Le 22 Janvier 2021 paraissait chez InsideOut, l’album ‘’Under A Mediterranean Sky’’.
Il représentait pour le guitariste & compositeur Steve Hackett, un retour à une formule acoustique, la première depuis ‘’Tribute’’ en 2008. Le confinement ayant stoppé la tournée ‘Genesis Revisited’, ce fut donc l’occasion pour lui, de mettre en musique des souvenirs de voyages, de sites enchanteurs, associant le contemplatif et l’imaginaire. Il avait, en partie, co-écrit ces 11 titres avec son épouse Jo, ainsi qu’avec son producteur et complice, le claviériste Roger King également à la manœuvre sur d’impressionnants arrangements orchestraux accompagnant le jeu du soliste.
‘’Mdina’’, évocation de cette ville maltaise chargée d’histoire, ouvrait l’opus, tel le premier mouvement d’un concerto pour guitare et orchestre. Roulements de tambours et cors introduisaient l’une des trois pièces les plus épiques, et sans doute la plus ambitieuse, de cet album, par un développement symphonique rappelant parfois ‘’Le Sacre du Printemps’’ de Stravinsky, au service d’un dialogue entre la section des cordes tour à tour fulminante et apaisée, et la guitare nylon aux accents hispaniques. La suite alternait des pistes jouées par Steve Hackett en solo et des pièces orchestrales comme celle précitée, mettant néanmoins toujours en valeur le jeu fluide, nuancé et très identifiable du guitariste. Parmi les pièces en solo, ’’Adriatic Blue’’ nous faisait d’abord parcourir les côtes accidentées de la Croatie au rythme de ces fameux arpèges ‘hacketttiens’ qui nous renvoyaient à ‘’Bay of Kings’’ ou même, plus loin encore, à la longue introduction de ’’Blood On The Rooftops’’ (Genesis ’’Wind And Wuthering’’ 1977). ‘’Joie De Vivre’’ célébrait la France et son art de vivre au fil d’une pièce aux forts accents folk. ‘’Lurato’, mélodie en ritournelle, faisant quelque part écho à ’’Horizons’’ (Genesis ‘’Foxtrot’’, 1972), chantait l’amour universel tel un madrigal de la renaissance italienne. Puis, à travers ’Scarlatti Sonata’’, Steve Hackett revisitait avec virtuosité un compositeur de la période baroque comme il l’avait déjà fait dans le passé pour Bach et Vivaldi.
Seconde piste majeure de l’album, portée par la magistrale orchestration de Roger King, ’’Sirocco’’ transportait l’auditeur depuis les littoraux d’Afrique du Nord aux confins des déserts de Jordanie au rythme des percussions et d’une mélodie venue d’orient, comme portée par ce célèbre vent qui traverse les étendues infinies de sable et de roches; à environ 3,27 minutes, nous pouvions presque voir poindre à l’horizon la silhouette de Lawrence D’Arabie évoluant sur la célèbre partition de Maurice Jarre. Après une mélancolique introduction au violon de Christine Townsend, ’’The Memory Of Myth’’ évoquait la Grèce antique et ses créatures mythologiques. Puis, sur une mélodie accrocheuse, aérienne et paisible associant les notes de flûte de John Hackett, ‘’La Casa Del Fauno’’ nous conviait au second siècle dans l’intimité de cette célèbre résidence de Pompeï.
Notre périple nous conduisait ensuite aux confins de la Perse et du Moyen Orient. ‘’The Dervish And The Djin’’ était assurément la pièce la plus orientale du répertoire, l’orchestre étant complété par le saxophone soprano de Robert Townsend et surtout par le duduk de l’arménien Arsen Petrosyan ainsi que par le Tar de l’azerbaïdjanais Malik Mansurov. L’intensité montait graduellement sur un rythme évoquant une caravane en mouvement. Le guitariste faisait une halte en Andalousie, et, en la circonstance, son instrument se parait des couleurs du flamenco et de la musique gitane. ‘’Andalusian Heart’’ portait l’empreinte de musiciens comme Andres Ségovia et davantage encore Rodrigo (‘’Concerto Andaluz’) dont Steve Hackett revendiquait une part de son inspiration. Cette odyssée méditerranéenne prenait fin dans le même souffle épique que la troisième et remarquable pièce hautement symphonique de cet opus, ‘’The Call Of The Sea’’, autour du ‘personnage’ central, immuable et fédérateur de l’album : la Grande Bleue, magnifiée par ces accords et arpèges de guitare, toujours nappés et enveloppés d’une somptueuse orchestration suscitant un climat propice à la méditation et au rêve.
Avant un retour imminent de l’artiste à l’électrique au sein de sa formation, Steve Hackett nous livrait ici son album le plus intime et peut-être le plus ambitieux. Ajoutons à cela que le CD était présenté sous un beau format digipack et qu’il était doté d’un livret se parcourant comme un carnet de voyage illustré et commenté.
Formation du groupe
Steve Hackett : Guitares, sitar, harmonica, chant - Avec: - Roger King : Claviers et programmation, arrangements orchestraux, coproducteur, mixage et mastering - - Jo Hackett : Chant - - Christine Townsend : Violon (5) - - John Hackett : Flûte - - Rob Townsend : Flûte (7), saxophone (8) - - Malik Mansurov : Tar 6 - Arsen Petrosyan : Duduk
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