Dreaming Tony Banks

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(4.6 sur 5) / Autoproduction
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Rock Progressif Rock Symphonique

Le musicien romain nous avait laissé sur un A Glimpse Of A Bigger Story d’excellente facture et qui, entre autres, revisitait en quelques poèmes musicaux la riche discographie d’Inner Prospekt. Pour son nouvel album Alessandro di Benedetti puise à nouveau dans le passé pour remettre au goût du jour un album de plus de 10 ans d’âge, considérant que les moyens techniques mis en œuvre à l’époque de ses premiers albums étaient limités, notamment en ce qui concerne les sonorités de la batterie et du piano. Le titre de l’album, Dreaming Tony Banks, se passe de commentaires. Toutefois le message du compositeur lui-même et l’écoute de l’album montrent clairement qu’il n’est nullement question ici de reprise de morceaux du musicien de Genesis, pas plus qu’un « à la manière de … ». Je crois connaitre assez bien le travail du pianiste / organiste romain pour trouver quelques points communs au-delà du terme générique et un peu vague d’inspiration. Nous y reviendrons.

Titre oblige, le morceau d’ouverture nous plonge dans les rebondissements et les tournoiements musicaux incessants. « Pinballs » déploie à l’envie ses sonorités électroniques, une des caractéristiques du son Inner Prospekt souvent à l’œuvre dans les différents albums.

La longue fresque sonore, « Slow Scopes », prolonge cette ambiance électronique. On démarre dans les douces sonorités d’un piano électrique qui ne lésine pas sur les effets d’écho. Le piano reprend la mélodie jusqu’à un break où la musique se fait plus calme et interrogative. La réponse ne tarde pas avec l’entrée de synthés puissants et volontaires. On atteint l’altitude de croisière et la musique continue de se déployer, alternants phases d’accélération et moments suspendus.

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Dans le même esprit, « Airing The Flow » nous offre une de ces mélodies langoureuses qui se déploie entre une basse syncopée et un synthé atmosphérique. Il s’agit d’un grand crescendo qui culmine sous les coups de boutoir de la basse et de la batterie, avant de rapidement s’éteindre.

« Gem » nous transporte dans un monde étrange, jazzy et syncopé, et pour le moins futuriste. Le rythme lent et très heurté introduit volontairement un certain inconfort, et c’est finalement le synthé qui donne une continuité musicale à ce morceau à la fois très beau et déstabilisant.

« Internal Clock » offre une musique à la mécanique d’abord bien huilée et rapide, qui ne prend que quelques secondes de respiration pour repartir de plus belle sous le double ostinato de la rythmique et des arpèges rapides du synthé. Un break central évanescent nous donne une petite pause, le temps de laisser la mécanique refroidir quelques instants avant de terminer dans la puissance.

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Pour terminer, « White Skies » fait partie des morceaux les plus connus du musicien italien, car présents sur plusieurs albums. On en retrouve également 2 versions avec chant dans la discographie des Samurai Of Prog. Il s’agit donc ici de la version initiale de cette fresque dont le thème d’inspiration populaire / médiévale est en tous points remarquable. Le genre de thème et de développement musical qui nous rapprochent du Tony Banks symphonique.

Nous voici arrivés au terme du dernier né d’Inner Prospekt et de son titre alléchant. L’écoute confirme l’absence de filiation directe entre le travail d’Alessandro di Benedetti et celui d’un des maîtres à penser du rock progressif symphonique. Dreaming Tony Banks 2025 (*) nous offre une bande-son très orientée rock progressif électronique. On connait les immenses qualités de Tony Banks, du moins durant sa longue contribution à Genesis, avec son art mélodique et harmonique, et sa science de développement musical symphonique qui sont à mon sens inégalés dans le style musical qui nous occupe. De plus, contrairement à certains de ses pairs, la démonstration technique et les effets de virtuosité n’ont jamais été ses priorités (**). Et bien, on me permettra de retrouver chez notre ami romain, nombre de ces caractéristiques, à l’œuvre dans l’album présent mais bien évidemment dans l’ensemble du répertoire d’Inner Prospekt, de son groupe Mad Crayon (hautement recommandé), ou de ses superbes contributions aux collectifs des Samurai Of Prog ou du Guildmaster. Caio Maestro !

(*) https://innerprospekt.bandcamp.com/album/dreaming-tony-banks-2025

(**) Il suffit d’écouter l’intro au piano solo de Firth of Fifth pour, si besoin était, de se convaincre des immenses qualités pianistiques et de compositeur de TB.

Formation du groupe

Alessandro di Benedetti : tous les instruments

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