progressive « In The Dead Of The Night« , sur un premier solo totalement improvisé (béaba du jazz…), Allan Holdsworth révélait déjà le guitariste surdoué doublé d’un musicien très inspiré.
Sur l’introduction de « Thirty Years » et davantage encore sur l’envoûtant « Alaska« , Eddie Jobson inaugurait le nouveau synthétiseur analogique Yamaha CS 80 (que Vangelis allait immortaliser par la suite). Sur un démarrage calme, le dernier morceau « Mental Medication » évoluait vers une fusion mettant en valeur claviers & violon d’Eddie Jobson portés par la lourde basse de John Wetton et la puissance mêlée à la précision et à la virtuosité technique du batteur Bill Bruford, avant de revenir paisiblement au thème initial.
« UK » ne fut remasterisé qu’en 2009 au Japon dans une édition 30ème anniversaire (Belle Antique Records). Ceci étant, l’édition originale reste de très bonne qualité.
Liste des Pistes :
1. In the Dead of Night (5:35)
2. By the Light of Day (4:28)
3. Presto Vivace and Reprise (3:06)
4. Thirty Years (8:03)
5. Alaska (4:48)
6. Time to Kill (4:53)
7. Nevermore (8:10)
8. Mental Medication (7:25)
Formation du groupe
John Wetton : chant principal et chœurs, basse - Allan Holdsworth : guitares acoustique et électrique - Eddie Jobson : violon électrique, claviers, électronique (Yamaha CS-80) - Bill Bruford : batterie et percussions