The Princess Of The Allen Keys (The History Of Manto)

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(4.6 sur 5) / Videoradio
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Rock Progressif

Noisy Diners c’est un nouveau groupe italien, uniquement composé d’italiens, dont Cristiano Roversi, le musicien de Moongarden et de Submarine Silence. Comme tout le monde le sait, à toute règle il y a toujours des exceptions, Nad Sylvan, connu entres autres pour son travail avec Steve Hackett participe à l’aventure de ce concept-album intitulé « The Princess Of The Allen Keys (The History Of Manto»), ou quand des italiens s’intéressent à la mythologie grecque ! Manto se trouve être la troisième fille de Tirésias, devin aveugle de Thèbes (en Grèce), dont elle a hérité des dons divinatoires. Selon Virgile, après s’être réfugiée en Italie à la mort de son père, elle aurait donné son nom à la ville de Mantova (Mantoue), et c’est donc là que l’affaire devient italienne ! Tout cela confirme une fois de plus la célèbre formule « Nul n’est prophète en son pays », théorisée en son temps par les évangélistes Matthieu et Luc, qui n’étaient ni grecs ni italiens. Voilà pour la version courte, pour la version longue, écoutons plutôt l’album !

Une superbe pochette d’album, une belle histoire à mettre en musique, un groupe italien … A priori tout est là pour un grand moment musical. Une première écoute le confirme largement : prog symphonique ample et lyrique à souhait (italien quoi), des tournures qui évoquent Genesis, Submarine Silence, entre autres. Une sorte de prog rock opéra de haute volée !

C’est « Tiresias » en personne qui ouvre l’aventure avec un morceau puissant : l’attaque des Epigones oblige le devin et Manto à quitter la ville. Tous les codes du prog symphonique sont là. On démarre sur un passage lent et orchestral, Tiresias nous parle … Claviers et guitares épiques prennent le relai avant un tendre passage alla Trespass. A la fin de celui-ci apparaît enfin Manto, incarnée par la très belle voix de Donata Luani. On termine dans un certain tumulte. On imagine que Tiresias est mort et Manto doit partir …

« Manto And Tibrys », ou la rencontre de Manto avec Tybris. Ce dernier selon certaines interprétations donnera plus tard son nom au Tibre, fleuve initialement connu sous le nom d’Albula. De cette union Manto aura un fils, Ocno, et leur voyage les amènera à Mantoue. A peine moins développée que la première piste, cette seconde épopée démarre dans un lyrisme puissant (en mode majeur), avant de laisser place un passage plus chaotique avec voix masculine parlée (Tybris ?) sur fond de sax débridé. Manto reprend la parole avant un moment d’intense poésie, pastoral à souhait. La conclusion repart sur des bases plus musclées. Du RPI dans le texte ! La légende officielle s’achève, et maintenant place à la fiction.

Virgile, interprété par Nad Sylvan, fait son apparition. « Duel Part 1 » repart dans une ambiance sonore pure RPI, avec forces claviers et flûtes tarabiscotés. Après tout il s’agit d’un duel entre Manto et Virgile. Pourtant à la toute fin on enchaine brutalement sur un passage totalement apaisé, ce qui restera le cas de « Duel Part 2 » et sa très belle intro à la guitare acoustique accompagnant le chant calme de Virgile. La musique évolue principalement dans les tons majeurs, dans un registre assez genesien. Les sonorités d’orgue et de guitare de « The Bad Boat » rappelleront également un certain « Nursery Cryme ». On y entend les paroles de Charon, le bateau doit naviguer sur un des fleuves des Enfers… Sans être joyeuse, la musique n’est en rien sombre et elle va même s’éclaircir dans « The Weak Fog » pour en faire un brouillard plutôt lumineux dans lequel Manto et Virgile poursuivent leur duo. Une fort belle ballade sur fond de guitare acoustique et piano. La fin est particulièrement grandiose et positive ! Un beau moment. Alors qu’on aurait pu penser l’album se terminer sur ce lumineux passage en sol majeur, le decrescendo nous amène sur une musique désincarnée qui lance l’ultime « The Princess Of The Allen Keys ». Et puis sur un rythme aux accents joliment irréguliers, la basse lance un passage d’une grande intensité avec orgue et les voix des protagonistes. A noter d’ailleurs l’apparition de Beatrice Cotifava dans le rôle de la Princesse. Un passage plus pastoral vient rompre la dynamique, puis va s’intensifiant jusqu’au final absolument grandiose avec ses harmonies larges pilonnées par les étonnants riffs de sax de Mauro Negri. Cette fois c’est sûr, c’est fini !

Aux musiciens déjà cités il convient de mentionner les autres participants à ce diner bruyant : Davide Jori, Erik Montanari, Ezio Secomandi, Fabrizio Dossena, Mirco Tagliasacchi, Antonio De Sarno et quelques invités (Aran Bertetto, Stefano Boccafoglia) qui mettent leur talent, qui d’instrumentiste, qui de chanteur ou de narrateur, au service de ce véritable opéra prog, composé par le trio Dossena, Jori, Roversi. Si vous aimez le prog symphonique à la sauce italienne, payez-vous cet excellent diner !

Formation du groupe

Donata Luani : chant / Manto (2-7) - Davide Jori : guitares lead - Erik Montanari : guitares électriques et acoustiques - Ezio Secomandi : batterie - Cristiano Roversi (Moongarden, Submarine Silence) : claviers, bâton, guitares supplémentaires - Fabrizio Dossena : Guitares acoustiques 12 cordes - Mirco Tagliasacchi : basse - Antonio De Sarno : narrateur - Avec : Nad Sylvan (Steve Hackett, Agents of Mercy, Unifaun) : chant / Virgilio (3-7) - Stefano Boccafoglia : chant / Tiresias (1) - Beatrice Cotifava : chant / la princesse des clés Allen (7) - Mauro Negri : sax - Aran Bertetto : narrateur / Charont (5)

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