Titres
- Hors D'Oeuvres (8:37)
- The Same Old Rock (12:24)
- One Man Rock And Roll (7:23)
- Me And My Woman (13:01
En Mai 1971, Roy Harper publiait chez Harvest l’album ‘’Stormcock’’.
Une histoire hors du commun avait façonné ce musicien sans concession ni compromis, originaire de la région de Manchester. Ce fut d’abord son contexte familial très religieux qui, à l’instar d’une belle-mère témoin de Jéhovah, inspira à Roy Harper, un rejet total des questions religieuses. Puis s’ajoutèrent les formes d’autorité, quelles qu’elles soient, qui le rebutaient, alors qu’à l’âge de 15 ans, pour échapper à cet environnement, il s’était étonnamment engagé dans la Royal Air Force. Libéré de l’armée en simulant des troubles mentaux, il traversa sa période sans doute la plus sombre entre les mains de psychiatres qui dans des centres spécialisés, pratiquaient les tristement célèbres méthodes de ‘’traitement’’ choc de l’époque.
Tout ce vécu fut tout naturellement la genèse de son fort engagement à travers une écriture mêlant à la poésie qu’il pratiquait depuis l’adolescence, des textes fortement réactionnaires et pour le moins signifiants. Chanteur, compositeur et guitariste autodidacte, il se produisit dans les clubs londoniens, à l’ombre de John Renbourn, Bert Jansch et John Martyn, entre autres, qui brillaient sur la scène folk britannique de la période, avant de publier fin 1966/début 1967, son premier opus ‘’Sophisticated Beggar’’ accueillant John Renbourn, Bert Jansch et Ritchie Blackmore. Il y dévoilait l’originalité de son jeu de guitare acoustique fluide, affuté et intense, ainsi qu’une signature vocale que le groupe Pink Floyd, notamment, allait solliciter plus tard pour le célèbre titre ‘’Have A Cigar’’ (Wish You Were Here 1975). Dès les deux albums qui suivirent, il révéla un bouleversement dans les codes et la structure traditionnelle de la chanson folk (registre dans lequel il a toujours curieusement nié son appartenance) par une certaine complexité et la durée de certains morceaux (‘’Come Out Fighting Ghengis Smith’’ et surtout les 18 minutes de ‘’McGoohan’s Blues’’).
Au fil de ses enregistrements aux studios EMI/Abbey Road pendant le second semestre 1970, pas moins de cinq ingénieurs du son (dont Alan Parsons) collaborèrent à ‘’Stormcock’’, un cinquième album qui proposait quatre plages allant de sept à treize minutes, stigmatisant tour à tour la radicalité politique et judiciaire, les guerres, le dogmatisme religieux, ainsi qu’un ensemble de menaces pesant sur l’humanité, n’épargnant pas non plus l’univers du disque et les critiques. Le bien nommé ‘’Hors d’œuvre’’ ouvrait ce répertoire dans la plus belle tradition d’un Bob Dylan ou autre Donovan, ajoutant l’émotion d’un Nick Drake autour du chant et de la guitare acoustique occupant tout l’espace. ‘’The Same Old Rock’’ était l’une des deux pièces majeures où la 12 cordes de Roy Harper était rejointe par la guitare acoustique de Jimmy Page qui livrait ici un poignant solo sur la dernière partie. Après un ‘’One Man Rock’n’roll’’ apportant sa belle note blues, l’album sur refermait sur les 13 minutes de ‘’Me And My Woman’’, l’un des deux joyaux du répertoire, où se joignaient au chant, chœurs et arpèges de guitare de Roy Harper, une orchestration de cordes finement arrangée par David Bedford.
Après cet album qui a toujours suscité une grande ferveur dans le public du musicien, il paraît difficile, dans une discographie relativement conséquente, de formuler des préférences, mais nous pouvons néanmoins citer les deux suivants ‘’Lifemask’’ (1973) et ‘’HQ’’ (1975), ainsi que ‘’The Unknow Soldier’’ (avec entre autres, Kate Bush, David Gilmour, le pianiste Don Grolnick et le bassiste Will Lee) sans oublier le dernier en date ‘’Man & Myth’’ publié en 2013 avec la participation cette fois, de Pete Townsend sur un titre. Le contraste est étonnant entre un musicien qui n’aura jamais accédé à la grande célébrité et l’incontestable influence qu’il aura exercée sur ses pairs, de Chris Spedding à Ian Anderson en passant par Jimmy Page.
Déjà magnifiquement produit à l’origine, ‘’Stormcock’’ fut réédité en 2007 (Science Friction/UK) dans une version digipack ouvrant sur une vingtaine de pages, mais sans plage bonus supplémentaire.
Formation du groupe
Roy Harper : chant, guitares 6 et 12 cordes (2), Moog (1), piano (3), coproducteur Avec : David Bedford : Hammond (1), arrangements orchestraux (4) - Jimmy Page : guitare solo (2)
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