Adapt

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(4.5 sur 5) / Autoproduction
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Rock Progressif

Une petite nouveauté en provenance de Pittsburgh, une ville de Pennsylvanie que je connais un peu pour y avoir trainé mes guêtres en quelques occasions. Bon à l’époque où je me baladais le long des berges de l’Allegheny et de la Monongahela qui donnent naissance à l’Ohio quasiment au pied du stade des Pirates (qui y jouaient encore à l’époque) et où je m’extasiais des trains de plus d’un km de long qui transportaient le charbon des Appalaches, les jeunes musiciens d’Haven State n’étaient sans doute pas nés si j’en crois la photo ci-dessous …

Un jeune quatuor donc que celui qui œuvre sur « Adapt », un premier album d’un enthousiasme musical qui vaut le détour, à mon humble avis. La courte piste d’intro, « Walls Of Hollow » offre quelques secondes de délicatesse acoustique avant de lancer une mécanique bien rythmée et radieuse, avec passages vocaux en chœurs. Excellente mise en conditions ! On passe immédiatement et sans temps mort à « Running » qui porte bien son nom : une musique lancée à 100 à l’heure, des vocaux accrocheurs, un style heavy prog plutôt mélodieux.

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« Spaceman » avec son excellente guitare rythmique et un petit côté jazz rock est un des temps forts de l’album. La coda, soudain calme et apaisante, reprend vite des tours pour une fin instrumentale foisonnante et parfaitement réussie avec sa débauche de claviers et une belle envolée de guitare. « Origami » avec ses riffs puissants, ses tournures de claviers, son sens du développement musical et son énergie me rappellent le Boston de ma jeunesse (je parle du groupe bien sûr !). L’alternance entre passages prog metal et ambiances plus acoustiques fonctionne plutôt bien.

Un intéressant et véloce motif à la guitare lance le court « Fungi », moins ambitieux que les 2 pistes qui l’encadrent, a un petit côté pop/rock très entrainant, quoiqu’élaboré musicalement parlant. L’avant dernière piste fait référence à un élément totalement ignoré du rock progressif sinon de la musique en générale : la poche des pélicans (*) ! Plus sérieusement, les 8 minutes de « Pelican Mouth Pouch » résument à elles seules l’art d’Haven State à savoir une rythmique alerte et vigoureuse, des vocaux aériens et refrains entrainants, des contrastes entre les riffs affirmés de guitare et des passages acoustiques. La toute fin aux synthés est lumineuse et grandiose.

La piste-titre et finale, « Adapt » à tout du hit radio (de qualité) et démontre une fois de plus les compétences musicales de Josie Banks (vocaux), Cody House (guitares), Brendan Mickoloff (basse), Luke Martucci (batterie). Voilà un album concis (à peine 37’) d’une belle énergie communicative qui ne vous laissera guère de répit. Les musiciens sont talentueux et le son est excellent. Bref, un début plus que prometteur ! Le temps passe mais le rock progressif s’en moque bien et demeure plus que jamais une musique du futur. Longue vie à Haven State !

PS : Je ne peux résister au plaisir de placer ici cette citation du fameux Gotlib, inimitable auteur de BD et fin observateur de la gent animalière : « Le pélican est, avec le kangourou, le seul oiseau qui possède une poche ventrale sous le bec. »

Formation du groupe

Josie Banks : Chant - Cody House : Guitares - Brendan Mickoloff : Basse - Luke Martucci : Batterie

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