Refugee

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(5 sur 5) / Charisma
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Rock Progressif Rock Symphonique

En Mars 1974 paraissait chez Charisma, l’album du trio Refugee.

Si depuis de nombreuses années déjà, les noms de Lee Jackson et Brian Davison se sont effacés de la mémoire collective, ces deux musiciens avaient pourtant formé l’une des meilleures sections rythmiques de la fin des années 60 aux côtés de Keith Emerson au sein de The Nice. Trois ans après sa dissolution par le légendaire pianiste & claviériste au profit d’un nouveau trio avec Greg Lake et Carl Palmer, le bassiste et le batteur espérant une suite dans un format identique, rencontrèrent un autre immense musicien pour former ce nouveau trio qui sera malheureusement très éphémère. Initialement violoniste ayant notamment été l’élève de Stéphane Grappelli (en particulier sur le travail harmonique), Patrick Moraz s’était rapidement tourné vers le piano, véritable instrument de prédilection (que pratiquait aussi Grappelli). Il se passionnait au même titre pour le jazz (John Coltrane, Bud Powell, Thelonious Monk puis Keith Jarrett), le classique (Stravinsky, Rachmaninov, Stockhausen) et le rock (The Beatles, Frank Zappa, Jimi Hendrix..). Ces influences multiples furent autant de matériaux au service de sa création musicale. Enregistré en Février 1974 aux studios Island de Londres, ’Refugee’’ fut produit par John Burns, ingénieur du son, entre autres pour Jethro Tull (‘’Benefit’’, ‘’Stand Up’’) et Genesis (‘’Foxtrot’’) dont il fut par la suite coproducteur de deux albums (‘’Selling England By The Pound’’ et ‘’The Lamb Lies Down On Broadway’’).

L’album s’ouvrait avec ‘’Papillon ’’, un magnifique instrumental qui, au travers des notes torrentielles de piano acoustique et orgue de son thème, pouvait rappeler Keith Emerson & The Nice. Sur ‘’Someday’’, une ballade aux légers accents bluesy, le piano électrique, le synthétiseur et l’orgue enveloppaient la voix légèrement graveleuse, et disons-le, très particulière du bassiste Lee Jackson.  Pour autant, ce répertoire était très majoritairement instrumental, et au fil de ses 16 minutes, la première des deux pièces épiques (et majeures) de l’album dépeignait en cinq mouvements, le célèbre site du ‘’Grand Canyon’’, à partir de sa genèse dans le calme des nappes de claviers et de discrètes notes de violon électrique à un hymne final au gigantisme et à la splendeur de cette merveille du monde, exprimés avec force dans la solennité de l’orgue Hammond et la fébrilité du batteur Brian Davidson. Cette troisième plage passait par d’éblouissantes séquences instrumentales (‘’Thème For The Canyon’, ‘’Rapids’’).

Comme la première face, la seconde, après un bref intermède et un bris de verre, était introduite par un instrumental (‘’Ritt Mickley’’), lumineux, entrainant, et dont le sémillant thème était religieusement porté par les orgues et synthétiseurs. Enfin, ‘’Credo’’, seconde longue suite d’une durée de 18 minutes et divisée en huit parties, était, comme sur ‘’Grand Canyon’’, émaillée de formidables solos, à la fois virtuoses et inspirés, de Patrick Moraz (piano classicisant, grand orgue à tuyaux, Mini Moog) dans une admirable interaction avec la section rythmique Davison/Jackson qui dépassait d’une belle longueur ce qu’on avait pu précédemment écouter avec The Nice. Le seul bémol tient sans doute au chant de Lee Jackson qui en revanche, n’avait absolument rien à envier à Greg Lake en tant que brillant bassiste.

Refugee’’ restera, et c’est bien dommage, l’unique album studio de ce trio, et à la suite duquel seul un album live (Newcastle, 1974) sera encore publié en 2014. En effet, Patrick Moraz rejoignait en novembre de la même année 1974, le groupe Yes (en remplacement de Rick Wakeman) pour ‘’Relayer’’, contribuant fortement à un chef d’œuvre s’ajoutant à leur série de sept albums (y compris ‘’Yessongs’’) démarrée en 1969. Quittant Yes avant ‘’Going For The One’’, il poursuivit un parcours particulièrement chargé qui mêlait une discographie solo (inaugurée par le très bon ‘’Story Of I‘’ 1976) et de nombreuses musiques de films, des collaborations avec Steve Howe, Chris Squire,…et surtout sans oublier Bill Bruford avec ‘’Flags’’ (1983) et précédemment le très recommandable ‘’Music For Piano And Drums’’ en 1981, année au cours de laquelle il rejoignait les Moody Blues pour cinq albums sur la décennie 1981-1991.

Formation du groupe

Lee Jackson : chant, basse, guitare, guitare acoustique 12 cordes, violoncelle électrique - Patrick Moraz : piano et piano électrique, orgue, synthétiseurs AKS et Moog, Mellotron, clavinet, marimba, cor des Alpes, chant - Brian Davison : batterie, gong, percussions africaines, cloches tibétaines, kabassa, timbales

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