A Trace Of Memory

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(4.1 sur 5) / Bad Elephant Music
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Rock Progressif

Groupe anglais d’Oxford plutôt atypique, Sanguine Hum sort son cinquième album en 10 ans, sous le label Bad Elephant Music – BEM pour les intimes – guère moins atypique. J’ai découvert assez récemment les productions de ce label indépendant, et je dois dire que j’ai été conquis par nombre de groupes qui effectivement m’ont largement fait sortir des sentiers battus. Sanguine Hum découle d’un groupe plus ancien, Antique Seeking Nuns, plutôt orienté Canterbury.

Après l’excellent « Now We Have The Power » de 2018, leur premier album chez BEM, je découvre avec envie le tout dernier « A Trace Of Memory ». Je dois dire que j’avais particulièrement apprécié le son fait d’un progressif nimbé de jazz / Canterbury, de belles mélodies, passages électro … d’ailleurs le groupe se qualifie lui-même de post-rock / post-prog. Musique atypique comme je le disais.

Le court « New Light » lance l’album en mode musique répétitive américaine, mais sur 3 minutes seulement. Les 13 minutes de « The Yellow Ship » démarrent sur une jolie mélodie accompagnée à la guitare et un fort beau refrain, ma foi. Voilà pour les 4 premières minutes. Après on repart en mode musique répétitive avec un thème lancinant et hypnotique, un peu à la No-Man. On y entend notamment une gamme par tons descendante à la guitare (un peu avant 6’). On ne cherche pas ici à complaire à l’oreille.

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« Pyramids » nous ramène au chant, et polyrythmie et polytonalité sont au RDV. La dernière partie instrumentale est particulièrement réussie avec son thème de basse superbement harmonisé. Du coup j’en aurais bien pris quelles minutes de plus … Après une brève intro rappelant la premier piste, « Thin Air » adopte un ton plutôt léger, sinon aérien, bien rythmé à la batterie. Simple et beau ! Ton plus inquiétant (ligne de basse) pour « Unstable Ground » et ses étonnants motifs de 4 ou 3 notes rapides à la guitare qui donnent un sacré balancement à la musique. « Still At The Sea » renoue avec un chant lumineux, toujours sur fond de musique répétitive, au piano cette fois.

Autre morceau de bravoure de l’album, « Automaton » clôt l’aventure dans une débauche instrumentale de près de 9’. Les recettes appliquées précédemment – polytonalité et polyrythmie -(dont des passages à 5 temps, entre autres) sont réaffirmées pour peupler un étrange paysage musical, mais qui me laisse un peu sur ma faim.

La bande à Joff Winks se réclame d’influences telles que Tortoise ou Zappa … Vous savez donc à quoi vous attendre ! De mon côté, je suis assez fan des musiques minimalistes à la John Adams ou Steve Reich avec ce côté répétitif hypnotique qui vous plonge dans un état d’écoute très particulier. Sanguine Hum sait toutefois parsemer sa musique de belles respirations mélodiques, de modulations harmoniques et d’une vraie inventivité rythmique, sans s’éterniser dans de longues démonstrations musicales. Bref, un joli mix prog, space / ambient rock, Canterbury délicatement élaboré et tout à fait accessible. Well done!

Formation du groupe

Joff Winks / guitare, chant, piano (3), arrangements des cordes (2) - Matt Baber / claviers, synthés, batterie (4), enregistrements sur le terrain - Brad Waissman / basse, Chapman Stick, basse électrique Avec: - Paul Mallyon / batterie (2,5-7) - Andrew Booker / percussions électroniques (1), batterie (3)

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