Originaire de Newcastle (upon Tyne), Martin Griffiths était l’emblématique chanteur de Beggars Opera sur leurs trois premiers albums publiés chez Vertigo (1970–1972), et qui firent l’âge d’or de cette formation écossaise de rock progressiste formée et basée à Glasgow. Elle comptait parmi ses autres membres fondateurs, le guitariste Ricky Gardiner, futur sideman de David Bowie (‘’Low’’) et Iggy Pop (‘’Lust For Life’’) et le bassiste Marshall Erskine auxquels se joignirent ensuite le batteur Raymond Wilson et le pianiste & claviériste Alan Park dont l’orgue Hammond donnait à l’’Opéra des Gueux’’, ces épaisses et lourdes textures caractéristiques du début des années 70. Le groupe s’était forgé une solide réputation en Europe, boostée notamment par le single ‘’Sarabande’’ qui se plaça dans les charts de plusieurs pays.
En Mai 1972, après la sortie du troisième opus ‘’Pathfinder’’, Martin Grffiths prit la décision particulièrement difficile de quitter Beggars Opera et de s’installer en Allemagne où la popularité du groupe était encore particulièrement forte, à l’instar, entre autres, de Beat-Club, une célèbre émission télévisée. Dans son nouveau Pays d’accueil, le musicien traversa une période de grande créativité mêlée toutefois d’incertitudes. Parallèlement à son activité de guide de châteaux (Heidelberg, Mannheim) dans le sud-ouest de l’Allemagne où il réside, la musique et le chant n’ont jamais cessé d’accompagner sa vie. Il se souvient entre autres, d’une tournée avec Ange, dont il assurait la première partie pendant l’été 1977 (France, Belgique, Luxembourg), et de leur mémorable road trip à bord de la vieille Cadillac du célèbre groupe belfortain. Ce fut au cours de cette période qu’il écrivit et composa le répertoire de ce premier album solo qui voit le jour un demi-siècle plus tard en cette fin d’année 2025.
L’auteur-compositeur-interprète s’est entouré ici du groupe Alias Eye de son fis Philip, également membre ponctuel, comme lui, de Poor Genetic Material, deux formations germaniques bien connues des fans de rock progressiste. Pour cet album plus ou moins conceptuel et souvent autobiographique, le claviériste & poly instrumentiste Vytas Lemke a produit (aux côtés de Maxi Sator) et arrangé avec les autres membres d’Alias Eye, l’instrumentation de ces quinze courts morceaux d’une durée moyenne de 4 minutes, au seul service du chant, loin de tous longs développements ou solos expansifs. Musicalement, Martin explique avoir puisé dans diverses influences qui lui sont chères, des incontournables Beatles à Frank Sinatra en passant par le groupe Eagles. Dans une sorte de transition avec le passé, l’album s’ouvre brièvement sur le thème de ‘’Time Machine’’ (Gardiner/Park/Griffiths) extrait du second album de Beggars Opera (‘’Waters Of Change’’ 1971). Ce répertoire ‘easy listening’ aux mélodies accrocheuses portées par la voix chaleureuse et profonde de Martin Griffiths chantant l’amour, l’amitié, les souvenirs ou des lieux pittoresques, nous offre au détour de chacune de ses quinze plages, un éclectique éventail de pop/rock (‘’The Beggar’’, ‘’Lonely city’’) parfois marquées d’un lointain héritage du blues (‘’Hear Me Calling’’ magnifié par Matthias Richter et son solo de guitare électrique à la façon d’Eddie Van Halen) ou teinté de country (‘’Friends In The Mountain’’ ‘’Cadaqués’’). Elles peuvent emprunter des rythmiques ou ambiances latines (‘’My My, My’’ aux airs de bossa nova et ‘’Karey’’ où s’invite l’accordéon), faisant même un détour par le boogie woogie/swing rock (‘’She She Woman’’). Entre mélancolie et romantisme, Martin chante ici quelques ballades comme ‘’ I’ll Tell Him’’ et ‘’Listen To Me’’ où sur une orchestration léchée, sa voix de velours et son vibrato léger évoquent le temps des chanteurs de charme et autres crooners. A noter enfin que ces quinze pièces originales sont complétées en bonus par quatre pistes enregistrées en Allemagne sur bande Revox en 1975, et jouées à l’époque par le musicien en solo et ‘unplugged’ (chant & guitare acoustique).
L’album (CD ou digital) est disponible entre autres, sur la plateforme Bandcamp.
Formation du groupe
Martin Griffiths : chant, guitare acoustique - Avec les membres du groupe Alias Eye : Vytas Lemke (claviers, accordéon, guitares additionnelles, chœurs, production) - Matthias Richter (guitares électrique & acoustique) - Philip Griffiths (chœurs, harmonies vocales) - Frank Fisher (basse) - Ludwig Benedek (batterie, percussions) - Et les participations de Maxi Sator (harmonies vocales, production, artwork, design & photo) et Elia, Lian & Maïté Griffiths (chœurs additionnels).
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