Larks’ Tongues In Aspic

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(5 sur 5) / Island
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Rock Progressif

Le 23 Mars 1973, King Crimson publiait « Larks’ Tongues In Aspic« .

Pour ce cinquième album, le groupe à géométrie (très) variable faisait à nouveau peau neuve autour de son guitariste & leader Robert Fripp qui accueillait son vieil ami John Wetton (ancien membre de Family) en qualité de bassiste & chanteur. Le batteur Ian Wallace était remplacé par l’immense Bill Bruford qui quittait le groupe Yes pourtant à son apogée. Cette fois, plus de saxophoniste mais un violoniste en la personne de David Cross, également pianiste, flûtiste & mellotroniste, et qui allait se faire un nom sur la scène progressiste, comme l’aurait également souhaité le percussionniste Jamie Muir qui malgré son indéniable apport ici, dans des sonorités nouvelles, allait néanmoins ne participer qu’à cet album. Autre changement majeur, King Crimson ne bénéficiait plus désormais des textes de l’emblématique Pete Sinfield remplacé pour cette trilogie d’albums, par le parolier Richard Palmer-James (guitariste du premier album de Supertramp). Avec ce nouvel équipage à bord, et après un « Islands » (décembre 1971) magnifiquement aventureux mais souffrant peut-être d’un certain manque de cohésion, Robert Fripp redonnait à présent un nouveau cap. Porté par une formidable section rythmique emmenée par le binôme Bill Bruford/ John Wetton et par la voix enchanteresse de ce dernier, King Crimson laissait les orientations free jazz et prog de chambre des deux opus précédents au profit d’une musique plus électrique voire torturée.

Au cours des 13 minutes de la partie 1 du morceau titre, la six-cordes acérée de Robert Fripp allait progressivement chercher des sons à la limite de la saturation et de la dissonance, sur une cadence parfois débridée que tempérait le violon de David Cross dans un climat plus ouaté. Seuls les deux morceaux « Book Of Saturday » et « Exiles » assuraient une sorte de transition placide avec la période passée, mais pour le reste, « Larks’ Tongues In Aspic » était une étonnante plongée dans des contrées musicales inexplorées jusque-là par le roi pourpre. Chaque morceau apportait ici son lot de surprises, comme « Easy money » qui dans une cadence métronomique soutenue par Bill Bruford et Jamie Muir, montait néanmoins en intensité pour redescendre dans un festival de sons et de bruits insolites entourant les vocaux de John Wetton. « The Talking Drum » était une curieuse et ensorcelante mélopée à la guitare et au violon portée par l’ensemble percussions/batterie et une basse spasmodique, qui après une transition en forme d’électrochoc (ou plutôt d’’audiochoc’’) conduisait à la partie 2 du morceau titre, toujours instrumentale, et qui de ruptures en déferlements sonores, trouvait un ultime apaisement salvateur.

Remasterisé à partir de 1989, ‘’Lark’s Tongues In Aspic » fut réédité en Octobre 2012 pour l’Europe (Disxipline/Panegyric) dans une version CD + DVD avec les versions PGM stéreo et DTS 5.1 (Robert Fripp & Steven Wilson), et contenant sur le CD, 3 plages supplémentaires (versions alternatives) et de nombreux bonus sur le DVD (versions Live et alternatives).

Formation du groupe

Robert Fripp : guitare, Mellotron, appareils électroniques - David Cross : violon, alto, Mellotron, piano électrique, flûte (3) - John Wetton : basse, piano (3), chant - Bill Bruford : batterie, percussions - Jamie Muir : percussions, batterie

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