Publié le 21 Septembre 1976, l’album ‘’The Strands Of The Future’’ célèbre son cinquantenaire !
Au milieu des années 60, Gilbert Gandil, Jacques Roman et Victor Bosch, trois lycéens Lyonnais formèrent successivement ‘’Soul Experience’’ et ‘’Free Sound’’, des groupes de reprises (dans les registres blues et RnB/Soul puis psychédélique). Fortement marqués par un concert des Pink Floyd au début de l’année 1970, ils devinrent tribute band du groupe britannique, tout en créant peu à peu leur propre répertoire de compositions. Rejoints par Philippe Roman (bassiste, auteur et chanteur), ils passèrent les quatre années suivantes à tourner et se produire, notamment dans des salles parisiennes. Un album Live fut d’ailleurs enregistré au Golf Drouot et publié au printemps 1972 par Philips (‘’Groovy Pop Sessions’’). Cette compilation réunissait les groupes français faisant l’actualité de ces concerts, à savoir Ange, Abracadabra, Absinthe, Moonlight, Tac Poom System….et Pulsar. Au cours de l’année 1974, la formation devint quintette avec l’arrivée du poly instrumentiste Roland Richard (flûte, clarinette, violon, piano), qui avait, entre autres, accompagné Jacques Higelin. Ce ne fut donc qu’à l’Automne 1974, après avoir signé avec le Label anglais Kingdom Records, que Pulsar enregistra l’album ‘’Pollen’’ publié au début de l’année suivante, un premier effort très prometteur mais encore perfectible, dans un registre rock spatial où planait l’ombre des Pink Floyd. Suite au départ non remplacé de Philippe Roman (le claviériste Jacques Roman, son frère, prenant la basse également en charge), ce fut dont en quartette que se retrouvèrent les membres de Pulsar pour enregistrer ce second opus aux studios Aquarius de Genève (Suisse) en Janvier/Février 1976.

Au fil de la suite-titre (non chapitrée) de 22 minutes couvrant intégralement la première face, Pulsar offrait le plus beau témoignage de cette incomparable décennie à travers un florilège de climats sonores, oniriques et planants : introduction de musique électronique quelque part entre Vangelis et l’école berlinoise (Klaus Schulze, Tangerine Dream), mélodie aux textures diaphanes évoquant l’univers de PFM, puis un long développement symphonique entre passages aériens et épisodes orageux soutenus par la batteur Victor Bosch, avant un final aux couleurs pastorales emmené par Gilbert Gandil (guitare acoustique) et Roland Richard (flûte). Jacques Roman interviewé pour ProgCritique en juin 2026, se souvient : ‘’C’était un voyage intérieur où, en recherche de nouvelles sensations, nous expérimentions de nouvelles choses telles que l’enregistrement d’une bande à l’envers ou d’un synthétiseur passé au ralenti. Nous avions collégialement écrit, partie par partie, la suite rythmique de ce poème psychédélique dans une sorte de facilité et d’évidence. Mon frère Philippe, compositeur presque exclusif du premier album ‘’Pollen’’, avait entre autres, écrit ‘’L’œil du Futur’’, un thème que nous avions décidé d’adjoindre ici, à la partie chantée. Dans le passage où la musique semble s’évaporer dans une sorte de brouillard, et qu’émerge cette base de synthétiseur, il m’a été demandé à maintes reprises de quoi je parlais précisément. En fait, je récitais de mémoire un passage de ‘’La Politique de l’expérience’’ (Ronald D. Laing). Les vocaux généralement difficiles à saisir, ne servaient finalement qu’à enrichir les textures d’une musique fondalement instrumentale …/…’’.
Sur la seconde face encore dominée par son arsenal de synthétiseurs, orgue et mellotron, ‘’Flight’’ assurait une courte transition avec ‘’Windows’’, une lente complainte évocatrice des premiers King Crimson dans ses textures flûte/arpèges de guitare et le jeu de batterie & percussions de Victor Bosch rappelant par moments, comme dans la suite de la face 1, celui de Michael Giles. Un espace plus ouvert était alloué aux vocaux, ici, et dans l’inquiétant ‘’Fool’s Failure« . Si l’ombre du roi pourpre planait encore ce dernier morceau, nous pouvions toutefois trouver, non pas dans le chant (en anglais) mais dans une forme de théâtralité, et pour la première fois, une certaine filiation au courant emmené par leurs compatriotes du groupe Ange.
‘’The Strands Of The Future’’ devait initialement paraître en avril mais un changement de maison de disque décala cette sortie en septembre : Terry King (Kingdom Records) qui avait déjà publié le premier album ‘’Pollen’’, commençait à le distribuer en Angleterre avec le label Decca alors que Pulsar signait chez CBS qui le publia à son tour. L’album positionna le groupe second de sa catégorie en nombre de ventes dans l’hexagone (après Ange), boostant même au passage, celles de ‘’Pollen’’, et fit l’objet d’une tournée de plus de 150 concerts en France et Pays limitrophes (Italie, Allemagne).
Prenant désormais place dans le ‘carré d’as’ du rock progressif français avec Ange, Mona Lisa et Atoll, Pulsar poursuivit sa phase ascensionnelle avec la sortie chez CBS en décembre 1977, du troisième opus ‘’Halloween’’. S’il est souvent considéré aujourd’hui comme l’apogée du groupe, rappelons qu’en cette période marquée par le punk et le disco, il ne reçut ni la reconnaissance ni le succès pourtant si mérités (à l’exception du Japon…). Le quartette ‘classique’ Gandil/Roman/Richard/Bosch, entouré d’invités, allait encore publier trois albums en 1981 (‘’Bienvenue Au Conseil d’Administration’’), 1989 (‘’Görlitz’’) après une première séparation, et enfin 2007 avec ‘’Memory Ashes’’, une nouvelle réussite qui, après un hiatus de 18 ans, renouait avec leur âge d’or. Victor Bosch s’était tourné, dès le milieu des années 80, vers la production de spectacles, festivals, comédies musicales et d’artistes populaires comme Laurent Voulzy. En 2010, Gilbert Gandil et Jacques Roman rejoignaient un autre lyonnais, le chanteur guitariste & auteur/compositeur Richard Pick, et son épouse, pour former le groupe Siiilk, un groupe de rock progressif atmosphérique, mélodique et toujours dans la lignée des Pink Floyd, référence majeure.
Titres :
1. The Strands Of The Future (22:08)
2. Flight (2:37)
3. Windows (8:47)
4. Fool’s Failure (10:17)
Formation du groupe
Gilbert Gandil : guitares acoustique et électrique, chant - Jacques Roman : orgue, synthétiseur, Moog, Mellotron, basse - Rolland Richard : flûte, synthétiseur Solina - Victor Bosch : batterie, percussions