Titres
- Heaven Is in Your Mind (4:16)
- Berkshire Poppies (2:55)
- House for Everyone (2:05)
- No Face, No Name, No Number (3:35)
- Dear Mr. Fantasy (5:44)
- Dealer (3:34)
- Utterly Simple (3:16)
- Coloured Rain (2:43)
- Hope I Never Find Me There (2:12)
- Giving to You (4:20)
En décembre 1967 paraissait chez Island l’album ‘’Mr Fantasy’’ (pour la version UK).
Non loin derrière »Sgt Peppers… » ou »Pet Sounds », et au même titre que ‘‘Freak Out! », »Days Of Future Passed » , »The Piper At The Gates Of Dawn », »Music In A Doll’s House » et quelques autres albums, voilà bien ici encore, l’une de ces œuvres à la fois inclassables et précurseuses de la grande épopée progressiste de la décennie suivante.
Il s’agissait du premier opus d’un groupe formé au cours de cette même année 67 par Stevie Winwood, un jeune poly instrumentiste de 19 ans qui s’était déjà fait connaitre (depuis l’âge de 15 ans !) en tant qu’organiste & chanteur du Spencer Davis Group dont le tube ‘’Keep On Running’’ est resté dans les mémoires. Ayant attiré l’attention du label Island avec lequel il venait de signer, Traffic se fit d’abord connaitre avec un premier single (‘’Paper Sun’’) paru en Avril. Puis, au début de ce qu’on appela le ‘Summer Of Love’ (l’été 1967), ce groupe qui réunissait autour de son leader, trois autres musiciens de sa génération également originaires de Birmingham (Dave Mason, Chris Wood et Jim Capaldi), s’isola dans le calme d’un cottage situé dans le comté de Berkshire pour l’écriture et les répétitions des 10 morceaux de ce répertoire. Steve Winwood expliquera plus tard que son quartette ambitionnait une œuvre brassant toute la palette des genres musicaux qu’ils se plaisaient à écouter (rock, blues, RnB, folk, classique, ethnique, rock, country, pop) pour en repousser les limites dans une quête idéaliste de paysages sonores différenciants voire totalement uniques.
‘’Mr Fantasy’’ fut enregistré dans les studios Olympic de Londres sous la supervision du producteur Jimmy Miller avec la collaboration experte des ingénieurs du son Eddie Kramer, ainsi que Phil Brown qui faisait ses débuts ici. Ce répertoire kaléidoscopique était servi par des musiciens assurément polyvalents qui mêlaient saxophone, Tambûr (luth oriental), Shakkaï (flûte japonasie), sitar, clavecin et mellotron à une instrumentation rock traditionnelle (guitares, claviers, section rythmique). L’ensemble de l’album fleurait bon le psychédélisme de cette fin des années 60, à l’instar du premier morceau ‘’Heaven Is In Your Mind’’ (qui donnera son nom à la version américaine de l’album) patchwork de soul et blues que refermait Dave Mason dans un somptueux solo de guitare, ou encore ‘’House For Everyone’’, sur une structure mélodique, chant et harmonies vocales que n’auraient pas renié les Beatles. ‘’Berkshire Poppies’’ était étonnamment conduit au piano de bastringue dans un tempo de valse. Puis, sur des arpèges de guitare acoustique et des notes de flûte que portaient les nappes de mellotron et orgue, le thème de la ballade ‘’No Face No Name, No Number’’ était véhiculé par le chant poignant et mélancolique de Steve Winwood, assez proche de Gary Brooker dans son timbre de voix. Puis, dans une sorte de clin d’œil à Jimi Hendrix qui le reprendra d’ailleurs en Live l’année suivante (Live Fillmore Auditorium, San Francisco, February 4, 1968), le célébrissime ‘’Dear Mr Fantasy’’ refermait la face 1 dans un lent et précieux blues-rock légèrement country, et enluminé, autour du chant et de l’harmonica par un galvanisant solo de guitare électrique.
La six-cordes se faisait acoustique et hispanisante pour introduire ‘’Dealer’’ à la croisée du folk et du flamenco. Nouveau changement d’univers avec ‘’Utterly Simple’’ paré des couleurs indiennes par le sitar sur les rythmes de tablas et autres percussions. ‘’Hope I Never Find Me There’’, signé comme ‘’Utterly Simple’’, par Dave Mason, était tout aussi emblématique de cette ère Flower power à travers ses chants, chœurs, notes de flûte et textures vaporeuses. Les couches de claviers (orgue, mellotron,…) de Steve Winwood enveloppaient son chant au fil du mélodique ’’Coloured Rain’’, une pièce encore magnifiquement arrangée. Un entrelacs de voix introduisait l’instrumental ‘’Giving To You’’ qui refermait l’album dans un entrainant swing jazz emmené par le batteur Jim Capaldi appuyé à l’orgue par Steve Winwood qui, à la suite de la guitare électrique, prenait à son tour un chorus.
L’album était à peine sorti, que Dave Mason quitta Traffic (une première fois) pour des divergences de choix musicaux, le guitariste aspirant à un registre pop plus accessible, avant de revenir au printemps de l’année suivante, pour se joindre aux sessions d’enregistrements du second album éponyme. En Janvier 1968, le groupe venait de publier ‘’Heaven s In Your Mind’’, une version américaine de ‘’Mr Fantasy’’ contenant 12 plages incluant le premier single ‘’ Paper Sun’’ et remplaçant les deux morceaux ‘’Utterly Simple’’ et ‘’ Hope I Never Find Me There’’ par trois autres titres (le single ‘Hole In My Shoe’’, ‘’Smiling Phases’’ que reprendra Blood, Sweat & Tears l’année suivante, ainsi que ‘’We’re A Fade, You Missed This’’).
‘’Mr Fantasy’’ fut réédité pour l’Europe en 2000 par Island dans une version remasterisée incluant 5 plages bonus.
Formation du groupe
Steve Winwood : chant (1,2,4-6,8), orgue, piano, clavecin, guitare, basse, percussions, arrangements - Dave Mason : guitare, sitar (7), tamboura, shakkai (??), Mellotron, basse (5,6), harmonica, percussions, chant (3,7,9) - Chris Wood : flûte, saxophone, orgue, percussions, chœurs - Jim Capaldi : batterie, percussions, chant (1,6) Avec : Jimmy Miller : maracas (5), producteur - Steve Marriott : chœurs et percussions (2) - Ronnie Lane : chœurs et percussions (2) - Ian McLagan : chœurs et percussions (2) - Kenney Jones : chœurs et percussions (2)
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