Titres
- Free Walk (11:07)
- The Fun District (7:37)
- Down Deep (5:12)
- Where They Live (13:15)
- The Breath of the Red Lights (11:29)
- Rebirth (7:37)
- Down Deeper (9:37)
- Rebirth Unplugged (5:00) (bonus)
Alessandro di Benedetti / Inner Prospekt poursuit le travail de reprise d’anciens albums pour les remettre au gout du jour avec des moyens techniques plus modernes et professionnels. Aussi, après Dreaming Tony Banks 2025, voici Seven Ways To Lose Yourself 2025, qui reprend l’album paru il n’y somme toute pas si longtemps, puisque c’était en 2018.
Dans cet album, le piano est prépondérant, et c’est tant mieux car à mon humble avis, c’est là que le musicien romain nous donne le meilleur. De plus les sonorités jazz et l’ambiance smooth jazz ne sont jamais très loin avec un art mélodique que je rapproche d’éminents spécialistes américains tels Dave Grusin ou David Benoit. Par contre les compositions sont largement développées et se placent quelque part entre le jazz et le rock progressif. Frederico Tetti, le comparse de Mad Crayon et présent sur de nombreux albums d’Inner Prospekt, s’occupe quant à lui des guitares.
« Free Walk » est un parfait exemple du style évoqué plus haut. Il s’agit d’une longue balade nonchalante, superbement écrite. Le rythme et le style me rappellent le « Sleepwalk » de Larry Carlton, si bien sûr vous remplacer la guitare du célèbre musicien jazz-blues par les claviers de l’italien. Vous y ajoutez aussi un long développement musical qui nous emmène au-delà des 11 minutes !
Avec « The Fun District » vous augmentez nettement le tempo, le piano introduit un motif bondissant et vous voilà avec le « Moutain Dance » de Dave Grusin. Au milieu du morceau la musique s’éteint soudain pour laisser le piano solo égrener quelques notes, et puis le mouvement de danse repart de plus belle, jusqu’à la coda qui laisse à nouveau le piano solo lentement décélérer la musique jusqu’à l’accord final.
A propos de piano solo, « Down Deep » est un merveilleux exemple de l’écriture pianistique d’Alessandro di Benedetti. Une intro dépouillée et les douces harmonies façon Satie nous amènent peu à peu sur une valse très lente aux délicieuses harmonies jazz. Changement de signature rythmique pour laisser le piano exprimer une mélodie rapide sur une basse à huit temps. On revient pour quelques instants à la valse lente, et puis on retrouve le thème du début de morceau sur des accords martelés qui vont crescendo jusqu’au fortissimo, pour laisser finalement le piano terminer sur quelques notes éthérées. Voilà du superbe piano !
« Where They Live » combine pour une large part les éléments musicaux des précédents morceaux en une longue synthèse de rock progressif et de smooth jazz mélodique. Beaucoup de piano, de l’orgue aussi, et un rythme entrainant. Le break central laisse la musique s’éteindre doucement, et une mélodie s’installe sur des accords répétés à l’orgue. Le calme ne dure guère, le temps que Frederico Tetti ne prenne sa guitare pour un solo très expressif. La dernière partie débute par un thème ternaire un peu burlesque, style orgue de barbarie. Un long fade-out rêveur vient clore ce grand morceau.
A peine plus court, « The Breath Of The Red Lights », en une marche lente rythmée par la batterie et les accords de piano, fait la part belle à l’orgue. Il y a du Bob James dans cette musique. Contrairement au reste de l’album, « Rebirth » propose un chant et des paroles. La chanson, très mélancolique, semble évoquer une déambulation lente et désabusée dans une cité. Le personnage est incarné par la voix de Frederico Tetti.
Après cette musique disons-le un peu sombre, « Down Deeper » remet des couleurs et de l’énergie dans le discours musical. A une première partie sur un jazz rock mélodique entrainant, succède un intermède avec un chant grave au synthé porté par les traits du piano. De superbes harmonies au piano (déjà entendues dans « Down Deep ») concluent magnifiquement l’album. En guise de bonus, nous avons droit une version raccourcie de « Rebirth ».
Je ne connaissais pas la première version de cet album, mais je dois admettre que Seven Ways To Lose Yourself 2025 (*) est en tous points remarquable. Inner Prospket nous a habitués au prog symphonique dans la série des Canvas, aux incursions dans le rock progressif électronique dans d’autres albums, mais aussi aux délicieuses atmosphères smooth jazz mélodiques. C’est résolument dans ce style qu’il faut classer cet album et cela en fait un de mes préférés ! Force est de constater qu’Alessandro di Benedetti à une parfaite maîtrise de l’écriture musicale et une très belle technique de piano, au service d’une musique d’une richesse inhabituelle. Un petit tour sur le site du musicien italien à la page work in progress présente sans aucune explication supplémentaire un futur album intitulé Solid Glass Structure. A très bientôt donc !
(*) https://innerprospekt.bandcamp.com/album/seven-ways-to-lose-yourself-2025
Formation du groupe
Alessandro Di Benedetti : Claviers, Samplers, Batterie - Federico Tetti : Guitares et Chant - Paroles de Rebirth : Federico Tetti
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