The Tyler Durden Project

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(4.4 sur 5) / Autoproduction
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Rock Progressif

Tant qu’à faire un jeu de mot un peu facile, autant y aller bille en tête pour ne plus y revenir. Et non, ça n’en est pas un, Mirage est de retour !(*) Trois albums entre 2001 et 2007, excellents au demeurant, et plus rien … Créé en en 1997 par la famille Forner (Agnès, Cyrille, Stephan), Philippe Duplessy et Joël Mondon, le groupe délivre des albums d’une fort belle musicalité, d’influence Camélienne. J’ai encore dans les oreilles les délicieuses harmonies jazz-rock, notamment des albums « A Secret Place » et « Tales From The Green Sofa ». Voilà donc le nouveau Mirage avec, autour des vétérans Stephan Forner (guitares, vocaux) et Joël Mondon (batterie), les nouveaux Cédric Lechevrel (basse) et Phillipe Sorel (claviers).

Ce 4eme album tire son nom du personnage principal du roman de Chuck Palahniuk, romancier américain et auteur de Fight Club, paru en 1996 et adapté quelques années plus tard au cinéma par David Fincher (avec Brad Pitt dans le rôle de Tyler Durden). Après une première écoute je retrouve la qualité musicale des albums précédents, mais dans des tonalités plus sombres et moins jazz-rock. Il faut dire que le propos littéraire sur lequel s’appuie l’album est franchement dystopique.

On débute par la plus longue piste : avec un peu plus de 11’, « Real Pain » présente très bien le style du Mirage nouveau. Une intro instrumentale puissante et sombre, un peu adoucie à l’arrivée des vocaux. On enchaine sur un milieu de piste plus acoustique, avant une reprise des éléments d’intro. « How Can You Know », à peine plus court que son prédécesseur, débute en mode hard rock des années 70, mais avec des rythmes ternaires qui donne à la musique une tournure plus dynamique sinon enjouée. Tout en délicatesse acoustique et ambiance blues, « A Nice Guy Part 1 » vient à point nommé rompre la tension des 20 premières minutes, avec une excellente guitare acoustique.

On enchaine sur un « Fair Warming » d’inspiration très blues, puis un court « Slide » qui l’est tout autant avec son mid-tempo nonchalant. Nouvel intermède assez court et instrumental pour la deuxième partie de « A Nice Guy » avec une petite touche d’orgue assez jazz-rock au milieu.

« Project Mayhem Part 1 » démarre par un thème grandiose à la Kansas, avant de lancer les vocaux sur un rythme plus rapide. Alors que cette première partie se termine en force avec un orgue saturé, la « Part 2 », totalement instrumentale, développe quelques notes de guitare sur une musique inquiétante. On entendra ce thème répétitif tout au long de la piste. « Split Personality » débute par le même thème dans une tonalité différente, avant de se lancer dans un heavy rock mâtiné de quelques passages jazz-rock. Excellent ! La fin se veut plus lumineuse avec quelques belles modulations harmoniques en mode majeur. On enchaine immédiatement sur la dernière piste « Save Yourself » – voix et guitare blues, et puis un passage en crescendo avec solo de guitare avant un long decrescendo aux synthés.

Pas de doute, les Marseillais sont de retour et ce « Tyler Durden Project » est une belle réussite : un album-concept puissant, où les pistes s’enchainent en une suite symphonique interrompue avec beaucoup d’inventivité mélodique et rythmique, mêlant rock classique, blues-rock, art-rock. A coup sûr une belle pièce à ajouter au prog français !

(*) Petite remarque au passage, cet album est le troisième que je chronique en moins de 15 jours, émanant de groupes / musiciens qui reviennent aux affaires après un long à très long silence (Chance, Castanarc)… Rien ne se perd, tout se transforme.

Formation du groupe

Stephan Forner : chant, guitares électriques PRS et The Heritage, guitares acoustiques Takamine, effets Line 6 Helix • Cedric Lechevrel : Pascal Proust Basse custom, set d'effets analogiques • Joel Mondon : batterie Ludvig, cymbales Paiste et Zildjan • Philippe Sorel : Kurzweil PC3A, piano Dexibell S3, Moog Little Phatty, expandeur d'orgue Ferrofish B4000, effets de sol majeur et programmation synthé TC electronic • Corentin Martino (invité) : solos de guitare sur « How can you know » •

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Commentaires

  1. Bonjour Pierre,
    Votre critique est très « éclairante » pour un profane car elle permet de mieux comprendre le contenu de la composition de la dernière production du Groupe Mirage.
    Votre appréciation est très complète , bien rédigée et donc très utile !
    Bravo et merci

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