Minstrel In The Gallery

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(5 sur 5) / Chrysalis ‎
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Rock Progressif

Le 5 Septembre 1975 paraissait chez Chrysalis, l’album ‘’Minstrel In The Gallery’’.

Depuis la fin des années 60, et à une cadence métronomique, Jethro Tull publiait un album studio par an, et avait pu, dès 1971 avec ’’Aqualung’’, asseoir définitivement la notoriété d’un groupe devenu mainstream. Sur un format court de chansons allant de 3 à 5 minutes, le septième album ‘’War Child’’ (1974), avait vu le quintette s’éloigner de ses épopées aventureuses de 1972 & 1973 (‘’Thick A s A Brick’’ et le trop incompris et néanmoins excellent ‘’A Passion Play’’) pour revenir à un registre notablement orienté hard-rock (malgré la présence comme précédemment, d’une section de cordes et l’utilisation, comme sur les deux albums précités, des saxophones par Ian Anderson). Pour autant, ‘’Minstrel In The Gallery’’ enregistré à la fin du printemps 75 dans un studio mobile commandé peu avant, et installé à Monaco, témoignait d’un nouveau souffle créatif voire épique si l’on considère la sixième et avant dernière plage de 16 minutes.

Depuis sa sortie dans les bacs, nul ne peut oublier cette mémorable pochette d’une scène médiévale reprenant une œuvre du XIXème siècle de Joseph Nash (‘’Christmas Revels At Haddon Hall, Derbyshire’’ extraite du premier volume de ‘’Mansions Of England In The Olden Time’’), et qui reflétait plutôt fidèlement l’une des facettes de Ian Anderson et de son combo, comme l’expliquait notamment le livret de la réédition Steven Wilson de 2015. Cet album où les guitares occupaient une place de choix aux dépens des claviers de John Evan, opposait des passages acoustiques souvent introductifs et emmenés par la six-cordes de Ian Anderson, à des séquences où le talentueux guitariste Martin Barre était en quelque sorte, le pendant électrique du leader. Les deux premières plages en donnaient de fait, la plus belle illustration. Sur le morceau-titre embelli par de magnifiques harmonies vocales dans sa partie acoustique, nous retrouvions dans la seconde, les climats hard-rock de l’album précédent à travers les imposantes parties de guitare électrique de Martin Barre avec un brillant solo dans la partie centrale, tandis que le second morceau évoquant le mythe du Valhalla était vaillamment porté par la rythmique changeante de Barriemore Barlow et introduisait une section de cordes admirablement arrangée une nouvelle fois par Dee Palmer.

« Black Satin Dancer’’ et son heavy rock teinté de blues dans une belle interaction entre la flûte de Ian Anderson et Martin Barre, faisait place ensuite à deux ballades folk comptant parmi les plus belles compositions acoustiques de Ian Anderson. Sa voix chaleureuse et prégnante exhalait, comme une partie des textes, un profond parfum de mélancolie et de désillusion. Bien que le chanteur, auteur et compositeur l’ait réfuté, nous pouvions toutefois entrevoir, aux sources de son inspiration, un mal-être sans doute lié au tout récent divorce qu’il venait de vivre. Sur ces deux morceaux (‘’Requiem’’ et ‘’One White Duck/0^10 = Nothing At All’’), le quatuor de violonistes emmené par le soliste Patrick Halling, soulignait davantage encore leur dimension dramatique. ‘’Baker St Muse’’, sixième plage du disque, en était la pièce de résistance. Même si chacun de ses 4 mouvements amenait des textures distinctes, cette pièce plus compacte et moins nuancée que, par exemple, les deux parties de ‘’A Passion Play’’ sera la dernière des véritables longues suites de Jethro Tull. Enfin, sur la dernière et très brève plage ‘’Grace’’, le leader et maître de cérémonie refermait en solo l’album, seulement porté par les cordes. Un an après ‘’Minstrel In The Gallery’’, Jethto Tull publiait ‘’Too Old To Rock’n’ Roll, Too Young To Die’’, un album en demi-teinte, avant d’entamer sa ‘trilogie folk’ dont les deux premiers albums, ‘’ Songs From The Wood’’ (en particulier) et ‘’Heavy Horses’’ restent parmi les plus belles réussites du groupe. A la suite de ce 8ème album, le bassiste Jeffrey Hammond quitta Jethro Tull, abandonnant la musique au profit de la peinture figurative, et fut remplacé par John Glascock (ex Carmen) qui pour sa part, allait accompagner le groupe jusqu’à sa disparition prématurée en 1979 juste après la parution de ‘Stormwatch’’ alors qu’il n’était âgé que de 28 ans.

‘’Minstrel In The Gallery’’ fut réédité en Mai 2015 pour l’Europe (Chrysalis/EMI) dans une édition 40ème anniversaire avec double CD + double DVD comprenant sur les CD le répertoire remixé par Steven Wilson ainsi que 25 plages bonus (dont certains titres Live au Palais des sports de Paris (remixés par Jakko Jakszyk) et sur les DVD, les versions 5.1 surround & LPCM stéréo du répertoire avec bien sûr encore, de très nombreux bonus.

Formation du groupe

Ian Anderson : chant, flûte, guitare acoustique, production - Martin Barre : guitares électriques - John Evan : piano, orgue - Jeffrey Hammond : basse, contrebasse - Barriemore Barlow : batterie, percussions - Avec : David Palmer : arrangeur et chef d'orchestre - The London Philomusica (membres) : Patrick Halling : violon, leader - Bridget Procter : violon - Elizabeth Edwards : violon - Rita Eddowes : violon - Katharine Thulborn : violoncelle

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