Titres
- The Wasteland (7:16)
- Marauders (3:26)
- The Bazaareteria (5:01)
- The Glass Desert I - Giants (5:18)
- The Glass Desert II - Cliffs and Stormlands (7:27)
- The Glass Desert III - The Plains (5:42)
- Sunya (8:03)
The Dear Hunter est sans nul doute un des groupes majeurs du Rock progressif contemporain, malheureusement encore trop méconnu. Le groupe américain de Rhode Island s’est fait un nom avec l’ambitieuse série dite “des Actes”, déclinant une fresque narrative qui se déroule au début du XXème siècle sur cinq albums (Act I à Act V) de très haute tenue, à la croisée du Progressif, de l’Alternatif, du Folk, du Cabaret et du Rock Opera. Depuis, le groupe a développé un autre univers conceptuel penchant du côté de la science-fiction rétro-futuriste appelé “The Indigo Child”. Celui-ci a débuté avec l’EP The Indigo Child en 2021 et s’est poursuivi en 2022 avec l’album Antimai. L’attente fut longue pour pouvoir profiter d’une suite qui se matérialise aujourd’hui sous la forme de Sunya. Antimai avait posé le décor d’une cité organisée en anneaux concentriques représentatifs d’une hiérarchie sociale. Nous étions en droit d’attendre une découverte plus détaillée de la cité mais, contre toute attente, The Dear Hunter choisit d’explorer le monde autour d’Antimai sur Sunya. Musicalement on retrouve l’univers initié sur Antimai, à savoir un savant mélange de Rock Progressif, de Jazz, de Funk, de Soul, incluant une composante électronique non négligeable, au travers de compositions riches empilant de multiples couches instrumentales.

L’album débute sur “The Wasteland” où notre personnage principal part explorer les étendues désertes à l’extérieur d’Antimai à la recherche de la cité de Sunya, censée abriter l’Indigo Child. La flamboyance musicale est bien présente dans la continuité du précédent chapitre, avec ce côté funky électro qui fonctionne si bien. Les variations rythmiques assurent une dynamique permanente et accompagnent un incroyable travail de voix et d’instrumentation. Sur “Marauders” on découvre des créatures barbares prêtes à éliminer quiconque foule leur territoire. Titre le plus court du disque évoluant sur un up-tempo, son approche mélodique peine à convaincre. Notre héros trouve refuge dans un genre de boutique/café du nom de “The Bazaareteria”. Le groove est efficace, le travail des guitares et basse est remarquable, pour un titre qui semble taillé pour les concerts. Puis, vient une suite en 3 parties intitulée “The Glass Desert”. C’est ici que l’on retrouve l’essence progressive de The Dear Hunter, déroulant la bande son du voyage de notre héros qui continue d’explorer les étendues inconnues, tout en s’interrogeant sur le sens de sa quête. Les 3 parties sont un enchaînement de passages grandioses et introspectifs où la richesse musicale déployée impressionne au risque de parfois perdre l’auditeur.
La seconde partie, “Cliffs & Stormlands”, est particulièrement réussie avec, entre autres, un épisode Soul Funk qui peut rappeler par endroits le grand Stevie Wonder – impression renforcée par l’utilisation d’un harmonica. Titre de clôture, “Sunya” voit le héros atteindre la cité sacrée où réside l’Indigo Child. Mais il n’y trouve rien, soulevant pléthore de questions sur le sens de tout ce qu’il a connu. Le final est une grande réussite épique portée par un saxophone accompagné par des arrangements de cordes et cuivres somptueux.
Sunya par The Dear Hunter est un album riche, dense et moins immédiatement accessible que son prédécesseur Antimai. Les qualités musicales de composition, d’arrangement, d’interprétation sont là et sont indiscutables, certains passages sont même grandioses. Malgré cela, il manque parfois une petite touche de simplicité ou d’évidence qui faisait partie de la marque de fabrique du groupe sur les productions passées. Mais ne nous méprenons pas, Sunya est un excellent album, et la conclusion de celui-ci laisse à penser que la bande de Casey Crescenzo en a peut être fini avec le concept de l’Indigo Child. Je suis certain que le groupe a bien d’autres surprises en réserve pour la suite.
Formation du groupe
Casey Crescenzo : Voix, Guitares, Claviers, Piano, Percussions - Nick Crescenzo : Batterie, Voix - Maxwell Tousseau : Guitare, Claviers, Voix - Robert Parr : Guitare, Claviers, Voix - Nick Sollecito : Basse, Claviers, Voix - Aiden Early : Voix, Percussions
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