Titres
- Let There Be More Light (5:38)
- Remember a Day (4:33)
- Set the Controls for the Heart of the Sun (5:28)
- Corporal Clegg (4:12)
- A Saucerful of Secrets (11:57)
- See-Saw (4:36)
- Jugband Blues
Le 28 Juin 1968 paraissait chez Columbia ‘’A Saucerful Of Secrets’’ par Pink Floyd.
Tout a évidemment été plus que dit, redit et largement écrit sur ce groupe créé vers le milieu des années 60 par deux anciens étudiants de Cambridge, et dont l’origine du nom provenait non pas de l’échassier rose, mais de la combinaison de deux noms, Pink Anderson & Floyd Council. Ces deux bluesmen américains suscitaient en effet l’admiration de celui qui en fut le leader iconique et éphémère, principal artisan de ‘’The Piper At The Gates Of Dawn’’ paru le 5 Août 1967, un premier album kaléidoscopique comme sa pochette, et qui reste l’un des joyaux de l’ère psychédélique. Malheureusement sous l’emprise du LSD et autres drogues, le chanteur, guitariste, auteur et compositeur Syd Barrett perdait pied avec la réalité, devenant ingérable et assumant de moins en moins son rôle. La tension fut à son comble lors d’une tournée américaine qui tourna court, notamment suite à l’émission TV ‘’American Bandstand’’ (pour la présentation du single ‘’Apples And Oranges’’) le 4 Novembre 1967, puis, le soir même, au concert du Fillmore Auditorium de San Francisco lors duquel Rick Wright évoquait Syd Barret s’acharnant avec violence sur sa guitare pour finalement en arracher les cordes. Peu de temps après, en Décembre, le chanteur et guitariste David Gilmour, ami d’enfance de Barrett fut appelé en tant que cinquième membre à titre d’appui. Il ne participa qu’à la composition collective du morceau-titre du second album. A sa sortie, Syd Barrett ne faisait déjà plus partie du groupe, officiellement exclu depuis Mars 1968.
‘’A Saucerful Of secrets’’ enregistré comme le précédent aux studios EMI/Abbey Road de Londres (de Juin 1967 à Mai 1968) fut encore produit par Norman Smith, également producteur des Pretty Things, et ayant collaboré avec George Martin et les Beatles. Généralement qualifié à juste titre d’’album de transition’, il ne vit la participation de Syd Barrett que sur trois morceaux dont le dernier et très émouvant ‘’Jugband Blues’’, son unique composition sur ce disque. II avait en effet, proposé également ‘’Vegetable Men’’ et ‘’ Scream Thy Last Scream’’, deux titres refusés précédemment en single par la Maison de disques qui n’y voyait aucun potentiel commercial. Celle-ci ne cachait pas en outre, son inquiétude quant au devenir d’un groupe s’étant séparé de celui qui en était la pierre angulaire, et à la croisée des chemins, à l’instar de cet album de la dernière chance (d’ailleurs souvent surnommé ‘’S.O.S’’). Sous sa pochette, première d’une série de quatre qu’allaient illustrer les graphistes de Hipgnosis pour eux, cet album reste sans doute l’un des plus sous-estimés de Pink Floyd. En l’absence de titre(s) vraiment fort(s) (le single »Let There Be More Light »(Waters) ne parut qu’aux Etats Unis et au Japon), il révélait pourtant, grâce à deux compositeurs émérites, quelques morceaux de choix. Richard Wright avait signé ‘’Remember A Day ’’ au cours des sessions du premier album, et surtout ‘’See-Saw’’ auquel les ruptures et changements, les nappes de mellotron et des arrangements vocaux conféraient déjà une certaine dimension progressiste.
Roger Waters avait, quant à lui, composé trois des plages de ce répertoire dont ‘’Set The Controls For The Heart Of The Sun’’ (unique morceau réunissant les 5 musiciens), un classique de concert, qui installait un climat vaporeux et envoûtant induit par la basse, un orgue Farfisa, quelques notes de vibraphone et des vocaux assimilés à des murmures, que portait une obsédante rythmique aux accents orientaux. Ce pont entre un psychédélisme encore bien présent, et les prémices d’un rock spatial, véritable sésame de la grande aventure floydienne sur la décennie qui suivit, était parfaitement illustré par les douze minutes du morceau-titre, une pièce instrumentale, plus structurée, et coécrite par un quartet qui allait devenir légende. Cette phrase de David Gilmour recueillie par un interviewer, en donnait d’ailleurs le résumé le plus simple et le plus clair : ‘’Alors que notre groupe cherchait une direction, ‘A Saucerful Of Secrets‘, mélange désopilant d’effets sonores, de chœurs vocaux et de mellotron, fut la première de trois étapes, suivie de ‘Atom Heart Mother’ puis de ‘Echoes’ qui allaient logiquement nous conduire vers ’The Dark Side Of The Moon’ ».
Formation du groupe
Syd Barrett : guitare acoustique et slide (2), guitare (3,7), chant (7) - David Gilmour : guitare et kazoo (1,3-6), chant (1,4), voix (5) - Richard Wright : orgue, piano, Mellotron, vibraphone, xylophone, tin whistle (7), chant (2,6), voix (1,4), voix (5) - Roger Waters : basse, percussions, chant (3), voix (1) - Nick Mason : batterie, percussions, chant (4), kazoo (7) - Avec : Norman Smith : batterie et chœurs (2), voix (4), producteur - Stanley Myers Orchestra : cuivres (4) - International Staff Band (Armée du Salut) : fanfare (7)
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