Descendu sur Terre

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(4.5 sur 5) / Vallis Lupi
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Crossover Prog Rock Progressif

Après un très honorable « A Ciel Ouvert », Henri Vaugrand et son groupe GRANDVAL nous propose un retour des cieux vers le plancher des vaches des plus agréables avec « Descendu sur Terre ». Henri (guitariste, journaliste, etc.) s’est entouré pour les onze titres de cet opus de musiciens chevronnés, voyons par le détail ce que nous propose cette nouvelle production.

Dès le premier titre, un instrumental, « Exondation » ne laisse planer aucun doute. Vous allez vite comprendre que l’inspiration est au rendez-vous de ce deuxième album. Cette composition plante rapidement le décor sur des nappes de synthé qui glissent vers des ambiances hésitant entre les musiques planantes à la Tangerine Dream et celle du Floyd. Henri et ses acolytes se tournent, avec réussite, vers une exploration de climats atmosphériques et reprennent le flambeau d’un style, certes daté, mais en profitent pour imprimer leur marque toute personnelle. Premier morceau brouillage de piste ou clin d’œil évident ? Car dès le suivant « Un nouveau destin », le coup de patte musical habituel de GRANDVAL revient et laisse éclater un son énorme à travers des contrées fréquentant parfois l’univers du groupe français Ange.

Petit moment d’accalmie (1’42) pour « Puissances de l’infini », une belle ballade électrique, avant le morceau qui est pour moi une des perles de cet opus, « Descendu sur Terre ». D’une fraîcheur mélodique sans pareille, qui contraste à merveille avec le texte empreint de gravité et la voix douce d’Henri. Dans un autre genre et d’un style protéiforme drapé dans une touche exotique, les percussions présentes dans « Fractal et systémique » imprègnent l’atmosphère de manière animée, vivante, pour ne pas dire animale, et donnent à la compo une couleur triballe inéluctable.

L’album est aussi traversé de morceaux plus calmes, « Le chemin à l’envers » fait parti de ceux-ci, véritable goulée d’air frais avec des guitares et claviers qui enrobent de virtuosité la mélodie, le chant feutré d’Henri glissant tout le long sur des paroles plus qu’inspirées. Une introduction au caractère intime pour « Il existe une étoile », long de plus de 10 minutes, qui partage ses claviers légers avec les guitares acoustiques et électriques, étirant lascivement ses charmes raffinés vers un progressif lyrique et nostalgique à souhait.

Un bel éclectisme musical transparaît au fil de l’écoute qui rehausse l’attention de l’auditeur, en découle : Une parenthèse vers le Rock industriel, avec « La meute est dans la place » dont l’aspect musical robotisé manie la foudre avec précision et s’y entend à merveille pour nous transmettre des images d’une remarquable acuité. Une Phase rétro, car dès l’intro à l’orgue, « Brûler dans les flammes de l’enfer » lance un clin d’œil appuyé vers Deep Purple, Uriah Heep et effectivement GRANDVAL envoie fort avec ce rock presque hard, des réminiscences musicales qui nous ramènent plus de 40 ans en arrière, sans qu’on y trouve à redire. Un détour vers une étape bucolique, « La vie, pourtant, la vie », surprenante alchimie de sensibilité apprivoisée et de sophistication, la magie opère, le titre émerveille par sa simplicité. Point final de l’opus, « La maison de Men-Tää », dans un cadre progressif classique et doté d’un développement qui va crescendo, il affiche une belle densité et décroche quelques flèches guitaristiques particulièrement acérées.  

L’atterrissage est réussi et l’on foule de plein pied ce « Descendu sur Terre » avec des textes nous mettant devant une réalité à qui bien souvent on tourne le dos. Comme le chante Henri on aimerait bien, fort de notre vécu, faire le ‘Chemin à l’envers’. GRANDVAL affirme sa personnalité en opérant une parfaite osmose entre les caractéristiques d’un rock progressif à l’ancienne et un rock définitivement plus actuel, et ça marche, cet album est une confirmation de son talent et un pur plaisir !

Formation du groupe

Henri Vaugrand : Chant, basse, guitares acoustiques et électriques, claviers - Olivier Bonneau : Claviers, guitares électriques - Jean-Baptiste Itier : Batterie - Jean-Pierre Louveton : guitares acoustiques et électriques, mellotron - Christophe Chalancon, Steph Honde, Kevin Serra, Raffaele Spanetta : guitares électriques ---- Paroles et musiques : Henri Vaugrand - Sauf "La maison de Men-Tää", paroles et musiques : A.Balzer, C.Beya, A.Gozzo, M.Taillet, JL.Thillot

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