Copriferro Semantico

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(4.3 sur 5) / Autoproduction
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Rock Progressif

Un peu plus d’un an après un excellent « Noises », Sergio Caleca, alias habelard2, revient nous titiller les oreilles avec un nouvel opus intitulé, en italien cette fois, « Copriferro Semantico ». Pas tout à fait nouveau à vrai dire, car 5 morceaux proviennent d’une version éditée en 1979, les 6 autres d’autres sources. De plus Sergio s’est entouré d’amis musiciens italiens, venus prêter main forte tout au long des 11 pistes de l’album. Ettori Salati, aux guitares, a participé à quelques albums de The Watch dans les années 2000. On y trouve également Paolo Callioni aux vocaux et Fabio Sereni à la batterie. Voilà pour les amis !

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J’avoue qu’après l’excellent « Noises » dans lequel Sergio démontrait sa science des claviers et de la composition, je ne savais pas à quoi m’attendre à la lecture des infos sur ce nouvel album et la mention par Sergio lui-même d’une musique électronique. Par ailleurs que penser à la vue d’une pochette de CD pour le moins … peu conventionnelle ?

Sonorités amples aux claviers, un très joli thème au piano, et une guitare plaintive lancent un « Muscle Inertia Part 1» qui fleure bon le prog / neo-prog d’il y a quelques décennies. Même ambiance, avec en plus la voix de Paolo Callioni, pour un « How Can I Explain It? » mélancolique et rêveur. Aimez-vous le bouzouki ? Parce que le très folk « Bifolky » sera l’occasion d’en entendre. Etrange morceau qui alterne ambiances villageoises avec des passages rock plus modernes. Sans crier gare, « Acquaragia » nous plonge dans d’âpres sonorités crimsonesques sur une basse lourde, une guitare stridente, un orgue grave, le tout à peine adouci par quelques arpèges de piano.

Le côté électronique annoncé plus haut c’est dans « Muscle Inertia Part 2 » que ça se passe. Musique spatiale, quelques vocaux en italien, et à noter la grande et intense montée chromatique à partir de 3’. Ce style de musique rappelle évidemment les maîtres du genre Jarre, Vangelis … Vous aimez les contrastes ? On passe en blues rock d’école avec un « Nothing More » plus américain qu’italien ! « Lulluba » est une pièce d’inspiration néo-classique. Avec son chant en italien nous voici par contre bien en Italie avec un bel exemple de RPI. La conclusion sur les claviers est grandiose. « There’s No Solution » est un hommage au rock classique anglais des seventies. Superbe et excellement joué.

Le court et amusant « Carosello » est prétexte à une musique très descriptive, un peu naïve et très entrainante. « Crank » est une des autres excellentes surprises de l’album : un puissant thème rythmique répétitif, le chant de la guitare électrique et des synthés, une basse funk. La piste-titre et terminale, « Copriferro  Semantico », ce qui signifie littéralement couvercle/couverture sémantique en béton, est une pure pièce psychédélique dans laquelle les synthés et sons électroniques évoluent lentement sur une longue note de basse ininterrompue. Musique expérimentale pour connaisseurs !

Voilà pour habelard2 & Friends qui offre dans cet album un large spectre de morceaux variés et contrastés, qui ne laissent de surprendre l’auditeur tant l’enchainement des styles et des atmosphères est inattendu. Au final nous avons là un excellent catalogue du style musical profondément original de Sergio Caleca. Pour qualifier la dernière piste qui donne son nom à l’album, Sergio a noté : une façon grossière de cacher les limites de sa propre langue. La langue musicale d’habelard2 est en tous cas d’une belle richesse !

Formation du groupe

Ettore Salati : guitare solo, el. guitares, guitare acoustique, bouzuki Fabio Sereni : batterie Paolo Callioni : chant Sergio Caleca : claviers, basse, guitare acoustique et électrique

🌍 Visiter le site de habelard2 & Friends →

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