The Grand Wazoo

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(5 sur 5) / Bizarre Records ‎
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Jazz fusion Jazz-Rock Rock Progressif

Le 27 Novembre 1972 paraissait l’album ‘’The Grand Wazoo’’ (Bizarre Records)

Le tragique incident du Rainbow Theatre de Londres le 10 Décembre 1971 qui valut trente jours d’hospitalisation à Frank Zappa, allait rendre quelque peu compliquée son année 72 au cours de laquelle il dut passer neuf mois en fauteuil roulant. Pour assurer un revenu d’appoint aux Mothers pendant sa période d’immobilité, il fit publier en Mars l’album live ‘’Just Another Band From L.A’’ à partir d’une sélection de titres d’un concert du 7 Août 1971 à Los Angeles. Il mit surtout à profit cette longue convalescence pour écrire une abondante matière dont celle des répertoires des quinzième et seizième albums, qui à plusieurs titres, auraient pu tout à fait être regroupés dans un double vinyle. Ils furent conjointement enregistrés au cours du printemps 1972 aux Paramount Recording Studios d’Hollywood, Los Angeles.

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Frank Zappa

De ces opus clairement inscrits dans un registre jazz-rock, ‘’The Grand Wazoo’’ poussa plus loin que ‘’Waka Jawaka’’ le dimension orchestrale en s’entourant d’une vingtaine de musiciens. Autour de quelques familiers dont les claviéristes George Duke et Don Preston, le bassiste Alex Dmochowski ainsi que le batteur Aynsley Dunbar, moteur des grooves qui allaient muscler ce répertoire, le guitariste avait notamment réuni une importante section de cuivres & vent. Ce big band prenait toute sa dimension au fil des treize minutes du morceau-titre de l’album que le maître de cérémonie introduisait par un premier solo de guitare, et pour lequel  il avait écrit et adapté à chacun, sa partie instrumentale, presque à la façon d’un Mingus (‘’The Black Saint And The Sinner Lady’’ 1963) au fil des thèmes et motifs de cette remarquable pièce parsemée de chorus, entre autres, du trompettiste Sal Marquez (autre proche de Zappa), du tromboniste Billy Byers et du claviériste Don Preston au Mini Moog.

L’album s’ouvrait sur ‘’For Calvin’’, à la fois humoristique, en roue libre, mais dans une construction savante et complexe, qui en l’absence de chant (et de ces habituels textes décalés et sardoniques), dépeignait à travers ses textures sonores, une mésaventure que connut avec deux auto-stoppeuses, son ami et complice, l’illustrateur Cal Schenkel qui, une fois de plus, était l’auteur d’une somptueuse pochette d’album. ‘’Cletus Awreetus-Awrightus’’ était une pièce orchestrale engageante associant aux excentricités vocales, la section de vent & cuivres enrichie d’un solo du saxophoniste Ernie Watts, et les diverses nuances de claviers (piano classique et de bastringue, orgue) de George Duke. Ce dernier tapissait ensuite de ses somptueuses parties de Fender Rhodes, les deux derniers morceaux, merveilles de Jazz, à savoir le sublime ‘’Eat The Question’’ porté avec célérité par Aynsley Dunbar et survolé d’un solo aux effets wah wah du guitariste, et enfin ‘’Blessed Relief’’ délicieusement cuivré et bercé de sensuelles improvisations aériennes de trompette puis de six-cordes au doux carillon des claviers électriques de George Duke

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Ayant recouvré sa pleine autonomie physique, Frank Zappa entouré de son Big Band, organisa au cours du dernier quadrimestre 1972, une vaste tournée des deux côtés des l’Atlantique. Aucun enregistrement n’en fut publié à l’époque. Néanmoins, un album double CD (‘’Wazoo’’) sous une amusante pochette parodiant une œuvre de Salvador Dali, paraitra posthumément en octobre 2007, mais sera gâché par une qualité sonore médiocre. Malgré toutes ses qualités, ‘’The Grand Wazoo’’, un album nécessitant partiellement (les premiers morceaux), malgré ses repères mélodiques, plus d’une écoute, comme une bonne partie de l’œuvre du Maître, fit un vrai flop commercial aux Etats Unis. Il reste pour autant l’un des albums essentiels de Frank Zappa, refermant une trilogie qui, avec ‘’Hot Rats’’ et ‘’Waka Jawaka’, aura fédéré les aficionados du grand moustachu et les amateurs d’un jazz-rock innovant. Il ouvrait, en outre, sur une seconde ère classique du musicien qui, entre ‘’Over-Nite Sensation’’ en Septembre de l’année suivante, et le 3ème Acte de ‘’Joe’s Garage’’ en Novembre 1979, allait encore écrire en gros caractères, la légende d’un musicien unique et inclassable.

Formation du groupe

Frank Zappa - guitares, chant (3), percussions (4), arrangeur et producteur - Avec : Janet Neville-Ferguson : chant (1,2) - Ilene Rappaport ('Chunky') : chant (3) - Tony Duran : guitare (1,2) et guitare rythmique (5) - Don Preston : Minimoog (1,2) - George Duke : claviers (3-5), chant (3) - Sal Marquez : trompette et chant (1,2) - Bill Byers : trombone (1,2) - Ken Shroyer : trombone (1,2,3) - Malcolm McNabb : cuivres (1,2) - Ernie Tack : cuivres (1,2) - Ernie Watts : saxophone solo (3) - Mike Altschul, Joel Peskin, Earl Dumler, Tony Ortega, Joanne Caldwell McNabb, Johnny Rotella, Fred Jackson : bois (1,2) - Alex Dmochowski ("Erroneous") : basse - Aynsley Dunbar : batterie - Alan Estes : percussions (1,2) - Bob Zimmitti : percussions (1,2) - Lee Clement : gong (4)

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