Invisible

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(4.8 sur 5) / English Electric Recordings
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Rock Progressif

Attention !!! Nick D’Virgilio, déboule dans nos colonnes pour la présentation du deuxième album solo de sa carrière. Je zappe volontairement l’EP sortie entre les deux, pour avoir été trop confidentiel. Michel Fugain (j’en profite pour lui rendre hommage par la même occasion) dans une autre époque, nous lançait le fameux Big Bazar et il y avait du monde sur scènes. Quel rapport avec NDV ? Et bien quand vous listerez en bas de cette chronique tout le petit monde qui gravite autour de l’artiste pour donner vie à « Invisible » vous comprendrez l’allusion. Nick n’a pas fait dans la dentelle et le panel d’artiste en « guest » est tout simplement grandiose. Cette overdose de talent permet d’avoir une bien belle galette regorgeant de sonorités, de styles et pléthores de nuances que je vais vous narrer par la suite. Invisible est donc un concept album sur l’invisibilité au sens imagé du terme.

« Prélude », un titre dépouillé au possible avec une orchestration riche et mélancolique, digne d’une bande son de film, nous permet de rentrer de plain-pied dans l’album. « Invisible» enchaine ensuite avec une voix suave à souhait, la rondeur d’une Basse Fretless, une guitare acoustique, et des violons orchestrés pour amplifier l’ensemble, on tombe instantanément sous le charme de cette balade. Le titre suivant, « Turn Your Life Around » est de suite plus vigoureux avec une introduction instrumentale d’un peu plus de deux minutes, où du progressif s’intercale avec une petite touche Jazzy. Le refrain m’interpelle en sonnant très Kansas.

Avec «I’m Gone», l’arrivée du clavier sur un rythme funk m’a replonger dans un Herbie Hancock, période « rockit ». C’est dingue les tours que peut nous jouer notre cerveau. Passé cette fulgurance neuronale, le titre est riche et une foultitude de détails instrumentaux souligne la délicieuse voix de NDV. De la soul profonde avec une âme, on la rencontre avec « Money (That’s What I Want) », gros travail des chœurs pour un titre qui vous chavire comme un rien. On alterne avec un moment calme, « Waiting for No One » est un écrin de douceur porté par la voix émotive de Nick.

Tout le contraire avec « Snake Oil Salesman » qui est une composition en surdose vitaminée, de la guitare bien appuyée pour un rock sauvage. L’arpège piano s’entremêle avec des effets guitares et voilà une belle ouverture pour « Where’s the Passion? », le reste, est comme l’indique le titre, c’est de la passion jusqu’au bout des ongles, on prend de la hauteur avec l’orchestration qui étoffe encore plus cette composition magnifique, le final où viennent se greffer les soli guitares finissent de vous achever. Allez, on embarque dans un métro avec « Mercy », une rame qui file à toute vitesse pour nous offrir 7 minutes haletantes avec un mélange de genres où se côtoient de la soul, du rock, du progressif et tout ça pour le même prix. Revenons dans des contrées plus reposantes, où « Overcome » coule formidablement bien dans cet environnement, malgré cette guitare saturée qui vomit ses tripes dans des riffs rageurs… Passé l’ouragan, c’est l’accalmie qui est de mise, l’on retrouve une sagesse où des nuances pop nous font visite pour le plus grand bonheur de nos tympans. Le remarquable, « In My Bones » rompt légèrement l’atmosphère, exhibant une belle palette d’un rock nerveux teinté d’incursions jazzy.

Vient ensuite, « Wrong Place Wrong Time ». Comment vous dire, voilà une composition dans un style inclassable, tout se mélange avec bon goût, il est impossible de lui donner un style particulier. Après tout, est il important de rentrer avec précision dans un moule, je suis tenté de dire non, et ce genre de titre est un magnifique exemple. D’ailleurs, « Not My Time to Say Goodbye » se place dans cette même veine. Rythmiquement le tempo est pile dans mon Rythme biologique, et c’est sans doute la raison pour laquelle ce titre fait en sorte qu’instinctivement je dodeline benoitement la tête de gauche à droite. (N.D.L.R. certainement une arthrose cervicale à traiter rapidement)

Tout album à une fin, et « I Know the Way » met un point final plutôt guilleret à cet excellent opus. Ce n’est pas, pour ma part, le plus abouti, avec ses petites connotations à la Billy Joel, mais c’est joyeux, et que demande le peuple ? Le titre parle de lui-même, soyons vivant !

En conclusion, NDV est non seulement un musicien/compositeur de premier plan avec une voix qui peut vous faire chavirer comme un rien. NDV c’est en gros du concentré de nectar progressif, avec un investissement hors du commun pour cet album. Beaucoup d’amour et de passion pour construire le bébé. Tiens, tant que j’y suis, je vous offre une petite confidence, c’est gratuit profitez-en. Si vous tendez un rien l’oreille sur l’album, vous allez vous rendre compte que chaque piste est jouée avec une sonorité de batterie différente.

En prime, vous rajoutez la participation de VIP (Vraiment Incroyables Potes) musiciens d’un niveau incroyable, issus d’un univers multi-genres, vous enfermez tout ce petit monde dans THE Studio Abbey Road pour bien s’imprégner de son histoire. On obtient alors un résultat surprenant, où l’on surfe sur les styles, sans faire de chichis, avec une aisance déconcertante, certes, facilité par son riche patrimoine rempli de multiples collaborations avec tellement d’artistes que vous arriverez à la même conclusion que moi. Vous aurez une grosse impression, il ne triche pas pour arriver à ses fins… Bref, vous avez, tout simplement, un petit Bijou à vous mettre entre les oreilles. Les amateurs de Spock’s Beard et Big Big train ne seront pas déçus !

Formation du groupe

- Nick D'Virgilio (Big Big Train, Spock's Beard, Genesis) : Batterie et chant (toutes pistes), piano électrique sur 2; boucles sur 4, 5, 8, 9; synthé basse sur 4, 9; guitares électriques et rythmiques sur 9, touches sur 9, 12; percussion sur 12, basse sur 12, 13; guitare électrique sur 12, guitare acoustique sur 14. ------------ Invités : Carl Verheyen / Guitares acoustiques et électriques sur 2, 6 - Randy McStine / Guitares électriques sur 3, 8, 13; guitare électrique solo sur 9, 12 - Jordan Rudess / Piano & synthés sur 8 - Phil Naish / Claviers sur 4, 5, 13 - Ed Goldfarb / Synthé sur 7 - Jem Godfrey / Synthé solo sur 3, 9 - Jacob Dupree / Piano sur 6; touches sur 10, 11, 13 - Michael Omartian / Piano sur 14 - Jonas Reingold / Basse fretless sur 2; basse sur 3, 5, 8, 10 - Dave Martin / Basse sur 4, 11 - Tony Levin / Basse sur 7; Chapman stick sur 9; basse Fretless sur 9 - Tom Hemby / Funky guitare électrique sur 4 - Don Carr / Guitares électriques sur 4, 10, 14; ambiance guitare électrique sur 5 - Stan Cotey / Guitare électrique sur 7 - Paul Gilbert / Solo de guitare électrique sur 10 - Rick Nielsen / Solo de guitare sur 11 - Tom Hermby / Guitares électriques sur 14 - Mark Douthit, Sam Levine, Doug Moffet / Saxophone sur 11 - Kat Bowser, Beth Cohen, Nathan Heironimus, Sophia D'Virgilio, Jason Eskridge / Chœurs - Cordes / Orchestre au Studio Abbey Road sur 2, 6, 8, 10, 13

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