Starcastle

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(5 sur 5) / Epic
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Rock Progressif Rock Symphonique

Publié en 1976 chez Epic, l’album ‘’Starcastle’’ célèbre cette année son cinquantenaire !

Plus encore que Happy The Man avec Genesis et de la même manière que Klaatu avec les Beatles, Starcastle souffrit d’une incoercible comparaison avec Yes dont ils furent rondement qualifiés d’ersatz. Il est d’ailleurs étonnant d’imaginer que ce groupe ne s’inscrivait pas parmi la liste britannique des formations ‘‘yessiennes’’ des 70s (England, Druid, …) mais nous venait du Midwest des Etats Unis. Si comme les groupes précités (et bien d’autres…), ils passèrent complètement sous les radars, à l’ombre des Kansas et autres Styx, Starcastle compta pour autant parmi ces brillantes formations malheureusement connues à la marge par un public très restreint. Autour du chanteur Terry Luttrell déjà célèbre en tant que membre fondateur (puis éconduit) de Reo Speedwagon (groupe originaire comme Starcastle, de Champaign dans l’Illinois), le sextette comptait quelques musiciens émérites : le bassiste et choriste Gary Strater qui par son implication et son remarquable jeu sur une Rickenbacker, pouvait à plusieurs titres, être comparé (toutes proportions gardées) à Chris Squire, ainsi que le brillant claviériste et arrangeur Herb Schildt, un grand fan de Rick Wakeman. La formation comptait en outre, deux guitaristes, Matthew Stewart (électrique, slide) et Stephen Hagler (électrique, acoustique 12 Cordes), ainsi qu’un batteur chevronné, Steve Tassler qui avait remplacé Michael Castlehorn décédé à la suite d’un accident de voiture.

Starcastle signa en 1974 avec le label Epic après que le groupe eût été remarqué par le manager d’Aerosmith. Rappelons toutefois que depuis leur formation en 1972 (faisant suite à St James, groupe de reprises, puis Pegasus créés en 1969), plus de trois ans d’écriture et de travail assidu en salles de répétitions, leur avaient permis de créer un parfait collectif, ce qui fut sans doute une autre clé de réussite de ce premier opus sans titre paru au cours du premier trimestre 76. En une période de hiatus pour Yes et le label Atlantic (entre ‘’Relayer’’ et ‘’Going For The One’’), Epic publia cet album présentant un rock progressiste symphonique que ne démentait pas le style de la pochette (illustrée ici par Alex Ebel), une musique parfois teintée de folk ou de bluegrass autour du chant de leur frontman Terry Luttrell au timbre de voix assez proche de Jon Anderson, et magnifié par les chœurs formés par quatre membres du groupe.

L’inspirante première plage ‘’Lady Of The Lake’’, la plus longue du disque, ses lumineuses combinaisons instrumentales entrelaçant claviers et guitares électriques, ses ruptures entre séquences vaporeuses et passages énergiques soutenus par la paire Tassler/Strater, nous renvoyaient à l’évidence au groupe de Jon Anderson, mais ici, les mélanges de textures et les arrangements étaient toutefois plus édulcorés.  Le groupe se distinguait tout aussi clairement de Yes, sur le plan des arrangements harmoniques, d’une part à travers ces belles interactions entre les deux guitares électriques qui les rapprochaient davantage d’un Wishbone Ash, ou dans un registre différent, de Thin Lizzy, et sur plusieurs morceaux, de subtiles harmonies vocales évoquant davantage Crosby, Stills, Nash & Young (le groupe comptait, rappelons-le, cinq véritables chanteurs). Avec ‘’Elliptical Seasons’’ dont l’introduction acoustique à la 12-cordes, rappelait celle d’’And You And I’’, puis le tout aussi accrocheur ‘’Forces’’, la première face offrait sans la moindre longueur, les plus beaux moments de l’album. La seconde contenait deux courts instrumentaux (‘’Stargate’’ & ‘’Nova’’) et la pièce la plus heavy du répertoire (‘’To The Fire Wind’’) autour de l’orgue Hammond et de ses guitares incisives, fortement soutenues par la lourde basse de Gary Strater. On épinglera tout particulièrement ici la cinquième plage « Sunfield’’ enluminée tout particulièrement par le claviériste Herb Schildt (Moog, orgue) et mettant en exergue le jeu du batteur, et une fois de plus, celui du bassiste.

L’année suivante, toujours chez Epic, deux albums complétèrent cette première trilogie classique du groupe, cette fois sous l’égide de Roy Thomas Baker (producteur de Queen, et, entre autres, du célèbre ‘’Fire And Water’’ de Free, et ‘’Hall Of The Mountain Grill’’ par Hawkwind). Sur le second album ‘’Fountains Of Light’’, peut-être plus abouti que le premier, et s’affranchissant davantage des influences de Yes, d’autres titres resteront tout aussi inoubliables, notamment les morceaux ouvrant les deux faces du disque, ‘’Fountains’’ et surtout ‘’True To The Light’’.  Présenté une nouvelle fois sous une somptueuse pochette, ‘’Citadel’’, troisième opus et troisième réussite du groupe, marquait déjà par certains morceaux, la transition vers un registre plus commercial, entre pop et AOR, qu’allait confirmer le moins convaincant ‘’Real To Reel’’ en 1978.  Séparé au cours de la décennie suivante, le groupe se reformera ponctuellement par la suite, et notamment pour leur quatrième et ultime album ‘’Song Of Times’’ (2007), clairement plus intéressant que le précédent, et majoritairement enregistré peu avant la disparition de Gary Strater en 2004 des suites d’un cancer à l’âge de 51 ans.

‘’Starcastle’’ fut remasterisé pour l’Europe partir de 2010 (Rock Candy/UK). La réédition japonaise de septembre 2021 en format papersleeve, incluait un bonus (‘’Lady Of The Lake’’ en version ‘radio edit’).

Formation du groupe

Terry Luttrell : chant principal - Matthew Stewart : guitares, chant - Stephen Hagler : guitares, chant - Herb Schildt : synthétiseur, orgue, piano - Gary Strater : basse, pédales Moog, chant - Stephen Tassler : batterie et percussions, chant

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