Publié au début du dernier trimestre 1975 chez Utopia & RCA, l’album ‘’Magma Live/Hhaï’’ a célébré son cinquantenaire cette année !
Il aura fallu attendre cinq ans presque jour pour jour depuis ‘’Kobaia’’ (octobre 1970), pour voir paraître un premier album de Magma en public, permettant ainsi de découvrir dans une dynamique de live cet univers comparable à nul autre. Comme ce sera d’ailleurs le cas tout au long de l’histoire du groupe, ces prestations scéniques enregistrées entre le 1er et le 5 juin 1975 à la Taverne de l’Olympia (Paris 9ème) furent jouées par un line-up renouvelé par Christian Vander après les départs, à l’exception de son fidèle et impressionnant chanteur Klaus Blasquiz, de la presque totalité des membres, dont l’emblématique bassiste & second compositeur Jannick Top parti déjà à l’automne 74 après ‘’Wurdah Ïtah’’. Autour de son charismatique leader, le nouveau collectif a su de nouveau servir et restituer dans une remarquable homogénéité, cette musique aussi hypnotique qu’addictive, le ‘Zeuhl’, un improbable patchwork de classique, jazz, contemporain, space rock et fusion.
S’agissant en l’occurrence de la tournée de ‘’Köhntarkösz’’, les deux volets réarrangés de la suite-titre condensée sous le nom de ‘’Köhntark’’, couvraient intégralement le premier des deux disques. Une fois encore, nous étions pris dans une forme d’envoûtement par cette ambiance obsessionnelle suscitée par la progression de boucles mélodiques autour de ces chants & chœurs incantatoires. Au sein d’une instrumentation ayant, entre autres, abandonné (provisoirement) les cuivres depuis ‘’ ’Mekanïk Destruktïw Kommandöh’’, il fallait souligner ici, derrière la présence de deux claviéristes, l’apport inédit de Didier Lockwood, un jeune violoniste de 19 ans. De ce musicien qui au cours des années suivantes, allait jouir de la notoriété que nous lui connaissons sur la scène jazz internationale, nous pouvons toutefois au passage, exhumer ‘’Jazz-Rock’’ par le groupe portant son nom, un album publié l’année suivante, oublié du grand nombre, et qui réunissait autour de lui, son frère Francis au piano, le claviériste Patrick Gauthier au Moog (futur membre de Magma), le bassiste Bunny Brunel (Tony Williams Lifetime, CAB) et le batteur Kirt Rust (Weidorje).
Dans la seconde partie de ‘’Köhntark’’ introduite aux claviers électriques et à la guitare en lieu et place du piano acoustique dans l’album studio, son violon donnait, comme dans l’ensemble du répertoire, une coloration nouvelle au crescendo soutenu avec frénésie par Vander, et qui assurait la séquence finale du premier disque. Pour inaugurer le second, quoi de mieux, et toujours sur de nouveaux arrangements, que le mémorable ‘’Kobaïa’’ (ici ‘’Kobah’’) morceau-titre du premier opus, qui fut le prélude à l’une des plus phénoménales aventures musicales de l’entre-deux millénaires, et au demeurant, toujours active aujourd’hui. Deux morceaux inédits (repris sur un single) ajoutaient, s’il en est encore nécessaire, à la valeur ajoutée de ce somptueux Live : ‘’Lïhns’’, une pièce à la fois atmosphérique et vaporeuse du fait de l’absence de rythmique, et ‘’Hhaï’’, un futur favori de concert que l’on retrouvera notamment encore sur ‘’Bourges 1979’’, un magnifique morceau dont le thème était d’abord porté par le chant imposant de Klaus Blaquiz, puis par la guitare électrique de Gabriel Federow au fil d’un long développement instrumental. Enfin, pour refermer le répertoire, le choix s’était naturellement porté sur une plage épique de 19 minutes revisitant l’emblématique ‘’Mekanïk Destruktïw Kommandöh’’, le mythique troisième album studio que Christian Vander a d’ailleurs toujours lui-même conseillé comme porte d’entrée idéale à l’univers de Magma.
En septembre de l’année suivante, son groupe publia ‘’Üdü Wüdü’’, sixième opus si l’on inclut ‘’Wurdah Ïtah’’ (B.O de ‘’Tristan & Iseult’’ créditée au seul nom de Christian Vander), un album comptant également les retours de Jannick Top, et sur un unique morceau, de Michel Graillier (futur sideman de Chet Baker) sachant que le pianiste & claviériste Patrick Gauthier remplaçait ici Jean Paul Asseline en tant membre officiel, un opus également marqué par le retour des cuivres avec les présences du saxophoniste Alain Hatot et du trompettiste Pierre Dutour.
Parmi les nombreuses rééditions de ce ‘’Live/Hhaï’’ remasterisé à partir de 1996 chez Charly Records/Uk), celle de Seventh Records/France de 2012 en double CD ajoutait deux titres bonus ‘’Emëhntëht-Ré’’ (préannonce) sur le premier CD, et ‘’Da Zeuhl Wortz Mëkanïk’’ sur le second (remixages par Christian Vander & Francis Linon).
Record 1 (32:00)
1. Köhntark (Part 1) (15:45)
2. Könntark (Part 2) (16:14)
Record 2 (40:12)
1. Kobah (6:23)
2. Lïhns (5:51)
3. Hhaï (8:41)
4. Mëkanïk Zaïn (19:17)
Formation du groupe
Christian Vander (Zebëhn Straïn Dë Geustaah) : batterie - Bernard Paganotti (Wurd Aëmgalaï) : basse - Klaus Blasquiz (Klötsz Zaspïaahk) : chant - Stella Vander (Tauhd Zaïa) : chant - Benoit Widemann (Kahal Negümüaaht) : claviers - Jean-Pol Asseline (Urtëjp) : claviers - Didier Lockwood (Stöhn Malawëlëkaahm) : violon - Gabriel Federow (Dos Unbrükainzoïn Gorutz) : guitare