Titres
- Service with a Smile (2:45)
- Morning Sun (4:05)
- Ibby It Is (7:53)
- Steaming Pipes (5:25)
- Wind Up Doll Day Wind (7:09)
- Open Book (4:54)
- I Forgot to Push It (3:08)
- The Moon, I Sing (Nossuri) (6:18)
Le 21 Septembre 1978 paraissait chez Arista l’album ‘’Crafty Hands’’.
Sur la scène progressive américaine des années 70, dire que Happy The Man fut à Genesis ce que Starcastle était à Yes, serait pour l’une comme pour l’autre des deux formations, beaucoup trop réducteur. Originaire de Virginie, et basé dans l’Etat de Washington, le groupe Happy The Man est né de la rencontre entre le guitariste Stanley Whitaker, le bassiste Rick Kennell et le batteur Mike Beck. Le trio fut rapidement rejoint par le brillant poly instrumentiste et compositeur Frank Wyatt, puis par le pianiste de formation classique et également compositeur, Kit Watkins. Si le groupe de Peter Gabriel comptait parmi leurs influences, Happy The Man qui, au départ, mêlait morceaux originaux et reprises, revendiquait aussi celles de Yes, King Crimson, Van Der Graaf Generator ou encore Gentle Giant dans une structure parfois complexe. Ce fut en effet ce que révéla en 1977, leur premier album éponyme. Fort bien produit, de surcroît, par Ken Scott (David Bowie, Mahavishnu Orchestra, Supertramp, Elton John…) pour le label Arista qu’ils avaient rejoint l’année précédente, il ne recueillit malheureusement pas le succès qu’il eût été en droit d’attendre. Puis, toujours sous la houlette de Ken Scott dans une production fluide et affinée, le second album enregistré entre Décembre 1977 et Janvier 1978 aux Chateau Recorders d’Hollywood Nord, allait conforter voire dépasser les qualités du premier effort. Le quintette confia d’ailleurs, en interview, avoir mis ‘’plus de feeling et d’âme’’ dans ces huit nouvelles compositions.
Majoritairement instrumental, comme le précédent, à l’exception du 5ème morceau ‘’Wind Up Doll Day Wind’ chanté par le guitariste Stanley Whitaker, ce nouveau répertoire s’ancrait toujours dans l’héritage progressif de leurs illustres pairs britanniques autour d’un même line up, à l’exception de Ron Riddle en lieu et place de Mike Beck. Le batteur avait d’ailleurs co-écrit quelques années auparavant avec Greg Hawkes (claviériste et bassiste du célèbre groupe The Cars), ‘’Service With A Smile’’, la courte plage atmosphérique et particulièrement accrocheuse qui introduisait cet album de la plus belle manière. Puis le lumineux et onirique ‘’Morning Sun’’ était l’une des trois élégantes compositions de Kit Watkins, à laquelle les délicates notes de piano électrique, claviers et nappes de synthétiseurs à cordes conféraient, comme sur le dernier morceau ‘’The Moon I Sing (Nossuri)’’, une dimension spatiale parfois proche des univers de Vangelis. Puis les textures changeaient sur les 3ème et 4ème morceaux, se faisant plus complexes, sur des arrangements subtils dans un registre entre prog symphonique et fusion progressive : ‘’Ibby It Is’’, émaillé de changements et ruptures, dans une permanente et belle musicalité, et sans effet de démonstration, était une pièce caractéristique de l’écriture de Frank Wyatt, comme l’illustrera encore quatre décennies plus tard (Novembre 2019), son excellent album solo ‘’Zeitgeist’’. Stan Whitaker accompagnait les deux dernières minutes du morceau par un solo de six-cordes électrique.
Le guitariste avait composé dans une même veine, la quatrième plage ‘’Steaming Pipes’’ où pouvait parfois planer l’ombre de King Crimson, tandis que ‘’I Forgot To Push It’’ du claviériste Chet Watkins, dans sa structure et sa rythmique, pouvait évoquer Gentle Giant. Ce morceau sera d’ailleurs repris en 2016 par le groupe progressif norvégien Panzerpappa sur l’album ‘’Pappa Xmas’ Box Of Avant Delight’’. Nous pouvons enfin épingler ‘’Open Book« , seconde composition de Robert Wyatt revenant à des climats éthérés proches des premiers morceaux, et où sa partie de flûte à bec agrémentée de quelques notes de guitare acoustique donnaient un accent pastoral à la partie centrale de cette plage. Pour autant, comme son prédécesseur, cet album ne connut qu’un succès très discrétionnaire, ce qui conduisit la label Arista à se séparer du groupe, et de fait, sonner le glas de Happy The Man l’année suivante. Reste ensuite ‘’3rd Better Late’’ (1983) un assemblage de ‘fonds de tiroir’, toutefois encore très intéressant. Le claviériste Kit Watkins rejoignit Camel jusqu’en 1983 (composant notamment le céleste instrumental ‘’Eye Of The Storm’’ sur ‘’I Can See Your House From Here’’ en 1979). Happy The Man allait cependant réapparaître en 2000 à l’occasion du festival américain ‘North Earth Art ‘ en Pennsylvanie). Le groupe publia en 2004 ‘’The Muse Awakens’’, un ultime album tout aussi recommandable que les deux premiers. Il est enfin vivement conseillé également de (re)découvrir les colllaborations suivantes de Frank Wyatt et Stan Whitaker (e.a) à savoir ‘’Zeitgeist’’ (2019, précité) ainsi que ‘’Pedal Giant Animals’’ (2006) sans oublier le groupe Oblivion Sun.
‘’Crafty Hands’’ et le premier album éponyme furent réédités et remasterisés en France par le label messin Musea Records au cours de la même année 2000 avec la collaboration de Kit Watkins pour le remixage.
Formation du groupe
Stanley Whitaker : guitares 6 et 12 cordes, chant - Frank Wyatt : piano, clavecin, saxophones, flûte, paroles - Kit Watkins : piano, clavecin, Moog, cordes synthétiques, clavinet, Hammond B3, flûte à bec - Rick Kennell : basse - Ron Riddle : batterie, percussions
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