Descendre

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(5 sur 5) / ECM Records
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Jazz fusion Jazz-Rock Rock Progressif

En Janvier 1980 paraissait chez ECM, l’album ‘’Descendre’’.

Figure iconique du paysage musical norvégien, le guitariste & compositeur Terje Rypdal avait démarré au début des années 60 dans des registres rock, inspiré par ses premières idoles, Hank Marvin pour son groupe d’adolescents The Vanguards, puis Jimi Hendrix pour The Dream qui publia un unique album (‘’Get Dreamy’’, rock psychédélique) en 1967, avant de s’intéresser à Miles Davis et John Coltrane, mais également à Krzysztof Penderecki et surtout György Ligeti. Ancien élève de George Russell (qui le fit participer à sa célèbre ‘’Electronic Sonata For Souls Loved By Nature’’) Terje Rypdal publia en 1968 chez Polydor, son premier album solo (‘’Bleak House’’), une œuvre de transition déjà très avant-gardiste. Le label munichois ECM allait ensuite lui permettre d’écrire l’essentiel de son histoire discographique, et devenir l’une des grandes figures d’une maison de disque qui allait pour autant héberger par la suite, quelques autres virtuoses de la six-cordes (Ralph Towner, Pat Metheny, John Abercrombie, Bill Frisell, Bill Connors, David Torn et Mick Goodrick, pour ne citer que les plus anciens…).

En 1970, ce fut en tant que membre du premier quartette de son compatriote, le saxophoniste (et autre figure emblématique) Jan Garbarek que Terje Rypdal rejoignit la jeune écurie de Manfred Eicher en janvier 1971 sur ‘’Afric Pepperbird’’. A partir de son album éponyme publié en novembre de la même année, et pendant cinq décennies au moins, près de trente albums solos (et presque autant de collaborations), nous allions ainsi découvrir un musicien polyvalent et éclectique, présentant un savant mélange de jazz- rock, classique contemporain et ambient/New Age. L’ère des chefs d’œuvre s’ouvrit fin 1974 avec ‘’Whenever I Seem To Be Far Away’’ où ses compositions inspirées et son art de l’improvisation étaient portées conjointement par des nappes de mellotron & Rhodes (Pete Knutsen) ainsi que les cordes, bois & cuivres de l’orchestre symphonique de Südfunk. L’année suivante vit la sortie de son célèbre double album ‘’Odyssey’’, qui, comme l’expliquait lui-même Terje Rypdal, fut sa première collaboration avec un véritable groupe, un opus majeur qui trouva naturellement sa place au panthéon du jazz-rock. Epinglons également ‘’Waves’’ (en quartette/ janvier 1978), introduit par le mémorable ‘’Per Ulv’’, et au service d’un jazz aux effluves impressionnistes.

Pour son neuvième album ‘’Descendre’’ dont il est question ici, et qu’il enregistra en mars 1979 aux Talent studios d’Oslo, le guitariste renouait avec la formule trio, comme dans le somptueux ‘’Terje Rypdal, Jack Dejohnette, Miroslav Vitous’’ paru quelques mois plus tôt, mais cette fois dans un format inhabituel guitare/trompette/batterie. Il retrouvait de fait, cette forte complicité de ‘’Waves’’ avec le trompettiste danois Palle Mikkelborg qui comme lui, ajoutait significativement des claviers à cette instrumentation peu conventionnelle, offrant ainsi à la trompette et à la six-cordes, ces textures atmosphériques si chères aux ambiances ECM.  ‘’Avskjed’’ ouvrait cette sorte de suite compacte en six mouvements, dans une certaine solennité teintée de mélancolie avec ce motif d’orgue Hammond auquel tout en légèreté, la trompette et une guitare plaintive se suspendaient. Au fil des onze minutes de ‘’Circles’’, percussions et synthétiseurs assuraient un canevas à un thème dont le minimalisme se mettait au service de ces climats à la fois oniriques et planants qui parcouraient l’ensemble du répertoire. Sur le court morceau-titre, ajoutant quelques nuances de piano acoustique, ils pouvaient évoquer l’univers de Vangelis. Dans une introduction cosmique évoquant cette fois la ‘Berlin Schule’, ‘’Inseiling’’ offrait encore une très belle interaction entre le trompettiste et le guitariste sur cette pièce où le batteur Jon Christensen installait progressivement un étonnant groove dans la partie centrale. Pour ‘’Men Of Mystery’’, les deux mélodistes usaient de quelques effets (wah-wah et réverbération pour le trompettiste, delay et pédales de distorsion et de volume pour le guitariste). Mais comme son partenaire, Terje Rypdal mettait comme toujours, sa virtuosité et sa maitrise de différentes techniques (rubato, sweeping,…) au seul service de l’émotion. Sur le séraphique ‘’Speil’’ qui refermait l’album, autour de ces textures en apesanteur, à la fois cristallines et diaphanes, l’ombre de Miles Davis planait sur les longs et langoureux chorus de Palle Mikkelborg tandis que la six-cordes de Terje Rypdal improvisait et brodait de somptueuses lignes mélodiques dans ce lyrisme et cette sensibilité qui le caractérisent.

A la suite de cet album, Terje Rypdal reforma son trio de 1979 avec la section rythmique Jack Dejohnette & Miroslav Vitous (‘’To Be Continued’’). Ces années 80 comptèrent notamment trois collaborations avec le groupe The Chasers (dont ‘’Blue’’), une décennie marquée par l’excellent ‘’The Singles Collection’’ , un album au titre dérisoirement trompeur.  L’entre-deux millénaires fut surtout, pour ce prolifique musicien doublé d’un arrangeur hors pair, le temps des œuvres orchestrales & symphoniques, à l’instar de ‘’If Mountains Could Sing’’ (1995), ‘’Double Concerto/5th Symphony’’ (2000) et ‘’Lux Aeterna’’ (2002). Rappelons enfin qu’en juin 2012 parut ‘’Odyssey In Studio & In Concert’’, un indispensable coffret 3 CD (incluant un livret de 24 pages) comprenant entre autres, une sélection de morceaux enregistrés au milieu des années 70.

Formation du groupe

Terje Rypdal : guitare électrique, claviers, flûte - Avec : Palle Mikkelborg : trompette, bugle, claviers - Jon Christensen : batterie, percussions

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