Moving Waves

Par

(5 sur 5) / EMI
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Rock Progressif

En Octobre 1971 paraissait ce second album de Focus produit par Mike Vernon (producteur, entre autres, de John Mayall, David Bowie, Fleetwood Mac et Eric Clapton) .

Un peu plus d’un an après « In And Out Of Focus« , un premier opus aux accents psychés (« Sugar Island », « Focus ») et parfois proche de Jethro Tull (« House of The King »), « Moving Waves » (ou « Focus II ») allait définitivement installer au premier plan de la scène internationale, ce quartet néerlandais emmené par Thijs Van Leer et Jan Akkerman. Ici, Hans Cleuver était remplacé aux baguettes par Pierre Van Der Linden, un vieil ami de Jan Akkerman avec lequel il avait joué dans le groupe Brain Box. Dans une interview, le batteur raconte cette période, avec ses temps forts, dont bien sûr ‘Hocus Pocus’, le titre le plus célèbre de cet album, et que le public réclamait à corps et à cris lors des concerts, et évoquait les mémorables souvenirs attachés à ce morceau, avec ses fills de batterie, les riffs de guitare de Jan Akkerman et ce yodel tyrolien dont Thijs Van Leer usait (et abusait parfois) dans son chant.

Paradoxalement, car très distinctif du reste de l’album, le single et première plage du répertoire « Hocus Pocus » était en quelque sorte l’arbre qui masquait la forêt. En effet, les plages suivantes réservaient encore de très belles surprises dans un répertoire aux nombreuses influences, à l’instar de Thijs Van Leer autant inspiré par le claviériste Joe Zawinul ou Miles Davis (« Kind Of Blue ») que par Béla Bartok (« Concerto pour Orchestre »). Le chanteur, flûtiste et claviériste avait composé « Eruption« , une passionnante suite de 23 minutes qui couvrait la seconde face de l’album ; elle était divisée en cinq parties où l’instrumentation d’une grande fluidité nous faisait traverser de somptueux paysages sonores. Le batteur de formation jazz (avec Buddy Rich pour référence majeure) livrait aussi un remarquable solo sur cette longue pièce. L’arsenal de claviers, ces flûtes et ces guitares étaient par-dessus tout, et partout, au service d’une musique d’une haute mélodicité.

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Les deux qualités majeures précitées, ou simplement le fait d’écouter le morceau « Janis » sur la première face, pourraient facilement faire penser ou plutôt présager (nous étions ici en 1971) des premiers albums de Camel qui allaient paraître les années suivantes. De la même manière, nous pouvions également retrouver par la suite chez Steve Hackett, des sonorités proches de celles de la guitare acoustique de Jan Akkerman sur des nappes de mellotron dans « Le Clochard« . On peut aisément comprendre pourquoi l’album « Moving Waves » a suscité une telle ferveur et connu cet immense succès commercial aux Pays Bas, au Royaume Uni puis aux Etats Unis où il fut certifié disque d’or par la Recording Industry Association Of America.

A la suite de cet album, la section rythmique fut à nouveau changée. Pierre Van Der Linden quitta le groupe et rencontra son homonyme (mais non parent) Rick Van Der Linden, leader de Trace (dans un registre plus classicisant) avec lequel il allait participer au premier album éponyme. Le bassiste Cyriel Havermans était remplacé par Bert Ruiter. Au cours des deux années suivantes quelques belles réussites allaient encore voir le jour avec « Focus III » et un mémorable live « At The Rainbow » en 1973 et surtout « Hamburger Concerto » en 1974, un autre chef d’œuvre de Focus qui poursuivait gentiment son parcours discographique, publiant en 2018 son 11ème album studio.

Formation du groupe

Thijs Van Leer : orgue, harmonium, mellotron, flûtes alto & soprano, piano, chant principal - Jan Akkerman : guitares électriques & acoustiques, basse - Cyriel Havermans : basse, chant - Pierre van Der Linden : batterie

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