Heavy Horses

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(5 sur 5) / Chrysalis
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Rock Progressif

Le 10 Avril 1978 paraissait chez Chrysalis, ce onzième album studio de Jethro Tull.

‘‘Heavy Horses’’ s’inscrivait en droite ligne du précédent et merveilleux album ‘‘Songs From The Wood’’ (1977) dans une trilogie folk rock inspirée à Ian Anderson par sa nouvelle vie à la campagne, et achevée l’année suivante par un ‘’Stormwatch’’ où cette magie aura toutefois, en grande partie, disparue. ‘‘Heavy Horses’’ comptait toujours Robin Black, ingénieur du son historique de Jethro Tull depuis ‘Benefit’ (1970) mais qui avait collaboré à quelques autres albums prestigieux comme ‘’Meddle‘’ de Pink Floyd ou ‘’Berlin’’ de Lou Reed.

Cet album mêlait la nostalgie d’une époque presque révolue au côté ludique de textes cette fois axés sur les animaux domestiques et d’élevage, provenant notamment de son voisinage et des exploitations agricoles entourant le corps de ferme acquis par le musIcien peu de temps auparavant. L’enregistrement de l’album inaugurait également les studios Maison Rouge de Londres que le leader de Jethro Tull avait fait construire l’année précédente. Le chant expressif de Ian Anderson s’accompagnant de flûte traversière et guitare acoustique donnait le ton et plantait le décor avec ‘’And The Mouse Police Never Sleeps’’ dont la rythmique, aussi mystérieuse que le chat aux aguets de cette histoire, lui fut inspirée par le batteur Art Tripp sur le morceau ‘’Click Clack’’ par le Magic Band lorsque Captain Beefheart faisait une première partie de Jethro Tull. ‘’Acres Wild’’ proche de l’univers des Dixie Dregs, mêlait instruments acoustiques dont le violon de Darryl Way (Curved Air) aux sonorités et à une rythmique rock.

‘’No Lullaby’’, pièce dédiée au fils James de Ian Anderson mettait en exergue le batteur dans l’une de ses plus belles performances avec le groupe. ‘’Moths’’, single de l’album, en était l’une des deux pièces majeures, où chant et flûte du leader étaient magnifiquement portés par les arrangements orchestraux de David Palmer. ‘’Weathercock’’ était une pièce contrastée qui confrontait le folk pastoral à des sonorités hard rock. ‘’Heavy Horses’’ dont on comprit vite qu’il s’agissait du morceau titre de l’album, en demeure incontestablement le sommet. Ce classique de Jethro Tull mêlait avec brio le quatuor à cordes arrangé par David Palmer à un rock appuyé par les nombreux riffs de la six-cordes de Martin Barre. Le guitariste dira d’ailleurs plus tard que ce furent cet album et le précédent qui lui permirent aux mieux de mettre son jeu en valeur. Dans ce texte contant l’histoire des chevaux de trait depuis le Moyen Âge, Ian Anderson était encombré par un rhume carabiné, et ce qui pouvait paraître comme un effet sonore, n’était que le fait du mucus qui encombrait sa voix. Sorti en pleine émergence du punk, et au crépuscule d’une fascinante ère de créativité musicale, ‘’Heavy Horse’’ marqua la fin de l’âge d’or du groupe, même si au cours des années suivantes, Jethro Tull allait encore, dans sa copieuse discographie, publier quelques bons albums, comme ‘Broadsword And The Beast (1982), ‘Roots To Branches’ (1995) ou même ‘The Zealot Gene’ (2022).

‘’Heavy Horses’’ fut réédité chez Chrysalis en 2018 dans un coffret 40ème anniversaire 2 CD + 2 DVD contenant les versions remixées par Steven Wilson (certains titres bonus inclus) en versions new stéréo et DTS 5.1 surround avec environ une trentaine de bonus dont 18 titres en live (Berne May 1978).

Formation du groupe

Ian Anderson : chant, flûte, guitares acoustique et électrique, mandoline, sifflet, producteur - Martin Barre : guitare électrique - John Evan : piano, orgue - David Palmer : orgue portatif, claviers, arrangements orchestraux - John Glascock : basse, chœurs - Barriemore Barlow : batterie et percussions - Avec : Darryl Way / violon (2,8)

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