Titres
- Rain Dance (9:18)
- Hidden Shadows (10:12)
- Hornets (19:31)
Le 30 Mars 1973 paraissait l’album ‘Sextant‘.
Peu après la sortie (30 Mars 1970) de l’album ‘Bitches Brew’ » de Miles Davis, le pianiste, claviériste & compositeur Herbie Hancock publiait ‘Mwandishi’ du nom du groupe expérimental qu’il venait de former, un album qui ne suscita qu’un public très marginal d’initiés. En 1972, ‘Crossings’, second opus de cette formation fut surtout marqué par la venue d’un nouveau personnage, le Docteur Patrick Gleeson, qui expérimentait des textures sonores à partir des instrumentations électroniques innovantes de Robert Moog ; il allait ainsi insérer aux enregistrements de cet album, des sons synthétiques entièrement nouveaux. Néanmoins, cette difficulté persistante pour Herbie Hancock à capter un public, amena le musicien à quitter Warner puis à signer en 1972 chez Columbia qui publia ce dernier volet de la trilogie.
Plus encore que celle du précédent album, l’illustration « afro-futuriste » de « Sextant » présentait une ressemblance édifiante avec le style de celle de l’album « Bitches Brew« , clin d’œil probable au mentor d’Herbie Hancock qu’il venait par ailleurs de retrouver au sein de cette maison de disques qui avait fait les beaux de leur célèbre quintet. Par contre, cette fresque n’était pas signée par Mati Klarwein mais par Robert Springett qui allait également réaliser celle du magnifique « Thrust » deux ans plus tard.
Incompris à l’époque, ce répertoire très compact de trois plages est considéré à présent comme faisant partie des classiques discographiques d’Herbie Hancock et de cette première moitié des seventies. La face 1 présentait deux pièces respectives de 9 et 10 minutes, qui mêlaient les sons organiques issus des claviers et cuivres du sextet, aux ambiances électroniques produites par le synthétiseur ARP 2600 de Patrick Gleeson sur le tempo hypnotique (‘Rain Dance‘) d’une rythmique et des percussions aux sonorités africaines, laissant ici et là un espace, le temps d’un chorus, à la basse acoustique de Buster Williams ou aux Fender Rhodes d’Herbie Hancock. Jamais auparavant, le monde du jazz n’avait connu un tel croisement entre fusion, psyché et musique cosmique. « Hidden Shadow » sur une rythmique aux accents légèrement funk, restituait certains climats du précédent album.
Avec « Hornets« , la suite de 19 minutes qui couvrait la second face, Herbie et son septet (en comptant Patrick Gleeson) allaient encore plus loin dans cette quête exploratoire, mettant en valeur les cuivres à travers des solos respectifs du trompettiste Eddie Henderson et du saxophoniste Bennie Maupin. On peut juste regretter ici un usage excessif du Kazoo par Julian Priester, un instrument de modulation de voix qui sur la durée, pouvait lasser. Néanmoins, « Sextant » reste une œuvre tellement emblématique de son temps, que j’invite tout un chacun à le redécouvrir sans attendre.
Après la dissolution de Mwandishi, Herbie Hancock que le saxophoniste Bennie Maupin fut le seul membre du sextet à suivre, reformait un nouveau combo, et dans un pari gagnant pour sa nouvelle écurie CBS, retrouva les chemins du succès en octobre de cette même année 1973 avec les « Head Hunters » dans un registre orienté funk qui allait attirer un public dépassant largement celui du jazz. Ils firent même un retour inattendu 25 ans plus tard.
Formation du groupe
Herbie Hancock : piano Steinway, Fender Rhodes, Mellotron, clavinet Hohner D6 Avec : Bennie Maupin : saxophone soprano, clarinette basse, piccolo, cabasa, kazoo - Eddie Henderson : trompette, bugle - Julian Priester : trombones basse, ténor et alto - Patrick Gleeson : synthés ARP 2600 - Buster Williams : basses électriques et acoustiques - Billy Hart : batterie - Buck Clarke congas, bongos - Billy Bonner : Fx
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