Seasons end

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(4.3 sur 5) / EMI
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Rock Progressif

Le groupe vient de subir une séparation douloureuse avec Fish, chanteur et leader du groupe depuis quatre albums au succès important. Si les autres membres veulent continuer, il va falloir se réinventer. Ils lancent donc les auditions pour trouver un nouveau chanteur, et tombent sur Steve Hogarth, un jeune artiste qui a tout de même une petite expérience dans deux groupes à tendance pop : the Europeans et How We Live, et surtout, une voix exceptionnelle. Steve est lancé très vite dans le grand bain : la création de l’album commence en effet assez rapidement, le reste du groupe ayant quelques mois de jam derrière eux. Steve va donc devoir prouver tout de suite de quoi il est capable, face à des amateurs de Fish exigeants et inquiets. Et il le prouve, de la plus belle des manières, s’attaquant même très rapidement aux paroles. L’introduction splendide de King of Sunset Town, (à propos de la répression sanglante du 4 juin 1989 sur la place Tian’Anmen en Chine)  sublimée par la voix chaude et puissante de H, est vraiment ce que l’on peut faire de mieux en la matière.  (A noter que le groupe aime bien les rois, il y aura encore 2 autres titres avec le mot King).

S’ensuit un Easter, magnifique ballade hommage à l’Irlande, dont l’ambiance contraste vraiment avec l’univers beaucoup plus violent des débuts du groupe. Et c’est d’ailleurs un curieux mélange qui se retrouve sur les superbes Seasons End, Holloway Girl (qui concerne les suffragettes militant pour le droit des femmes, détenues dans la prison d’Holloway au nord de Londres), Berlin et After Me : on sent bien que Messieurs Rothery, Trewavas, Kelly et Mosley n’ont pas encore totalement fait le deuil de l’univers porté par Fish, utilisant même certaines mélodies prévues sur le cinquième album, comme on peut l’entendre sur les démos de l’époque (tandis que Dereck Dick recyclera quelques-unes de ses paroles dans son premier album solo, Vigil in a Wilderness of Mirrors.) On retrouve également cette présence dans le logo inchangé du groupe, ainsi que sur les images symboliques de l’époque du Poisson ; la plume de l’écrivain, le caméléon et bien évidemment le clown présent sur Fugazi. Mais cette musique se fait moins agressive et violente, et, portée par la voix de Steve, gagne en nostalgie et en introspection.

On leur pardonnera donc aisément les deux singles moins intéressants que sont the Uninvited Guest (même si je l’avoue, j’aime bien les paroles, et qu’en concert, c’est plutôt rigolo) et le pénible Hooks in You. D’autant que l’album se finit de la façon la plus magistrale qui soit, par un the Space grandiose sur le thème de la séparation qui prouve qu’il n’y a pas besoin de rallonger un titre à plus de 10 minutes pour faire un grand morceau. 

Sincèrement, sortir un tel album dans les conditions pareilles, ce n’est pas de la réussite, cela tient véritablement du miracle !

Formation du groupe

Steve Hogarth : chant - Steve Rothery : guitares - Mark Kelly : claviers - Pete Trewavas : basses - Ian Mosley : batterie, percussions - Avec : Jean-Pierre Rasle : cornemuses (2) - Phil Todd : saxophone (6)

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